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Giroud : "Les critiques ne m’atteignent pas"

EXCLU RMC SPORT. De retour en équipe de France pour la première fois depuis la Coupe du monde, Olivier Giroud fait le point sur sa situation avant d’affronter le Brésil jeudi au Stade de France. L’attaquant d’Arsenal en profite également pour balayer l’actualité des Bleus.

Olivier Giroud, vous retrouvez l’équipe de France pour la première fois depuis la Coupe du monde au Brésil l’été dernier…

C’est un peu comme une rentrée des classes pour moi. C’est toujours un plaisir de revenir ici. Ça fait du bien de retrouver l’équipe de France, de revoir les copains après ce beau Mondial qu’on a pu faire. C’est un plaisir.

Comment avez-vous vécu ces moments loin des Bleus ?

C’était des moments un peu délicats dans la mesure où j’étais blessé. Au quotidien, ce n’était pas évident à gérer. Mais ça m’a permis de faire un petit travail mental sur moi et de revenir plus fort. J’avais simplement l’objectif de rejouer, redevenir compétitif avec mon club et ensuite retrouver l’équipe de France.

En votre absence, vos coéquipiers se sont offert deux victoires de prestige face à l’Espagne (1-0 en septembre) et au Portugal (2-1 en octobre)…

Ils ont régalé. C’est super. J’étais devant mon poste. C’est très bien pour la confiance. On est dans la continuité de la qualification pour le Mondial face à l’Ukraine. C’est bien, il faut garder ça. On a battu des nations importantes du football. Donc on arrive à se hisser à leur niveau. Je pense qu’on est en constante progression. Maintenant, est-ce qu’on est dans le Top 3 ? Je n’irai pas jusque-là. Mais on peut avoir de l’ambition avec cette équipe.

Quel est l’intérêt de ces matches amicaux face au Brésil (jeudi au Stade de France) et au Danemark (dimanche à Saint-Etienne) ?

Le match face au Brésil au Stade de France, c’est un match de gala, avec une grosse équipe du Brésil. Même s’il reste sur une contreperformance à la Coupe du monde, ça reste le Brésil avec les talents qu’on lui connait. Ça sera bien de se mesurer à cette équipe. Le Danemark, à Saint-Etienne, pas très loin de chez moi (il est né à Chambéry, en Savoie, ndlr), c’est un bon match à jouer pour continuer notre progression.

Que pensez-vous de Neymar ?

C’est le leader technique de cette équipe. Il s’est très bien adapté à l’Europe et au championnat espagnol. Il était très performant en Amérique du Sud. On ne savait pas trop ce que ça allait donner en Europe. Il a eu un petit temps d’adaptation mais maintenant, il est pleinement intégré. Il est décisif et important pour le Barça. Pareil pour le Brésil. C’est un grand joueur, il va falloir s’en méfier.

Vous êtes en grande forme actuellement avec Arsenal…

Depuis que je suis à Arsenal, c’est peut-être ma période la plus faste. Il faut continuer comme ça. Je n’ai pas envie de m’arrêter là. J’avais marqué 16 ou 17 buts l’année dernière en championnat. J’aimerais faire mieux et surtout aider l’équipe à atteindre nos objectifs. C’est le plus important. Finir deuxième ou troisième, ça serait très bien, même si on sera à l’affût d’un éventuel faux-pas de Chelsea. Gagner la Cup est aussi un objectif. Je continue ma progression. Je me sens très bien à Arsenal. C’est important de continuer à progresser.

Avant le 8e de finale aller de Ligue des champions face à Monaco (défaite 2-1 à l’Emirates Stadium, vous avez déclaré qu’Arsenal n’avait pas besoin d’un attaquant de classe mondiale…

J’avais fait une interview une semaine avant le match aller contre Monaco. On avait abordé tous les sujets et le journaliste m’avait posé la question en me disant : « Giroud, ce n’est pas le même nom qu’Agüero ou Diego Costa ». J’avais simplement répondu que pour moi, un bon attaquant devait faire parler ses statistiques. Après, je ne sais pas comment ça a été repris. Je sais qui je suis, je sais ce que je dis. Les gens qui me connaissent savent que je ne pète pas plus haut que… (sourire). Forcément, c’est mal tombé parce que j’ai manqué d’efficacité dans ce match. Je me suis fait un peu taquiner. Mais c’est bien d’avoir montré une force mentale pour revenir encore plus fort et prouver que les critiques ne m’atteignent pas. Je me crée une carapace, que ce soit dans les bons ou les mauvais moments. Je sais quand je suis bon ou pas. Je n’ai pas besoin des gens pour ça.

