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Le beau jeu, vraie victime de l’Euro 2016 ?

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Les huit équipes qualifiées en quart de finale n’ont pas toutes, loin s’en faut, proposé un jeu séduisant depuis le début de la compétition. Plus que tout autre chose, le beau jeu est-il la principale victime de cet Euro ?

N’en resta plus que huit. Huit à avoir survécu à trois semaines de compétition d’un Euro riche en surprises, assurément, en suspense, certainement, et en beau jeu… pas vraiment. La Croatie et son style emballant ? A la trappe, par un Portugal pas ragoûtant. L’Angleterre et son armada offensive, outsider annoncé de la compétition ? Exit, malgré elle, par une Islande sympathique, bien bâtie, mais loin d’être sexy. Sur les huit, les équipes admises avec mention se comptent sur… les deux doigts d’une toute petite main. L’Allemagne championne du monde, toujours aussi sûre de son fait, et le pays de Galles (ou de Bale), joueur par tous temps.

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Pour le reste, nous avons une France qui doit tout aux arrêts de jeu, une Belgique qui se cherche, une Italie joueuse d’échec, et une Pologne solide et froide à souhait. Le pragmatisme, mantra de cet Euro, a pris le pas sur le spectacle, et le pire, c’est peut-être que plus personne ne s’en cache. « Tant qu’on gagne, je m’en fous de la façon dont on joue », a reconnu Antoine Griezmann, pourtant tellement élégant. « Pour moi, c’est comme ça toute l’année avec l’Atlético. On gagne 1-0, et on souffre à la fin. »

De Bruyne : « Je m’en bats les cou… »

Kevin de Bruyne, censé aussi être spectaculaire à souhait, lui emboite le pas. Interrogé sur ce qu’il manque à son équipe pour mieux jouer, le Belge rétorque : « Je ne sais pas et je m’en bats les cou….. si on gagne. On a gagné les deux derniers matches, je pense que ce n’était pas mal. Si on gagne les quatre prochains comme ça tu vas nous dire quoi ? »

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Fernando Santos, sélectionneur d’un Portugal qui est sorti des poules sans gagner un match, s’en bat lui aussi une certaine partie, dans un style plus raffiné : « Nous aimerions avoir un jeu spectaculaire, mais ce n'est pas toujours comme ça que l'on gagne des compétitions. » Un point pour lui. En quarts, au moins la moitié des équipes d’ailleurs devraient prouver qu’elles ne sont pas arrivées là par hasard, et il est encore grand temps de montrer que pragmatisme et beau jeu ne font pas forcément chambre à part.

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