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Equipe de France: les Bleuets sont-ils les meilleurs espoirs au monde?

Koundé, Fofana, Caqueret, Guendouzi, Edouard, Reine-Adélaïde ou Gouiri… A quelques mois de l'Euro U21 et des JO, l'équipe de France Espoirs a sur le papier un vivier de joueurs à faire frissonner. Mais qu'en est-il des autres grosses nations? Au vu des qualifications, certaines d'entre elles sont également très bien équipées.

Jour de finale pour les Bleuets. Officiellement qualifiés pour l'Euro 2021 (en mars puis en mai prochains) depuis la semaine passée et leur victoire au Liechtenstein (5-0), les Espoirs français tenteront ce lundi soir de battre la Suisse (par au moins deux buts d'écart selon le scénario) pour finir premiers de leur groupe 2 et s'assurer un statut de tête de série en vue du tirage au sort.

Pour cela, le sélectionneur Sylvain Ripoll ne pourra pas compter sur Jonathan Ikoné, Wesley Fofana, Dayot Upamecano, ou encore Rayan Aït-Nouri, tous forfaits. Mais avec Jules Koundé, Mattéo Guendouzi, Moussa Diaby ou encore Odsonne Edouard, le onze français sera tout de même très, très séduisant sur la pelouse du stade Michel-d'Ornano. Ce qui pousse à une interrogation: à quelques mois du championnat d'Europe, puis des Jeux olympiques, l'équipe de France U21 est-elle la plus fournie du continent, voire du monde? Petit tour d'horizon.

La France a de quoi faire deux équipes

Commençons par les Bleuets, donc. Déjà intéressant en 2019 (élimination en demi-finale contre l'Espagne), le vivier d'Espoirs français a conservé une qualité similaire, mais il a grossi. Sans tenir compte des éventuelles absences, et il y en aura probablement vu les cascades actuelles de blessés, Sylvain Ripoll a aujourd'hui de quoi faire deux équipes extrêmement compétitives, avec des joueurs déjà titulaires dans leur club, ou du moins très régulièrement utilisés.

Illan Meslier, gardien titulaire à Leeds en Premier League, Ibrahima Konaté (Leipzig), Boubakary Soumaré (Lille), ou Maxence Caqueret (OL), pour ne citer qu'eux, n'apparaissent pas dans le onze potentiel suivant. Et on ne citera pas non plus Houssem Aouar ou Eduardo Camavinga, davantage attendus avec les A, sans compter Kylian Mbappé cadre de la sélection championne du monde. C'est dire le problème de riche auquel est confronté le sélectionneur… Même si faire d'une addition d'excellentes individualités une vraie équipe n'est pas toujours chose aisée.

Le onze-type de la France: Lafont (Nantes) – Dagba (PSG), Koundé (Séville), Fofana (Leicester), Aït Nouri (Wolverhampton) – Guendouzi (Hertha Berlin), Kamara (OM), Reine-Adélaïde (Nice) – Ikoné (Lille), Edouard (Celtic), Gouiri (Nice).

L'Espagne avec Brahim Diaz, Pedri et Riqui Puig

Huit victoires et un nul en neuf matchs, et un seul but encaissé. Championne d'Europe U21 en titre, l'Espagne a de nouveau survolé sa poule en qualifications. Il faut dire que si le prodige Ansu Fati a sauté une classe pour directement filer chez les A, de très prometteurs éléments ont remplacé Fabian Ruiz, Dani Olmo et compagnie.

On trouve ainsi Hugo Guillamon, titulaire à Valence, ou le latéral droit Pedro Porro (Sporting) en défense, Riqui Puig (Barça) ou Fran Beltran (Celta Vigo) au milieu, et Brahim Diaz (AC Milan), Oscar Rodriguez (Séville), Pedri (Barça) ou Bryan Gil (Eibar) un cran plus haut. Ne manque peut-être à la Rojita qu'un bon avant-centre, et un peu plus de profondeur de banc en défense.

