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Foot féminin: Trinity Rodman, fille de Dennis... et candidate au Ballon d'or

Trinity Rodman avec les États-Unis en 2022.

Trinity Rodman avec les États-Unis en 2022. - Iconsport

Sélectionnée parmi les 20 finalistes pour le Ballon d’or 2022, Trinity Rodman fait partie des deux seules joueuses nommées qui n’évoluent pas en Europe. À seulement 20 ans, la fille de Dennis, quintuple champion NBA et ancienne star des Pistons, représente l’avenir de la sélection américaine… du ballon rond.

À l’annonce de son nom, difficile de ne pas penser à son père. Oui, Trinity Rodman est bien la fille de Dennis Rodman, cinq fois champion NBA, et de Michelle Moyer, la troisième épouse de l’ancien basketteur. Mais contrairement à son paternel, la jeune fille de 20 ans ne s’épanouit pas avec un ballon orange, mais avec celui du “soccer”, le football outre-Atlantique. À seulement 20 ans, Trinity Rodman est en train de devenir une référence dans son pays, elle qui vient d’être nommée dans la liste des 20 finalistes pour le Ballon d’or 2022, aux côtés de grands noms tels qu’Ada Hegerberg, Alexia Putellas ou sa compatriote Alex Morgan.

Si son nom n’évoque pas encore grand chose en Europe, aux États-Unis, l’attaquante a déjà fait ses preuves et continue d’écrire son histoire. Une histoire dévolue au ballon rond, malgré l’immense carrière de son père en NBA. “J'ai commencé le soccer à quatre ans. Mais j'ai aussi essayé tous les sports, football américain, cheerleading, volley-ball et basket-ball, avouait-elle dans un entretien pour So Foot, en janvier 2021. Mais quand je changeais de sport, je continuais de jouer au soccer et j'ai senti que je voulais jouer au foot toute ma vie. Je me sentais dans mon élément dans ce sport et j'ai compris que je pouvais devenir meilleure dans celui-ci plutôt que les autres. Et en grandissant et en devenant meilleure, j'ai réalisé que je voulais m'y mettre sérieusement.”

Plus jeune joueuse de l’histoire draftée

Celle qui a pour idole Neymar et Tobin Heath, autre internationale américaine, assume pleinement son indépendance et veut se créer une carrière bien à elle, sans avoir à supporter l’étiquette de “la fille de”. “Je ne peux pas dire que ça m'a agacée, car ça reste mon père. Évidemment, certaines personnes me voient juste comme la fille de Dennis Rodman, car ça a été un athlète exceptionnel avec beaucoup de réussite dans sa carrière. Mais ça n'a pas d'importance, j'ai hâte de pouvoir prouver que je peux exceller en soccer”, poursuit-elle.

Les preuves n’ont pas mis bien longtemps à arriver. Après un parcours junior chez les Washington State Cougars, Trinity Rodman est devenue en 2021 la plus jeune joueuse draftée en National Women's Super League, le championnat américain, lorsque les Washington Spirit l’ont choisie en deuxième position, à seulement 18 ans.

“Rookie of the year”

Pour sa première année dans le monde des grandes (la saison se déroule sur l’année civile, ndlr), Trinity Rodman a fait valoir ses qualités de buteuse (7) et de passeuse (6) lors de ses 25 premiers matchs chez les pros. Des performances qui lui ont valu le titre de meilleure “rookie” de la saison, ainsi que le titre de championne en 2021 et ses premières sélections chez les A en février dernier.

Numéro 2 floqué sur le dos, la joueuse américaine a rapidement convaincu ses dirigeants, qui lui ont rendu sa confiance en lui offrant une énorme prolongation de contrat jusqu’en 2024 (plus une année en option). Une nouvelle pige qui lui assure 1,1 million de dollars et le statut de joueuse la mieux payée du championnat (281.000 dollars par saison). Un salaire plus important que les “légendes” Alex Morgan et Megan Rapinoe, les vitrines de la sélection américaine, qui émargent à environ 250.000 dollars chaque année.

Un caractère affirmé

Au-delà de son salaire, Trinity Rodman fait preuve d’un caractère à toute épreuve pour continuer à grandir dans une discipline qu’elle adore, n’en déplaise à son père et Kobe Bryant. “Quand j'étais toute petite, je me suis retrouvée dans la même équipe que sa fille Natalia lors d'un tournoi. Mon père et Kobe sont venus nous voir à plusieurs matchs. Ils nous regardaient jouer au foot, mais évidemment, ils voulaient qu'on joue au basket. (Rires.) Je leur ai dit que je pouvais jouer, mais juste occasionnellement pour m'amuser. Évidemment, c'était amusant de dire à deux stars NBA : ‘Le soccer, c'est mieux’ !”, rappelle-t-elle, toujours pour So Foot.

Cette nomination parmi les 20 finalistes du Ballon d’or n’est qu’une étape dans la carrière prometteuse de Trinity Rodman, qui veut désormais briller avec le maillot de la sélection. Et pourquoi pas devenir championne du monde l’été prochain, lors du Mondial 2023, où les Américaines, doubles tenantes du titre, voudront évidemment faire la passe de trois.

Analie Simon Journaliste RMC Sport