Vous êtes l’attaquant le plus prolifique de la Premier League avec un but toutes les 97 minutes. Cela doit vous rendre fier ?

J’ai vu cette stat. Elle est intéressante. Ça veut dire qu’il y a une progression depuis que je suis arrivé à Arsenal (en 2012). Le coach me le répète. J’ai progressé dans pas mal de compartiments du jeu. J’ai envie de continuer. Je peux encore mieux faire. Ça me laisse encore de belles années devant moi.

Didier Deschamps a récemment testé un système en 4-4-2 qui pourrait faire vos affaires pour évoluer aux côtés de Karim Benzema…

C’est bien. Je sais que le coach n’est pas figé et qu’il essaye différents systèmes tactiques. C’est à celui qui sera le plus efficace. J’ai l’habitude de jouer en 4-3-3 à Arsenal. Je peux m’adapter. C’est bien d’essayer différentes choses. On a beaucoup d’attaquants avec des qualités différentes et complémentaires. C’est bien si on peut tous amener notre pierre à l’édifice.

Quelles-sont vos ambitions personnelles en sélection ?

Je souhaite simplement retrouver le terrain avec le maillot bleu. Sans aucune prétention particulière. C’est toujours un plaisir de revenir ici. Je vais m’entraîner et on verra ce qui se profilera. Je n’ai aucune revendication. Je suis là pour apporter mon petit plus.

Comment jugez-vous la progression d’Antoine Griezmann avec l’Atlético Madrid ?

Je l’ai félicité parce qu’il s’est très bien adapter à ce club qui est particulier, avec une philosophie prônée par Simeone qui demande un travail sur soi. « Grizi », ce n’était peut-être pas le meilleur attaquant-défenseur que je connais. Mais il commence à le devenir. Avec Simeone, c’est le jeu mais aussi la grinta. Il l’a bien intégré. C’est une super équipe, il prend beaucoup de plaisir, ça se voit. Je luis souhaite de continuer comme ça. Il a l’air de s’éclater.

Comment ont été vos premiers contacts avec Nabil Fékir ?

Très discret. Je lui ai juste serré la main pour l’instant. On verra quand il faudra qu’il chante, il s’exprimera un peu plus. On va lui laisser le temps de s’adapter. On va bien l’accueillir comme on l’a fait avec tout le monde. C’est bien pour lui, je pense qu’il est content d’être ici et qu’il va apporter son talent à l’équipe de France. Pour le coup, l’Algérie doit être un peu fâchée de ne pas l’avoir récupéré parce que c’est un super talent. Il va apporter à l’équipe de France. Il a fait son choix. Maintenant, qu’il prenne un maximum de plaisir et qu’il continue sa progression parce que ce n’est que le début. Je lui souhaite beaucoup de réussite. Ça a l’air d’être un bon mec en plus.

Thierry Henry ferait-il un bon manager pour Arsenal dans les prochaines années ?

Titi, c’est un joueur qui connait très bien le football, et particulièrement Arsenal. Maintenant, est-ce qu’il a ce tempérament, cette philosophie pour pouvoir coacher une équipe ? Je ne sais pas. S’il le se sent, il faut qu’il le fasse parce que c’est quelqu’un de très respecté.

Comment envisagez-vous la suite de la Ligue des champions pour le PSG et Monaco, qualifiés en quarts de finale où ils affronteront respectivement le FC Barcelone et la Juventus Turin ?

Paris contre le Barça, c’est 50-50, même si le Barça reste sur un beau clasico (victoire 2-1 dimanche contre le Real Madrid) et que c‘est une équipe très forte. Monaco joue la Juve sans Polo (Pogba), qui est blessé malheureusement. Je n pense pas que la Juve fera les mêmes erreurs que nous. Mais je souhaite à Monaco de se qualifier. Ça faisait un moment qu’on n’avait pas eu deux clubs français en Ligue des champions. C’est bien. Il faut que ça s’inscrive dans la durée maintenant.