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Euro: ça a donné quoi la préparation des adversaires des Bleus ?

Les trois adversaires des Bleus en phase de groupes de l'Euro - l'Allemagne, la Hongrie et le Portugal - ont achevé leur parcours de préparation. Quel est leur bilan et leur forme ?

L'Allemagne sur la bonne voie

Des progrès, oui, mais pas d’euphorie. C’est ce qui ressort des deux amicaux disputés par l’Allemagne avant l’Euro. Avec ses trentenaires Mats Hummels et Thomas Müller, de retour en sélection après deux ans d’absence, la Mannschaft n’a pas fait mieux qu’un nul contre le Danemark (1-1), avant d’atomiser des Lettons (7-1) à la faiblesse abyssale. Pour cette ultime répétition, lundi, Joachim Löw avait choisi d’aligner la formation qui devrait à peu de choses près débuter contre la France le 15 juin à Munich. Sauf énorme surprise, les Bleus peuvent s’attendre à faire face à un 3-4-3 avec Joshua Kimmich et Robin Gosens dans les couloirs, Toni Kroos et Ilkay Gündogan dans l’entrejeu, et Kai Havertz ou Timo Werner pour épauler Müller et Serge Gnabry en pointe.

"Nous avons fait beaucoup de bonnes choses, avec de bonnes intentions. Nous devons encore améliorer l'intensité et le pressing. Devant le but nous avons été plus efficaces, c'était un de nos sujets de préoccupation ces derniers mois, nous nous rendions la vie difficile en ne concrétisant pas nos occasions", a appuyé Löw après ce succès rassurant, mais à relativiser, face à la Lettonie. L’équilibre de cette Mannschaft, éliminée dès le premier tour du Mondial 2018, humiliée 6-0 en Espagne fin 2020 et même battue par la modeste Macédoine du Nord en mars, reste évidemment fragile. C'est ce qu'était venu rappeler le nul face au Danemark, avec des situations gâchées et une défense pas totalement au point.

La Hongrie sans complexe

C’est bien sûr l’adversaire le plus faible du groupe F. Encore plus en l’absence de son meilleur élément, l’élégant milieu offensif du RB Leipzig, Dominik Szoboszlai (20 ans). Pointée à la 37e place au classement Fifa, la Hongrie a dû batailler pour décrocher son billet pour l’Euro. C’est en barrages, en éliminant la Bulgarie puis l’Islande miraculeusement (succès 2-1 après avoir été menés pendant près de 80 minutes) que les joueurs de Marco Rossi s’en sont sortis. Ils ont depuis confirmé leur montée en puissance en dominant par exemple la Turquie (2-0) en novembre dernier en Ligue des nations ou en accrochant la Pologne de Robert Lewandowski (3-3) fin mars dans le cadre des qualifications à la Coupe du monde 2022. Avant l’Euro, deux amicaux étaient au programme des coéquipiers de l’ancien défenseur nantais Loïc Nego.

Avec un succès contre Chypre (1-0) et un nul face à l’Irlande (0-0), ils ont étiré leur série d’invincibilité à onze matchs. Difficile toutefois de savoir avec précision dans quel schéma ils se présenteront mardi prochain à Budapest pour défier le Portugal. "Nous pouvons nous attendre à d’autres types de matchs à l'Euro, nous devrons adopter des tactiques différentes de celles de nos deux derniers matchs, en ayant l’opportunité de contre-attaquer et de s’appuyer sur une défense solide. Mais j’ai senti qu’il nous manquait quelque chose à la finition", a commenté Marco Rossi après avoir vu son équipe butter sur l’Irlande. Il avait opté une nouvelle fois pour un 3-5-2 avec le capitaine Adam Szalai associé en pointe à Roland Varga, l’avant-centre du MTK Budapest.

Le Portugal en pleine confiance

"Je sais ce que nous devons faire pour gagner, j'ai une grande confiance dans l'équipe." Aux commandes de la sélection championne d’Europe en titre, Fernando Santos attaque cet Euro pour le moins serein. Et il n’a pas l’air de bluffer. Invaincue depuis le 14 novembre 2019 et une défaite… face aux Bleus (1-0) en Ligue des nations, sa Seleção a bouclé sa préparation par un carton contre Israël (4-0), mercredi, à Lisbonne. Avec notamment le 104e but de Ronaldo (en 175 sélections), rien que ça, et un doublé de Bruno Fernandes, très attendu après s’être imposé en une saison et demie comme le maître à jouer de Manchester United, un chef d’orchestre capable d’imposer un rythme et de piquer ses adversaires comme peu de ses collègues savent le faire.

Il aura un rôle majeur dans le 4-2-3-1 ou le 4-3-3 que mettra en place Santos, en soutien de Ronaldo, Bernardo Silva, Diogo Jota ou encore Joao Felix. Largement dominateur face à Israël et assez séduisant malgré un flagrant manque de réalisme en première période, le Portugal avait davantage souffert vendredi dernier devant l’Espagne (0-0) à Madrid. Aymeric Laporte et Pau Torres n’avaient eu aucun mal à bloquer Ronaldo et ses compères d’attaque. Pas de quoi inquiéter Santos, convaincu par ce qu’il a vu contre Israël. "Nous sommes parvenus à rectifier plusieurs choses par rapport au match face à l'Espagne. L'équipe a une volonté énorme et un excellent esprit d'équipe", a-t-il souligné, tout en insistant sur "les choses à améliorer" d’ici le début de l’Euro, en particulier "la circulation du ballon" en phase offensive.

https://twitter.com/rodolpheryo Rodolphe Ryo Journaliste RMC Sport