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Coupe du monde: le miracle de la Jamaïque a un nom, Cedella, la fille de Bob Marley

Cedella Marley

Cedella Marley - AFP

Délaissées par leur propre Fédération au début des années 2010, les Reggae Girlz, le surnom de la sélection jamaïquaine de football, a été sauvée par Cedella Marley, la fille de Bob Marley, légende du reggae. Alors que les joueuses des Caraïbes ont débuté leur première Coupe du monde par une défaite contre le Brésil (3-0) dimanche à Grenoble, retour sur un "mariage" aussi réussi que miraculeux.

"Si mon père n’avait pas su chanter ou jouer de la guitare, il aurait essayé d’être attaquant ou milieu de terrain." Pour Cedella Marley, la fille de Bob Marley, la légende du reggae disparue en 1981, aurait pu être un excellent joueur de foot. "Il n’était pas costaud mais il était assez rapide. Il adorait le foot”, confie-t-elle au Telegraph. En tournée ou à Kingstone, le chanteur de "Could ou be loved" tapait toujours dans le ballon avec ses "Wailers" entre deux concerts. Sa fille, aujourd’hui âgée de 51 ans, travaillait chez un disquaire, davantage intéressée par le business que son père et ses frères par le foot.

"Je ne savais même pas qu’on avait une équipe féminine en Jamaïque"

Mais tout bascule quelques années plus tard, au cœur des années 2010, lorsque son fils, Skip, revient de l’école avec un prospectus destiné à soutenir les Reggae Girlz. "Je ne savais même pas qu’on avait une équipe féminine en Jamaïque", avoue celle qui est devenue une artiste polyvalente (chanson, danse, comédie…). Cedella aime pourtant le foot. Elle a toujours supporté les Reggae Boyz. Mais des filles...

Cedella Marley et les Reggae Girlz
Cedella Marley et les Reggae Girlz © AFP

Le lendemain, Cedella passe quelques coups de fil, notamment à la Fédération jamaïquaine. Elle réalise alors à quel point la situation est compliquée. "Elles n’avaient même pas de soutien-gorges à leurs tailles, ne mangeaient pas bien, on me demandait d’envoyer des paquets de Granola" se souvient-elle. J’étais de plus en plus énervée."

"Il y avait de l’argent pour les hommes, pas pour les filles"

Depuis 2010, la réalité est cruelle pour l’équipe nationale féminine, dissoute après avoir été délaissée par sa propre Fédération: "Ce n’était pas qu’elles étaient mauvaises, mais il y avait de l’argent pour les hommes, pas pour les filles."

Touchée par cette mise à l’écart et désireuse d’aider ses compatriotes féminines à pouvoir réaliser leur rêve, elle s’investit à fond. Et met la main à la poche. Sans doute par pudeur, elle ne dévoilera pas les sommes d’argent qu’elle a reversées pour aider les joueuses jamaïquaines. Mais grâce à elle, la sélection est relancée. Cedella Marley ne se contente pas de faire du mécénat. En 2014, pour la campagne des éliminatoires de la Concacaf en 2014, elle et son équipe voyagent avec les Reggae Girlz, ce qui lui permet de voir au quotidien leurs besoins. Cet investissement n’a jamais fléchi et a porté ses fruits comme le prouve la première participation de la Jamaïque à une Coupe du monde féminine, actuellement en France. Cedella Marley ne lâche rien.

Avec ses frères, elle a récemment sorti une chanson dont tous les bénéfices seront reversés aux Reggae Girlz. Après avoir soutenu son équipe face au Brésil (3-0), dimanche à Grenoble, on pourrait bien la croiser dans les rues de Reims, vendredi, avant le deuxième match des Jamaïquaines face à l’Italie. "Is this love?"

AB