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Guerre en Ukraine: comment le monde du sport s’oppose en bloc à la Russie

Du retrait de la finale de la Ligue des champions aux nombreuses marques de soutien au peuple ukrainien, le monde du sport combat aussi la Russie de Vladimir Poutine après l’invasion de l’Ukraine.

Comme un symbole. Les frères Vitali et Wladimir Klitschko, sont deux des principaux visages de la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Depuis que Vladimir Poutine a donné l’ordre à son armée d’envahir son pays voisin, les deux anciennes stars de la boxe sont en première ligne sur le front. A sa mesure, le monde du sport se mobilise aussi face à la Russie. Depuis le début de conflit, les sportifs et les fédérations multiplient les actions pour manifester leur opposition à la guerre. L’une des plus fortes est tombée dès vendredi, au lendemain de l'invasion de l'Ukraine.

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Finale de C1, GP de Sotchi... la Russie privée de ses événements sportifs

L’UEFA a privé Saint-Pétersbourg de l’organisation de la finale de la Ligue des champions. L’un des grands rendez-vous de l’année sportive a été relocalisé au Stade de France, à Saint-Denis, à la même date, le 28 mai. Quelques heures plus c’est au tour de la F1 de prendre une mesure importante avec l’annulation du Grand Prix de Russie au calendrier de la saison. La course devait se dérouler le 25 septembre à Sotchi. Comme Formula One, la Fédération internationale de ski a aussi acté l’annulation de toutes les épreuves programmées en Russie. Idem pour la Fédération Internationale de Gymnastique. "Aucune autre manifestation de la FIG ne sera attribuée à la Russie ou au Belarus jusqu'à nouvel ordre", a indiqué l'instance. En biathlon, l'Union internationale de biathlon a annoncé son intention de laisser les athlètes russes et biélorusses participer aux évènements organisés, mais en tant que sportifs neutres.

La Russie exclue de la Coupe du monde au Qatar ?

Le boycott de la Russie est aussi une réalité en volley, du moins pour les matchs de Ligue des nations. Pour les championnats du monde qui doivent se tenir du 26 août au 11 septembre en Russie, aucune décision n’a été actée mais l’équipe de Francen championne olympique en titre, a d’ores-et-déjà annoncé qu’elle ne se rendrait ni en Russie, ni en Ukraine. "La sécurité de nos athlètes est notre priorité", a fait savoir samedi le président de la Fédération Eric Tanguy.

Plus généralement, d'ordinaire réticent à commenter la géopolitique, le Comité international olympique (CIO) a exhorté les fédérations internationales sportives à annuler ou délocaliser tout événement prévu en Russie ou au Bélarus. Il demande aussi que les drapeaux de ces deux pays ne soient pas hissés et que leurs hymnes ne soient pas joués.

Dans le sillon du mouvement olympique, la Fifa va aussi devoir gérer un dossier sensible. Alors que la Grande-Bretagne pousserait pour l’exclusion de la Russie de la Coupe du monde 2022 au Qatar selon The Telegraph, la Pologne, à la grande satisfaction de sa star Robert Lewandowski, a annoncé son refus d'affronter le 24 mars à Moscou la Russie en barrage. Adversaires potentiels des Russes au match suivant, les Suédois et la République tchèque ont aux aussi annoncé qu'ils ne les affronteraient pas. On attend la réaction de l’instance internationale.

Avec Gazprom, le robinet à dollars bientôt coupé ?

L’opposition du sport face à Vladimir Poutine se manifeste aussi par des mesures fortes sur le plan économique. En Allemagne, le club de D2 de Schalke a retiré de son maillot son sponsor Gazprom. Beaucoup moins symbolique, le géant russe du gaz, principal partenaire économique de l’UEFA, pèse 40 millions d’euros par an en faveur de l’instance européenne. La décision de rompre ou non ce contrat est attendue cette semaine.

Frappé par les mesures contre les oligarques, Roman Abramovich, propriétaire de Chelsea et proche de Poutine, a annoncé qu’il se mettait en retrait. Le président russe est même lui aussi personnellement sanctionné par le monde du sport. Ce dimanche, il a été suspendu de ses fonctions de président honoraire et ambassadeur de la Fédération internationale de judo. Enfin on ne compte plus tous gestes et les messages de soutien des sportifs à l’égard du peuple ukrainien. L’un des plus touchants a eu lieu samedi à l’Etihad Stadium où Manchester City a affiché son soutien total à l’international ukrainien Oleksandr Zinchenko après que celui-ci a menacé Vladimir Poutine sur les réseaux sociaux.

ABr