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D1 féminine: dirigeants virés, gestion calamiteuse... Soyaux traverse une nouvelle crise

Les joueuses de l'ASJ Soyaux, en avril 2019

Les joueuses de l'ASJ Soyaux, en avril 2019 - @AFP

À leur arrivée, ils critiquaient l’amateurisme des dirigeants sojaldiciens. En l’espace de quelques mois le duo Joël Cordeau-Louis Dupeyrat aura marqué de son empreinte l’histoire de l’ASJ Soyaux, mais pas vraiment de façon positive. Avec la création de la SASP du club charentais, le président et le manager avaient pour mission de redresser les finances au printemps dernier, alors que Soyaux était dans le viseur de la DNCG. Ils ont plutôt construit un épais brouillard autour du club historique de la D1 féminine.

Prestataires et logements de fonction impayés

Depuis le début de saison, de nombreux soucis de gestion sont apparus à Soyaux. Selon nos informations, des primes de représentation accordées aux joueuses pour cette saison ont été versées au compte-goutte. Certaines prises en charge n’ont pas été effectuées comme lors de blessures (auprès de l’Assurance maladie) ou encore en ce qui concerne les logements de fonction. Certains bailleurs se plaignant à plusieurs reprises que le club avait d’importants retards de paiements de loyers. Même chanson pour des prestataires comme des kinésithérapeutes ou préparateurs mentaux de l’équipe première qui voyaient leurs factures sans réponse et qui ont interrompu leur collaboration avec Soyaux. 

Le départ de Sébastien Joseph, annoncé en octobre, a accéléré les choses: "Il y avait un manque de transparence ces derniers mois même à mon égard, mais j’ai compris que cela concernait tout le monde, confie l’actionnaire majoritaire Benoit Letapissier. Il fallait que l’on passe à autre chose, le départ du coach m’a mis la puce à l’oreille. Les choses se dégradaient et quand il a pris sa décision, j’ai tenté de le retenir mais il ne pouvait plus travailler avec eux". Alerté, ce chef d’une entreprise de télécommunications basée dans la région parisienne lance un audit interne.

La semaine dernière, acculé face aux nombreuses difficultés internes et aux problèmes de gestion, le duo Cordeau-Dupeyrat quitte le navire. L’association vote ensuite l’éviction des dirigeants. Benoit Letapiissier reprend leurs parts (pour posséder 75% du capital désormais, 25% pour l’association). Depuis leur départ, les administratifs du club charentais enchaînent les réunions pour faire l’état des lieux du massacre. "Il y avait des contrats avec des partenaires qui couraient mais qui n’étaient pas signés, je les ai signés. Je me suis engagé avec tout le monde, tous les contrats en cours sont confirmés. Pas de licenciement pour le moment", soutient le nouveau PDG sojaldicien.

Une saison en chemin de croix 

Benoit Letapissier a passé son week-end à Soyaux pour enchaîner les réunions, et prendre ses premières décisions importantes. Il a notamment nommé Robert Corfou, comme nouveau référent technique qui "s’occupera uniquement du football, du sportif", a signé le contrat de Laurent Mortel, le nouvel entraineur de la D1 féminine, et a demandé la création d’une fiche de poste pour chaque salarié: "Il y avait un manque de transparence, de clarté sur ce qui se passait au club ces trois derniers mois. Le mot d’ordre désormais c’est transparence".

Le rendez-vous avec le partenaire financier du club a été rassurant ce lundi matin. "Je fais tout pour que cela tienne la route, il n’y aura plus qu’une tête en haut, deux têtes cela ne marche pas. Les comptes ne sont pas dans un état catastrophique, l’aide fédérale issue des droits TV de la LFP va nous faire du bien. Je suis prêt à investir un peu plus, mais à condition de savoir où on va. J’ai vu les joueuses ce matin, l’ambiance est top".

Le dirigeant espère même avoir quelques renforts dans les prochains mois après avoir eu le feu vert de la DNCG qu'il va solliciter. Néanmoins, c’est un discours déjà entendu il y a quelques mois, l’avenir nous dira si le projet est cette fois solide. Ce lundi matin, les joueuses ont promis à leur nouveau PDG de se battre et de relever la tête. Pour se remettre en selle, l’avant dernier au classement de D1 se déplace vendredi sur la pelouse du leader lyonnais. On a connu plus facile pour repartir de l’avant. 

Anthony Rech