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Fifa: Et pendant ce temps, Blatter poursuit son chemin…

Ce mercredi matin, sept membres de la FIFA soupçonnés de corruption ont été arrêtés à Zurich par les autorités suisses. Si l’étau semble se resserrer autour du président de la FIFA, le nom de Sepp Blatter ne figure toutefois pas parmi cette black-list. Et une fois encore, le patron du foot mondial devrait se sortir d’affaire faute de preuves tangibles. Jusqu’à quand ?

Entré à la FIFA il y a 40 ans, Blatter préside aux destinées de l’association depuis 1998. Et déjà, sa première élection avait été controversée, après avoir battu le favori sur le fil, Lennart Johansson. Il n’a donc pu échapper aux allégations selon lesquelles des membres de son entourage (il était notamment soutenu par Horst Dassler, défunt président d’adidas) auraient utilisé la corruption, afin de concrétiser son triomphe. Dix-sept ans plus tard, le Valaisan est toujours président… et brigue un 5e mandat de rang, à 79 ans.

Outre les arrestations en cascade de ce mercredi matin, Blatter doit notamment faire face à une procédure du parquet suisse contre X pour soupçon « de blanchiment d’argent et gestion déloyale », en lien avec l’attribution des Coupes du monde 2018 (Russie) et 2022 (Qatar). Mais malgré ces menaces, et en l’absence de preuve tangible contre lui, l’homme reste dans une relative quiétude.

Son neveu mouillé dans un trafic de billets

Brésil, Coupe du monde 2014. Un vaste trafic de revente illégale de billets de matches est démantelé par la police brésilienne. A la tête de ce réseau, deux personnes parmi lesquelles Ray Whelan, directeur de la société Match Hospitality. Si le nom de cette boite ne vous dit rien, c’est tout de même un prestataire exclusif de la FIFA, qui appartient par ailleurs à la société suisse Infront Sports and Media dirigée par un certain Philippe Blatter, neveu de son oncle.

Mais comme par hasard, ni Sepp ni Philippe Blatter ne seront inquiétés par la justice, alors que subsiste un conflit d’intérêt manifeste, pour ne pas supposer plus. Dans cette affaire, tout laisse à penser que les deux personnes arrêtées n’étaient que des fusibles car l’affaire est de taille. Selon les conclusions de l’enquête, ce trafic a rapporté 70 millions de dollars et concerne les quatre dernières Coupes du monde.

Cette fois-ci, c’est la bonne ?

« Je n’ai rien vu, rien entendu, je ne suis pas responsable ». Tel semble être le leitmotiv de Sepp Blatter dans un remake de la maxime des singes de la sagesse. Jusque-là, cela semblait lui réussir mais l’étau se resserre. Echaudée par l’attribution du Mondial 2022 au Qatar, la justice américaine a décidé de faire toute la lumière sur les affaires de cette nébuleuse qu’est la FIFA. Lors d’une conférence de presse donnée cette après-midi à Brooklyn, la ministre de la Justice a affirmé que l’attribution de la Coupe du monde en Afrique du Sud était « corrompue ». Loretta Lynch vise « des dirigeants de la FIFA » ayant utilisé « des pots-de-vin pour influencer la décision ». Là encore, Blatter n’est pas nommément accusé.

Néanmoins, même à supposer qu’il n’y aurait pas participé, comment le président de l’organisation aurait pu ignorer cette pratique ? C’est une des questions à laquelle la justice tâchera de répondre. Quant au dirigeant suisse, passé maître dans l’art de faire bégayer l’histoire, il plie toujours sans rompre. A moins que cette fois-ci…

AM et GM