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Equipe de France: "Je kiffe ce moment", savoure Kolo Muani chez les Espoirs

Les Bleuets affrontent ce lundi la Suisse (21h) lors des éliminatoires de l'Euro Espoirs. Avant cette belle affiche, Randal Kolo Muani a confié à RMC Sport ses impressions après un bon début de saison à Nantes et en sélection.

Le Stade Michel d’Ornano de Caen, où l’équipe de France Espoirs affronte la Suisse ce lundi soir (21h00), aurait dû être son jardin cette saison. Randal Kolo Muani a été tout proche de rejoindre le Stade Malherbe comme l’a confié son directeur sportif Yohan Eudeline sur France Bleu: "On a beaucoup de regrets. C'est un attaquant qu'on a suivi toute la saison dernière à Boulogne-sur-Mer en National où il était prêté. Il voulait venir chez nous. Malheureusement, avec les nombreux cas de Covid-19 au FC Nantes, il a eu sa chance et a été très performant. Donc le FCN a souhaité le garder."

A 21 ans, Randal Kolo Muani se retrouve finalement avec huit matchs de Ligue 1 disputés (sur neuf) avec le FC Nantes et deux convocations avec l’équipe de France Espoirs. L’attaquant a convaincu Christian Gourcuff de lui laisser sa chance. Après un prêt en National, à Boulogne-sur-Mer, l’attaquant espère désormais confirmer son début de saison réussi. Jamais appelé dans les sélections de jeunes, Randall Kolo Muani rêve désormais d'enchaîner chez les Espoirs.

En deux mois, vous vous êtes fait une place en Ligue 1 et en équipe de France Espoirs, comment le vivez-vous?

Très bien forcément. Je kiffe mon moment, je ne me prends pas trop la tête avec ça. J’essaye juste d’être moi-même. C’est quand même une fierté d’être appelé en sélection. C’est une preuve que mon travail paye depuis le début de saison.

Vous attendiez-vous justement à jouer autant avec le FC Nantes?

Pas spécialement. J’étais bien à l’entraînement depuis mon retour de prêt, donc je me disais que j’allais jouer. Mais je partais plus dans l’optique de gratter quelques minutes, de faire quelques groupes et d’essayer d’entrer le plus possible pour pouvoir montrer que je pouvais viser mieux.

Et finalement, Christian Gourcuff ne s’est passé de vous que lors de la première journée contre Bordeaux…

Oui le coach avait vu des vidéos de moi l’année dernière à Boulogne. Puis, il a vu ce que je pouvais proposer à l’entraînement avec un profil un peu différent. Je suis joueur, j’aime prendre la profondeur… Quand je suis revenu de prêt, je me suis dit que j’étais là pour rester. Dans ma tête, il n’a pas été question d’un départ.

Comment s’est passée cette transition pour vous?

Je ne peux pas dire que ça a été facile. Mais j’étais au courant de mes qualités. Je sais de quoi je suis capable et de quoi je ne suis pas capable. Donc à partir de là, je ne vais pas tenter des trucs impossibles à l’entraînement ou en match.

Je prends l’exemple d’une transversale. Je ne vais pas m’amuser à en faire si je sais que ce n’est pas un exercice que je réussis suffisamment bien. Il faut le travailler dans des exercices spécifiques à l’entraînement d’abord. Donc en revenant à Nantes, j’ai voulu utiliser mes qualités en me disant qu’on était tous des humains et que j’avais ma place ici.

Que vous demande Christian Gourcuff?

Le coach aime bien mon style comme je l’ai dit. Il me demande de prendre la profondeur, de venir aussi un peu dézoner quand l’équipe en a besoin. Après, je dois apprendre à demander un peu plus le ballon dans les pieds, et surtout être plus tueur devant le but. Pour un attaquant, c’est très important. Mais je travaille sur ça à l’entrainement, et je suis sûr que ça viendra très rapidement.

Et Sylvain Ripoll en équipe de France Espoirs?

Quand je suis arrivé lors du dernier rassemblement, il m’a un peu parlé pour me dire qu’il avait regardé mes matchs, et qu’il était content de mon début de saison. Il cherchait un attaquant avec un autre style de jeu et c’est ce que je pouvais apporter à l’équipe. Ça m’a beaucoup touché parce que l’entraînement il m'a tout de suite parlé de ce que je pouvais apporter. C’est une manière de se sentir en confiance, se sentir important.

Souvent, les joueurs expliquent que les premiers entraînements en équipe de France, que ce soit en Espoirs ou en A, sont très importants pour se juger. Comment cela s’est-il passé pour vous?

Je me juge plutôt bien. J’ai eu des commentaires positifs de la part du staff donc ça me fait plaisir. Mais ce n’est que le début, j’avance tout doucement. Mais je dois dire que cette période me fait du bien mentalement. Avec les Espoirs, je vois aussi d’autres style de jeu qu’à Nantes, ça me permet de découvrir autre chose. Et je me dis que je fais partie de ce groupe avec des tops joueurs autour de moi. Ça me permet de me sentir à l’aise.

Avant d’être prêté à Boulogne la saison dernière, vous avez joué six fois en L1 en 2018-2019, comment expliquer que le club ne vous a pas gardé ensuite?

Je ne peux en vouloir qu’à moi-même. J’avais beaucoup de défauts, dont la nonchalance. J’étais comme ça, on me l’a souvent reproché. Et les gens qui me l’ont reproché, ce sont des gens très proches de moi. Après avoir joué en L1, je suis redescendu en CFA et il y a des efforts que je ne faisais pas.

La décision n’a pas été facile, mais il fallait partir de ce cocon nantais pour progresser. Ça m’a fait mal de partir. Ça a été plus dur que de quitter la région parisienne car quand j’ai quitté la région parisienne, c’était un succès. Mais je me suis toujours dit que j’allais revenir plus fort.

Propos recueillis par Loïc Tanzi