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Riolo : "Les honteux Espoirs français…"

Daniel Riolo

Daniel Riolo - -

Retour sur la débâcle des Espoirs en Suède…

« Hier soir, il y avait donc Arménie/France. La vraie équipe de France, la A, celle de Deschamps. Mais à l’ombre de ce match amical sans saveur, c’est le match des Espoirs qui a pris toute la lumière.

Après le 2/0 du match aller, c’était fait. Enfin la France allait envoyer une équipe à l’Euro Espoirs. Pour la première fois depuis 2006. Après plusieurs échecs, à chaque fois, agrémentés d’un scenario ridicule ou d’affaires type « le taxi du Havre », cette fois ça ne pouvait que passer.
D’abord parce que l’équipe, c’est celle des champions du monde U20. Le titre qui dans la bouche de tellement d’experts a sauvé le foot français ! L’équipe avec une vraie bande de cadors, de cracks. Que des joueurs titulaires en L1, la fantastique L1. Que des futures stars, la crème de notre football. Le talent à l’état brut que le monde entier nous envie.

A chaque fois les mêmes absurdités. A chaque fois les mêmes propos surréalistes sur nos jeunes. Comme si l’expérience ne servait jamais à rien dans notre foot. On est toujours les plus forts. Les jeunes Suédois ont dit « arrogants ». Même eux sont au courant alors ? Il n’y a qu’à la FFF qu’on n’apprend rien visiblement.

Il paraît que la débâcle d’Halmstad apporte de l’eau au moulin des fameux « déclinologues ». Ceux qui, comme moi, fustigent notre foot et ses carences. Le problème c’est que le moulin est inondé depuis longtemps et que plutôt que de classer les gens entre optimistes ou pessimistes, verre à moitié plein ou vide, on ferait mieux d’agir.

Formateurs, éducateurs, entraîneurs en grande majorité, oui j’insiste, en grande majorité insistent sans cesse sur les problèmes proposés par nos jeunes footeux.

Aujourd’hui, la vitrine, l’équipe de Deschamps se porte bien. Après la crise de 2010 et la prise de conscience générale que les mots « comportement », « attitude », « éducation » ont un sens, tout le monde s’est mobilisé. Surtout en façade. Et il a fallu un homme de la « taille » de Deschamps pour mettre tout le monde au pas. Incontestablement ça marche.

Mais avant d’arriver en vitrine, dans l’arrière-boutique, rien n’a changé. Nos jeunes joueurs soi-disant talentueux que le monde nous envie affichent toujours cette même nonchalance, suffisance, cette même attitude « racailleuse », ce « je m’en foutisme » général. On a soigné l’expression, on fait attention à l’attitude. Un peu comme on dit à un enfant de ne pas se mettre les doigts dans le nez.

L’image qui va rester de cette défaite est déplorable. Et l’attitude de Kurzawa va tout aggraver. Déjà aujourd’hui, plusieurs joueurs de l’équipe se détachent de lui. Le chapeau va être un peu grand. Proche de la « vraie équipe » de France avant le match, il vient de faire un grand pas en arrière.
Dans ces Espoirs, combien d’autres se traînent déjà, si jeunes, des « affaires » ? Combien ont un parcours « propre » ? Si jeune, ne pourraient-ils pas être tous immaculés ? Ntep, Thauvin, Imbula, Kurzawa… Et les déclarations stupides d’un Bahebeck. C’est beaucoup pour une équipe Espoir.

Pour encadrer cette équipe, la FFF a placé Mankowski à la place de Sagnol. L’ancien adjoint de Domenech. Il était en Afrique du Sud. Il a vécu de l’intérieur la plus grande crise du football français. Pourtant il est encore là. Il a encore un poste à la FFF. Une place que Rémi Garde et Eric Carrière ont refusée. A croire que personne ne veut de ce travail.

Sur le match, les choix de Mankoswki ont été aussi nuls que ceux que faisaient Domenech. Mais même avec une équipe en bois, les Espoirs n’avaient pas le droit d’aller se vautrer comme ça. Avec le rouge de la honte au front. En donnant encore une fois, une image aussi médiocre.

Demain, chacun de ses joueurs reprendra sa vie. Chacun d’eux gèrera sa carrière individuelle. La plupart des médias continueront à nous dire que ce sont des stars, des joueurs fabuleux. Les présidents continueront de spéculer sur la vente de ces pépites. La machine continue de tourner. Varane est aussi grand que le « Kaiser ». Les A, après avoir été quasi champions du monde, sont déjà presque champions d’Europe.

Ce match en Suède ne sera vite qu’un mauvais souvenir. Parce que globalement, au fond, la plupart n’en ont rien à faire de cette petite sélection Espoir. Tous sont déjà convaincus qu’ils valent la grande. Qu’ils valent bien mieux que ça. Derrière cette petite vague suédoise, tout va vite s’estomper. Dès samedi, on va pouvoir à nouveau admirer nos jeunes vedettes sur les belles pelouses de L1. Pourquoi ça changerait ? »

Daniel Riolo