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Euro 2021: grosse pression sur l'Espagne

Après deux matchs nuls pour débuter l’Euro, l’Espagne déçoit et croule sous les critiques des médias nationaux mais aussi d’observateurs internationaux. A la veille de son troisième match de poule face à la Slovaquie, ce mercredi (18h), la Roja est sous haute pression.

En s’installant vers 20h15 pour sa conférence de presse à la veille du match face à la Slovaquie ce mercredi à l'Euro, Luis Enrique s’attendait sans doute à des questions offensives de la part des journalistes espagnols. Il n’a pas été déçu. "En va-t-il de la crédibilité de l’Espagne demain ? En quoi méritez-vous de poursuivre votre mission ? Sentez-vous la même confiance de la fédération à votre égard ?" Avec calme et toujours ce brin de provocation qui le caractérise, Luis Enrique a répondu en essayant de défendre son groupe, qui reste sur deux matchs nuls (0-0 contre la Suède, 1-1 contre la Pologne). Même s’il admet que la marge de progression de son équipe est certaine, Luis Enrique ne veut pas la rabaisser non plus. "Toute personne qui connait le foot ne peut pas dire qu’on était inférieur à la Suède et à la Pologne. Mais on peut faire mieux, il faut le montrer face à la Slovaquie" annonce le sélectionneur qui dit accepter "tous types de critiques". Mais au bout de quatre, cinq relances, c’en était trop: "Je ne veux plus répondre à ce type de question. Je ne rajouterai rien. J’ai déjà tout dit sur la manière dont je me sens." Sur le terrain, Luis Enrique attend une amélioration dans la finition. "Il faut se créer plus d’occasions. On est focus là-dessus. On fait beaucoup de bonnes choses. Marquer des buts reste la chose le plus difficile en football."

Le retour de Busquets

Le sélectionneur espagnol pourra compter sur l’ensemble de son effectif, y compris Sergio Busquets qui devrait débuter au milieu de terrain. Sorti de son isolement après avoir été testé positif au Covid, Busquets a passé cette période de 12 jours à travailler dans son jardin au rythme de deux sessions quotidiennes. La première le matin axée sur de la gym-fitness et la seconde l’après-midi ballon au pied. "Il est en forme, indique Luis Enrique. Au même niveau que les autres. Mais il y avait trop de risque à le faire jouer au deuxième match." Le joueur du Barça, qui a fait lundi son retour face à la presse, s’est dit soulagé de retrouver ses coéquipiers: "C’était difficile de les suivre devant la TV, surtout le premier match. Sur ces deux premières rencontres, on n’a quand même eu un manque de chance. Je pense qu’on méritait mieux."

Vivre avec les critiques

Manque de chance, manque de réussite, des termes récurrents dans les propos de Busquets, qui ne cherche cependant pas d’excuse. "On accepte les critiques. C’est pas la première fois qu’il y en a. Et c’est pas la dernière. Mais c’est parfois étrange d’entendre d’anciens joueurs qui ont connu le plus haut niveau international critiquer aussi facilement (référence à "L’Espagne affreuse" de van der Vaart). Parfois, ça frise le manque de respect. Quand vous critiquez, vous devez garder du respect. On est ouvert à la critique. Mais c’est plus la forme qui peut heurter parfois. Chacun peut avoir son opinion mais bon, je ne veux pas m’étendre là-dessus…"

Busquets, vainqueur de l’Euro en 2012, a profité de sa conférence de presse pour soutenir aussi à fond et publiquement son sélectionneur. "On adore sa manière d’être avec nous. Avec son staff, il fait un super boulot. Il est préparé à tout. On sait ce qu’il a réalisé, le compétiteur qu’il est. J’ai 100% confiance en lui." Et même s’il comprend les critiques, Busquets a fini avec une pointe d’optimisme en rappelant le pedigree des joueurs qui forment la sélection espagnole. Des joueurs certes plus jeunes que ceux de la génération dorée championne du monde, mais qui ont beaucoup d’expérience du très haut niveau notamment en Coupe d’Europe, citant notamment l’exemple de Koke et Jordi Alba. "J’ai confiance dans cette équipe. On va tout faire pour se qualifier. Si on y parvient notre confiance va grandir. On a de bonnes fondations. On sera difficile à battre." Au-delà du simple enjeu sportif, une victoire semble indispensable pour renouer le lien distendu entre la Roja et les supporters espagnols. Et pour éviter de se retrouver sur un grill encore plus chaud lors des prochaines conférences de presse…

Loïc Briley