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Coupe du monde 2019: Amandine Henry, la "miraculée" qui est une énigme pour la science

Amandine Henry est en train de se faire connaître du grand public avec la Coupe du monde 2019. Buteuse et capitaine des Bleues, la joueuse de l’OL crève l’écran depuis le début de la compétition. Un rêve éveillé pour celle qui a subi une grave blessure au genou en 2008. Et qui a failli ne jamais rejouer au foot.

C’est un nouveau visage auquel la France est en train de s’habituer. Portée par l’euphorie qui accompagne les Bleues depuis le début de la Coupe du monde 2019, Amandine Henry voit sa cote de popularité grimper en flèche ces derniers jours. Si les amateurs de foot la connaissent depuis longtemps, le grand public est en train de découvrir la capitaine de la sélection. Avec son regard vif, son sourire et sa queue de cheval blonde, la milieu de terrain de l’OL crève l’écran. Sa technique, sa grinta et sa frappe enroulée face à la Corée du Sud, vendredi dernier en match d’ouverture (4-0), ont marqué les esprits. Bien au-delà du Parc des Princes.

De quoi la propulser au rang de star en cette fin de printemps. Une situation que la joueuse de 29 ans, qui se prépare à défier la Norvège (ce mercredi à Nice, 21h), savoure comme il se doit. Avec un petit côté irréel lorsqu’elle repense à son parcours. Et plus particulièrement à ce mois de février 2008, lorsque elle a failli mettre fin à sa carrière. A seulement 18 ans. Gravement blessée au genou droit, Henry a alors subi une greffe de la rotule. Une intervention très lourde qui a considérablement réduit ses capacités physiques. Et fait dire à certains spécialistes qu’elle ne rejouerait probablement jamais au plus haut niveau...

"Parfois, j’en pleurais…"

Un diagnostic mis à mal par la force mentale de la native de Lille, qui s’est arrachée durant des mois pour revenir sur les terrains. Dans une interview accordée au Progrès, elle racontait récemment ses séances de "torture" en rééducation. "Parfois, j’en pleurais. Après l’opération, le genou réagissait. Il gonflait, dégonflait, doublait de volume. J’avais des injections et aussi des ponctions. Les douleurs étaient là, et bien sûr, j’ai douté. Je crois avoir eu beaucoup de chance."

De la chance mais surtout une énorme faculté d’adaptation. "J’ai pratiquement 40% de déficit entre les deux quadriceps et, normalement, je devrais être inapte à la pratique du football, explique celle qui s’est exilée aux Etats-Unis durant deux saisons sous le maillot de Portland, avant de revenir à Lyon l'été dernier. J'ai réussi à trouver un équilibre dans mon déséquilibre. Je sais que mon corps ne sera plus jamais à 100%. Je ne peux plus utiliser ma jambe comme avant. Il a fallu l’accepter et j’ai reformaté mon cerveau."

"Je suis une énigme"

Surnommée "la miraculée" par Jean-Jacques Amprino, le médecin de l’OL, Henry a su défier les lois de la médecine pour s’offrir l’un des plus beaux palmarès du foot féminin: 5 Ligue des champions, 11 championnats de France, 6 Coupes de France et 1 championnat américain. "Aujourd’hui, quand je passe des scanners et des IRM, les médecins ne comprennent pas. Je suis une énigme", s’amuse la patronne des Bleues, qui s’attend tout de même à vivre "avec une petite prothèse" à la fin de sa carrière. Et peut-être une petite Coupe du monde sur sa table de chevet…

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Rédacteur