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Les Bleus à l’âme de Ribéry

Franck Ribéry

Franck Ribéry - -

EXCLU RMC Sport. De la finale du Mondial 2006 à Knysna en 2010, l’histoire d’amour entre Franck Ribéry et les Bleus ressemble aux montagnes russes. Mais depuis qu’il a retrouvé le sourire l’an passé, l’ancien Marseillais rêve d’emmener son pays au Brésil en 2014.

Franck Ribéry a bientôt 30 ans et 70 sélections. Il devrait fêter sa 71e cape dans une semaine, contre l’Allemagne, son pays d’adoption. C’est aussi outre-Rhin que l’attaquant du Bayern garde son meilleur souvenir avec le maillot bleu. Problème, c’était en 2006. Ribéry, finaliste de la Coupe du monde, avait alors 23 ans. « Ça reste peut-être ma meilleure compétition », dit-il. L’avenir lui appartenait. 

Depuis cette épopée magique aux côtés de Zidane, depuis le 1er de ses 11 buts en Bleu, magique, plein de panache contre l’Espagne, en quarts de finale du Mondial (3-1, une autre époque), le chemin emprunté par Ch’ti Franck avec la sélection est semé d’embuches. Personne n’oubliera l’année 2010 et son terrible « doublé » « Zahia-Knysna ». Pour Francky, plus que pour n’importe qui, plus dure est la chute. « On a tous fait la même erreur, personne n’a su dire stop, se défend-t-il. On en a trop dit sur Evra, Ribéry, Anelka. L’histoire avec Gourcuff, par exemple… (une rumeur faisait état d’une bagarre entre les deux joueurs, ndlr) Knysna n’a pas été le fait de trois joueurs, tout le monde était concerné. » Et de poursuivre sur son cas personnel. En victime. « Certains journalistes m’aiment, d’autres ne m’aiment pas. Là, ils voulaient m’abattre. C’était de la rage. Ils se sont dit « Celui-là, il est fond du trou, il ne va jamais revenir. » Mais je suis là. Et j’ai retrouvé le sourire en équipe de France. »

« J’ai ressenti de la méchanceté »

Pour Ribéry, l’après-Knysna est très lourd à supporter. Et la cote de popularité de l’ancien chouchou du public français est descendue en flèche. « Ça a été très difficile, j’étais crispé, angoissé quand j’allais en France, et avant d’arriver à Clairefontaine. Je me demandais ce qui allait se dire, ce qui allait arriver. On a mélangé le sportif et le privé. J’ai ressenti de la méchanceté. Je ne suis pas seul. J’ai ma famille, mes parents. Ils ont souffert. Je venais, mais je ne pensais pas au foot. C’était comme si j’avais des comptes à rendre. Je n’ai rien dit, mais je comptais revenir. Aujourd’hui, c’est mieux. J’ai retrouvé mon jeu. » Franck Ribéry, la cicatrice à peine refermée, veut qu’on l’aime. Comme en Allemagne. Lui n’hésite plus à clamer haut et fort sa flamme pour l’équipe de France. « J’ai envie de faire quelque chose à chaque match, de gagner un titre. »

Cela n’a pas pu se faire à l’Euro 2012, malgré une attitude irréprochable. Sa prochaine (la dernière ?) occasion de brandir un trophée avec les Bleus sera donc en 2014, au Brésil. « Le pays du foot, salive-t-il. Qui ne rêve pas d’aller là-bas ? »
Leader d’une sélection qui a retrouvé des couleurs avec Didier Deschamps, Ribéry, plus mature, veut montrer l’exemple. Et aller à contre-courant de l’image que certains internationaux donnent parfois au public. « J’ai parfois l’impression que certains considèrent l’équipe de France comme une équipe comme une autre. Ils se disent « Je viens, je ne viens pas, c’est pareil ». Pour moi, ce n’est pas ça. Tant que je pourrai aller plus loin, tant que je pourrai prendre des sélections, je le ferai. »

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France-Allemagne / Ribéry : « Philipp Lahm va goûter ! »|||

Franck Ribéry sera au centre de toutes les attentions lors du match amical France-Allemagne, mercredi 6 février, au Stade de France. Le plus allemand de tous les joueurs français sait qu’il va retrouver de nombreux « copains » du Bayern face à lui. « Je vais avoir le petit Lahm sur le côté, savoure-t-il en rigolant. Il va « goûter » ! On est à la maison, on va se faire respecter. Cette équipe d’Allemagne joue très bien. Ce sont souvent les mêmes joueurs. C’est une grande nation qui va toujours loin dans les grandes compétitions. C’est une équipe qui aime le ballon, mais qui laisse aussi beaucoup d’espaces. On peut les prendre en contre. » Un peu comme l’an passé lorsque l’équipe de Laurent Blanc s’était imposée 2-1 à Brême (buts de Malouda et Giroud). Un souvenir forcément particulier pour Ribéry : « Après, ils ne m’ont rien dit, se souvient le Bavarois. Ils n’aiment pas perdre. Je suis allé manger avec eux. J’avais l’impression qu’ils voulaient me dégager de la table (rires). Plus sérieusement,  je n’ai jamais eu de remarques négatives. Au contraire. Je m’entends bien avec tout le monde. »

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Franck Ribéry

Aurélien Brossier