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Tanguy Ndombele: "L’équipe de France, ça me manque"

Tanguy Ndombele n’a plus joué en équipe de France depuis juin 2019 et un déplacement à Andorre. Et n'a plus été appelé depuis novembre 2019. Mais il dit être devenu "mature" dans son jeu à Tottenham. Après une première saison mitigée en Angleterre, l’ancien milieu de l’OL a évolué pour convaincre José Mourinho. Moins "insouciant", plus "discipliné", Tanguy Ndombele espère désormais pouvoir être rappelé par Didier Deschamps. Dès jeudi lors de l’annonce de la dernière liste avant l’Euro ?

Tanguy Ndombele, pourquoi n’avez-vous plus été appelé en équipe de France depuis novembre 2019 selon vous ?

J’ai été moins performant tout simplement. Ça parait long un an et demi, on veut toujours être appelé, mais il y a beaucoup de joueurs à mon poste, de bons joueurs, et la concurrence est là. Mais j’ai essayé de relever la tête depuis le début de saison et de faire de mon mieux pour être appelé au prochain rassemblement.

Vous avez beaucoup pensé à l’équipe de France durant ces mois sans sélection ?

Bien sûr qu’on y pense. Souvent. Quand on entre sur le terrain, on sait qu’on va être regardé par le staff. Même quand on est blessé, on y pense. On veut toujours être en sélection, c’est quelque chose de beau pour un joueur d’être en équipe de France, tu te dis que tu fais partie des 23 meilleurs de ton pays quand même. En plus, il y a une superbe génération, une très bonne équipe. On veut tous être appelé. Je ne vais pas mentir, l’équipe de France, ça me manque.

Vous en avez parlé avec Hugo Lloris, le capitaine des Bleus ?

Oui (sourire). Hugo, c’est mon capitaine en sélection comme en club, donc c’est logique qu’on en parle. Bon, je ne vais pas dire qu’on en parle tous les jours, mais je lui demande souvent de me raconter ses expériences en équipe de France, comment c’était avec les anciens. Je suis quelqu’un de curieux, donc j’aime bien savoir comment ça se passe (rires).

La liste annoncée jeudi prochain par Didier Deschamps est la dernière avant celle de l’Euro. Vous y croyez ?

Y croire, je ne sais pas si c’est bon le bon terme. Mais j’espère y être. J’essaye de faire en sorte que le sélectionneur puisse m’appeler. Après, il fera ses choix. La liste la plus importante, c’est celle avant l’Euro. C’est toujours mieux d’être appelé maintenant, on veut être de toutes les listes, mais si le sélectionneur m’appelle juste pour l’Euro, je prends aussi.

On a l’impression que vous avez retrouvé le sourire cette saison à Tottenham, on se trompe ?

Je me sens bien. Et avec tout ce qu’il se passe dans la vie aujourd’hui, je ne peux qu’être souriant. Je suis quelqu’un de chanceux. Dans le foot, ça se passe bien, donc ça va en ce moment dans ma vie.

Vous disiez récemment que vous ne vous preniez "plus la tête". Vous sentez-vous plus libre ?

Quand tu arrives dans un club, tu te poses beaucoup de questions. Je pense que ça a joué aussi sur ma saison dernière. Puis il y a eu la crise qui m’a fait relativiser. Et sur le terrain, ça va mieux, surtout si je compare à la saison dernière.

Ndombele: "Je suis moins égoïste maintenant"

Il y a quelque chose qui a changé chez vous entre cette saison et la saison dernière ?

Oui, je pense. Je n’aborde pas les matchs de la même manière. J’ai plus de confiance et le club m’a aidé à avoir plus de confiance en moi. J’ai travaillé aussi physiquement pendant l’arrêt des championnats la saison dernière, donc je suis moins blessé. Je suis plus mature aussi. Après, j’ai moins de folie dans mon jeu, mais c’est comme ça.

Moins de folie, c’est-à-dire ?

Je le sens. J’ai moins d’insouciance dans mon jeu. Il y a des moments où je peux me projeter et aller vers l’avant et je le fais moins. Avant, je ne me serais pas posé de questions. C’est ce que je ressens.

Moins d’insouciance, ça veut dire moins de plaisir ?

Non, pas forcement. Il y a des choses que je ne faisais pas avant et où je prends plus de plaisir maintenant. Plus défendre, courir, tacler… Avant, c’était plus dribbler, faire des passes décisives. J’ai de la liberté, le coach le sait. Je ne suis pas un joueur à qui on peut dire de rester en place. J'ai besoin d’un peu de liberté mais j’essaye de ne pas en abuser et de faire ce qui est juste pour l’équipe.

Etre moins spectaculaire, c’est être moins bon ?

Non, je ne pense pas. C’est juste être plus mature, pour moi. Je reste un joueur qui fait de bonnes choses avec le ballon, mais on va dire que je pense plus à l’équipe. Je prenais plus de plaisir pour moi avant que je n’en donnais à l’équipe. Je suis moins égoïste maintenant.

Loïc Tanzi