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France-Portugal : les Bleus gardent la forme

Paul Pogba et les Bleus heureux

Paul Pogba et les Bleus heureux - AFP

Dominatrice et plutôt séduisante, surtout en première période, l’équipe de France a encore montré un beau visage ce samedi pour s’imposer (2-1) face au Portugal grâce à des buts de Benzema et Pogba. Même si la nature amicale de la rencontre oblige à relativiser les enseignements.

Ils auront au moins gardé la confiance. Et même un peu plus. A défaut d’accumuler les certitudes pour l’avenir, mission compliquée au milieu de la litanie de deux ans de matches amicaux, l’équipe de France a eu le mérite d’aborder le « choc » face au Portugal, ce samedi à Saint-Denis, avec les meilleures intentions. Après la victoire contre l’Espagne (1-0) et le nul en Serbie (1-1), les coéquipiers du capitaine d’un soir Blaise Matuidi ont gardé l’élan positif né d’une Coupe du monde plutôt réussi avec un succès logique et mérité (2-1). De l’envie, du jeu, de belles séquences offensives, un certain gage de solidité derrière : les Bleus ont tenté, et réussi, de mettre dans cette rencontre une intensité plus importante que celle d’habitude croisée en amical.

Une volonté appuyée par un scénario tout ce qu’il y avait de plus favorable avec l’ouverture du score ultra rapide signée Karim Benzema (1-0, 3e), le but le plus précoce de la sélection tricolore depuis Louis Saha contre les Féroé en 2006, sorte d’hommage au titre de « l’un des meilleurs attaquants de la planète » décerné ces derniers jours par un de ses adversaires du soir, son compère du Real Madrid Cristiano Ronaldo. De quoi détendre tout de suite l’atmosphère et permettre de se lâcher un peu plus. La suite de la première période sera un régal de domination française, matérialisée par un bilan de quatre tirs cadrés à zéro à la pause. « L’équipe de France a fait 20 premières minutes de très haut niveau alors qu’en général, elle a du mal à se mettre en route, estime Jean-Michel Larqué, membre de la Dream Team RMC Sport. Elle a mis rythme et de l’intensité. »

Larqué : « Mangala m’a inspiré les pires inquiétudes »

Devant, les mouvements s’organisaient bien et les joueurs de Didier Deschamps se retrouvaient souvent à plusieurs dans la surface adverse pour porter le danger. Derrière, le poison Cristiano Ronaldo faisait frissonner à chaque prise de balle. Mais la charnière, et surtout Varane, ne se laissait pas déborder par l’intenable feu follet lusitanien. La seconde période sera au diapason, même si moins maîtrisée, avec l’incontournable Pogba pour doubler le score (2-0, 69e) mais aussi provoquer le penalty qui permettait à Quaresma de réduire la marque (2-1, 76e). Au milieu de ces constatations collectives, il fallait bien sûr s’occuper des cas individuels. La première constatation épouse un débat prégnant des dernières semaines : les Bleus pas titulaires en club – ou pas tout le temps – n’ont pas semblé en manque de rythme international, bien au contraire. Varane, Sagna, Cabaye ou Griezmann ont tous brillé dans leur rôle.

« Il y a une satisfaction collective car notre jeu a été relativement fluide. Il y a par ailleurs des satisfactions individuelles mais aussi des points d’interrogation, analyse Larqué. Rayon satisfactions, on va par exemple prendre les acteurs du but, qui ont été bons par ailleurs. J’ai également trouvé Sagna étonnant sur son côté droit alors qu’il n’est pas titulaire à City. J’ai aussi vu un Griezmann très bon. On peut aussi y rajouter Cabaye, précieux dans son rôle. Varane nous a époustouflés par son calme, sa lucidité. Mais son compère de la défense centrale, Mangala, m’a inspiré les pires inquiétudes. Il a été très fébrile, notamment dans ses relances. » Le défenseur central de City pourrait bien être le seul véritable perdant de cette soirée de gala. Mais rien d’insurmontable pour la suite. Car l’analyse passe au tamis de la réalité de l’opposition : CR7 ou pas, le Portugal avait certainement une partie (importante) de l’esprit tourné vers le Danemark, où il disputera mardi un match qualificatif pour l’Euro 2016. Celui qu’on attend déjà avec impatience dans l’Hexagone.

Alexandre Herbinet