L'Allemagne peut compter sur Nmecha, Maier, et vient de lancer Wirtz

Finaliste de l'Euro 2019, l'Allemagne avait alors placé Lukas Klostermann, Mahmoud Dahoud, ou encore Luca Waldschmidt dans l'équipe-type de la compétition. Ces trois-là sont depuis passés avec la sélection A, et les résultats des Espoirs s'en sont légèrement ressentis, puisqu'il a fallu batailler dur pour se sortir d'une poule disputée en qualifications, où se trouvait notamment la Belgique, qui a gagné les deux affiches.

Si l'actuelle génération U21 allemande n'est sans doute pas aussi homogène que la précédente, et compte un peu moins de joueurs connus du grand public (à l'exception des suiveurs de la Bundesliga), on y trouve tout de même des éléments intéressants, comme le milieu défensif Arne Maier (prêté par le Hertha à l'Arminia Bielefeld), le relayeur Salih Ozcan (Cologne), ou le très jeune milieu offensif de Leverkusen, Florian Wirtz (17 ans). Impossible de ne pas citer aussi l'attaquant Lukas Nmecha (prêté par City à Anderlecht), auteur de six buts en qualifs. Vous l'aurez compris, c'est sans doute en défense qu'il manque un peu de qualité.

L'Angleterre peut s'appuyer sur le sens du but de Nketiah

Il est fini, le temps où l'Angleterre désespérait de ne voir aucun bon joueur sortir de ses centres de formation. Largement en tête de leur poule (8 victoires, 1 nul, +20 à la différence de buts), les Young Lions ont désormais du monde dans chaque secteur de jeu: Aaron Ramsdale (Sheffield) dans les buts, Ben Godfrey (récemment acheté 28 millions d'euros par Everton) en défense, Brandon Williams (Manchester United) dans le couloir gauche, Max Aarons (Norwich) à droite, sans oublier l'ailier Callum Hudson-Odoi (Chelsea), trimballé entre les A et les U21, l'avant-centre Eddie Nketiah (Arsenal), meilleur buteur des qualifs avec 11 réalisations, et bien sûr le dernier joyau Jude Bellingham (Dortmund) au milieu, qui vient lui aussi d'honorer sa première sélection en A à 17 ans.

A la différence de la France, et c'est sans doute lié à la monstrueuse concurrence en Premier League, la majeure partie des Espoirs anglais sont toutefois moins utilisés dans leur club, ou alors sont titulaires dans des équipes moins cotées, parfois même en Championship. Où le niveau reste très acceptable.

Les Pays-Bas ont écrasé les qualifications

Neuf victoires en neuf matchs, 3 buts encaissés, et surtout, 45 marqués. Dans la poule du Portugal lors des éliminatoires, les Pays-Bas ont roulé sur tous leurs adversaires. A l'exception peut-être de Justin Kluivert (Leipzig), qui a récemment fait son retour avec les U21, le groupe néerlandais ne compte pourtant pas encore de "vedette". Et pour une fois, il ne se repose pas non plus sur le seul centre de formation de l'Ajax. Mais il est complet.

Devant, Dani de Wit (Alkmaar), Myron Boadu (Alkmaar) et Kaj Sierhuis (Reims) ont ainsi mis des buts à la pelle durant les qualifs. Titulaire à l'Ajax à seulement 18 ans, Ryan Gravenberch a également fait forte impression en milieu lors de ses premières apparitions. Et derrière, le sélectionneur Erwin van de Looi a su trouver ces derniers mois une assise avec Schuurs (Ajax) et Botman (Lille) en charnière, Zeefuik (Hertha Berlin) à droite, et Bakker (PSG) à gauche. Mieux vaudra éviter de croiser le chemin des Néerlandais trop tôt lors du prochain Euro.

L'Italie doit se contenter des restes

Voilà quelques années que la Serie A a cassé son image de championnat de vétérans, en lançant plus de jeunes qu'auparavant. Mais l'actuelle sélection Espoirs, qui s'est sortie sans trop de problème d'un groupe où se trouvaient l'Islande ou la Suède, n'a pas vraiment bénéficié de ce renouveau.

Chez les titulaires réguliers en U21, on constate ainsi que rares sont les joueurs à l'être aussi en Serie A. Il y a le défenseur de l'AC Milan Matteo Gabia, oui, l'ailier de Cagliari Riccardo Sottil, ou l'avant-centre du Genoa Gianluca Scamacca. Mais les autres ont du mal à gratter du temps de jeu dans l'élite, ou bien le font en Serie B, comme le latéral droit Enrico Del Prato (Reggina), les milieux Davide Frattesi (Monza), Youssef Maleh (Venise) ou Marco Sala (SPAL).

En fait, la majeure partie des meilleurs joueurs de cette génération, style Sandro Tonali (AC Milan), Alessandro Bastoni (Inter), Luca Pellegrini (Genoa), sont déjà passés en A, et ne feront a priori pas demi-tour. Quant au jeune attaquant de l'Inter (prêté à la SPAL) Sebastiano Esposito, il n'a pour le moment joué que 45 minutes en Espoirs.

Le Portugal peut envisager l'avenir avec le sourire

A l'image de sa grande sœur, la sélection Espoirs portugaise a également belle allure depuis quelques mois. Sans l'ogre néerlandais dans leur poule de qualifications, les hommes de Rui Jorge auraient même pu viser un sans-faute. Et pour cause: si le Portugal n'a pas forcément 25 joueurs exceptionnels, il en a au moins une dizaine d'un très bon niveau, qui plus est répartis dans tous les secteurs.

On peut ainsi citer Diogo Leite (Porto) en défense centrale, Nuno Mendes (Sporting) dans le couloir gauche, Diogo Dalot (AC Milan) dans le couloir droit, Florentino (Monaco) et Gedson Fernandes (Tottenham) en milieu, Fabio Vieira (Porto), Pedro Neto (Wolverhamton) – qui a connu sa première sélection A – et Rafael Leao (AC Milan) devant. En rappelant que Joao Felix (Atlético) et Trincao (Barça) jouent déjà avec CR7 et sa bande. Ce n'est peut-être pas la meilleure équipe U21 du monde, mais il se pourrait que ce soit la meilleure de l'histoire du Portugal.

Le Brésil veut frapper fort aux Jeux

Difficile de déterminer la meilleure sélection de jeunes sans s'intéresser à ce qui se fait de l'autre côté de l'Atlantique. Si les nations sud-américaines n'ont pas de sélection U21 à proprement parler, c'est l'équipe U23, la sélection olympique, qui fait référence. Et évidemment, celle du Brésil est bien fournie.

Début 2020, plusieurs talents évoluant encore au pays, style Matheus Henrique (Grêmio) et Bruno Guimaraes (depuis parti à l'OL, et appelé chez les A), se sont ainsi distingués lors du tournoi de qualification olympique. Et le week-end dernier, le sélectionneur brésilien a profité d'un match amical contre la Corée en Egypte pour aligner un onze de joueurs venant d'Europe extrêmement compétitif, avec Gabriel (Arsenal) ou Emerson (Betis) en défense, Reinier (Dortmund) et Wendel (Zenith) en milieu, ainsi que Rodrygo (Real Madrid), Devis Neres (Ajax) ou Matheus Cunha (Hertha Berlin) devant. Si ce n'est pas une équipe de favoris pour les prochains JO, ça y ressemble...

L'Argentine, pas la sélection la plus ronflante

Deux fois titrée aux Jeux, et même six fois à la Coupe du monde U20 (un record), l'Argentine est habituée à sortir d'affolantes sélections de jeunes. Pourtant, son équipe U23 actuelle, elle aussi qualifiée pour les prochains JO, n'est sur le papier pas la plus impressionnante. Ou, pour être exact, pas la plus ronflante.

Si Facundo Medina (Lens), Nehuen Perez (Grenade) ou Alexis Mac Allister (Brighton) évoluent en Europe, la plupart des autres joueurs jouent toujours dans le championnat local ou dans les ligues voisines. Ce qui n'empêche pas certains d'avoir une belle réputation, comme le milieu défensif Fausto Vera (Argentinos), le milieu offensif Matias Zaracho (Atlético Mineiro), ou l'avant-centre Julian Alvarez (River Plate). Attention aussi aux potentiels renforts de l'équipe A en vue des Jeux.

CC