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Le Mexique, l'OM, la dépression, les Bleus... L'interview intégrale de Florian Thauvin dans "Rothen s'enflamme"

L'ancien Marseillais Florian Thauvin, champion du monde 2018 avec les Bleus, était l'invité de l'émission "Rothen s'enflamme" ce vendredi sur RMC. L'attaquant des Tigres a abordé tous les sujets, sans langue de bois. Retrouvez son entretien en intégralité.

Jérôme Rothen : Florian, parle-nous un peu de tes débuts, comment ça se passe aux Tigres?

Florian Thauvin : "Je vais débuter ma deuxième saison. La saison dernière, ça a été en dents de scie, il y a eu du très bon, et du moins bon notamment à cause de l'adaptation et de quelques pépins physiques mais sinon dans l’ensemble ça s'est plutôt bien passé mais j’espère faire mieux cette année. C’est un long projet, j’ai signé cinq ans. Donc la première saison d’adaptation est passée et là on va essayer de faire une grosse saison cette année."

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Tu es heureux là-bas dans ta carrière de sportif mais aussi dans ta vie privée ? Tu ne regrettes pas ton choix?

Aucun regret, si j’avais su et si j’avais eu l’opportunité, j’y serais allé plus tôt, je sais qu’en France on ne se rend pas compte de ce qu’on vit ici. C’est une aventure extraordinaire tant sur le plan sportif que dans la vie de tous les jours, vraiment c’est une expérience à faire dans une vie. Je n’ai aucun regret, pas seulement moi, c’est aussi ma famille, c’est une super expérience.

Rothen : Je t’avoue, et tu m’en avais tenu rigueur, que je n’avais pas compris ton choix. Je me suis dit que tu allais t'enfermer dans un championnat que tu ne connaissais pas à 28 ans. Je trouve que tu aurais pu aller dans un grand club européen. Peux-tu nous expliquer le niveau du championnat et pourquoi tu es allé là-bas?

Il y a plusieurs choses à prendre en compte. La première c’est que j’arrivais en fin de contrat avec l’OM et que j’avais un choix à faire, que ce soit sur le sportif et sur la vie privée. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en signant à l’OM, c’était un rêve de gamin. Donc j’avais réussi à réaliser mon rêve et aussi eu la chance de devenir champion du monde à l’époque quand j’étais à l’OM. La seconde chose c’est que j’ai passé sept ans à l’OM. C’est un club qui est extraordinaire, qui est magnifique mais c’est un club qui est dur. Il y a énormément de pression au quotidien, je suis passé par des moments difficiles, notamment psychologiquement où certaines choses ont été difficiles à avaler.

A cause de quoi ça a été difficile?

C’est une pression qui est constante, c’est un club très souvent sur le devant de la scène donc il y a une obligation de résultat, une pression de la part des personnes comme toi, Monsieur Jérôme Rothen, des médias et puis il y a une pression des supporters… Tu fais souvent l’ascenseur émotionnel, c’est un club qui a une grande passion mais quand tu joues bien une semaine tu es le meilleur joueur du monde et la semaine d'après tu n’es plus à mettre sur le terrain. Donc c’est des choses que j’ai eu du mal à vivre et ça a duré de longues années. Et à un certain moment j’ai perdu cette passion.

Une sorte de dépression…

Oui, on pourra en parler plus longuement mais j’avais consulté un préparateur mental et oui, à une certaine période, c’était une sorte de dépression parce que tu as le moral dans les chaussettes et la dépression ça part de là. Ce qui était important pour moi, c'était de retrouver cette passion du football, celui qu’on joue quand on est gamin, où on ne se pose pas de question, où il n’y a pas de soucis dans le vestiaire où il y a une ambiance familiale, un peu comme on avait à Bastia. C’est aussi quelque chose comme ça qui était vraiment important pour moi. Et ici c’est ce que j’ai retrouvé. Le vestiaire c’est une grande famille. L’entraînement est terminé, on fait un barbecue sur le terrain tous ensemble, nos enfants viennent à l’entraînement, nous on s’entraîne sur une partie du terrain et eux jouent tous ensemble sur l’autre. C’est un autre contexte et une autre mentalité, parce que tu l’as connu aussi Jérôme, en Europe les vestiaires c’est chacun pour sa gueule et c’est très compliqué. Je l’ai vécu pas mal d'années à l’OM et ça je n’en voulais plus.

Quand on voit les stades pleins au Mexique, on sent une vraie ferveur, une vraie passion. A l’arrivée, la pression du haut niveau tu dois la ressentir aussi?

C’est exactement ça, c’est ce que je te disais, quand je te parle de passion c’est la passion du football mais aussi le partage avec les supporters, ce qu’on retrouve ici. Tu vas dans tous les stades, il y a une ambiance de folie, les stades sont pleins et bien évidemment que tu es mon invité, tu découvriras que le championnat, ce n’est pas du tout comme l’image que tu as quand tu as été déçu du choix que j’ai fait. C’est une aventure à vivre qui est exceptionnelle, il y une passion incroyable et franchement c’est quelque chose à voir.

Pour vivre une expérience, et je me dis qu’elle est folle parce que Dédé Gignac est encore là, mais je me dis qu’à 28 ans tu avais peut-être l’occasion d’aller dans un grand club européen comme l’AC Milan, je ne sais pas s’il y avait un contact avec. Tu aurais pu essayer de tenter ça en Europe pour après, à 31 ou 32 ans, partir vivre au Mexique et tu ne l’as pas fait. Parce que tu avais besoin de mettre l’Europe un peu loin de toi, c’est ça?

Il y a eu plusieurs choses dans ma réflexion. La première chose, c’est que oui, j’ai discuté avec des grands clubs européens, notamment l’AC Milan, avec qui je devais signer à la base. J’ai discuté avec Maldini, on a échangé et ça devait avancer. Sauf que malheureusement ça ne s’est pas fait. Il m’avait fait une proposition au mois de janvier ensuite j’ai fait une contre-proposition et on a perdu du temps et je n’ai plus eu de nouvelle. J’ai discuté avec Naples, j’ai discuté avec Berta, le directeur sportif de l’Atlético de Madrid, avec Lyon aussi et Juninho. Lyon ce n’était pas possible dans le sens où même si c’est un grand club que je respecte et que j’adore le président Aulas, mais de par la rivalité et mon parcours avec l’OM, c’était impossible pour moi... Mais tu vois tous les clubs comme Naples, AC Milan et Atlético, ce sont des clubs avec qui j’ai discuté, qui étaient intéressés mais qui me demandaient de patienter. Un autre point important dans ma réflexion, c’est que quand j’étais petit, j’avais plusieurs rêves. Le premier c’était de jouer à l’OM en France. En Italie, mon rêve c’était de jouer à l’AC Milan et en Espagne, mon rêve était de jouer au Real Madrid. Pour moi, c’est important quand tu joues au foot de jouer pour un club qui te passionne.

Pourquoi tu n’as pas tout fait pour aller à Milan alors?

Ils m’ont fait une proposition au mois de janvier et j’ai fait une contre-proposition. Milan à ce moment-là ne savait pas s’ils allaient jouer la Ligue des champions et ils avaient Calhanoglu et Donnarumma qui arrivaient en fin de contrat et ils ne connaissaient pas leur budget pour la saison suivante. Donc en fait ils me demandaient de patienter et à un moment donné j’en ai eu marre de patienter, les Tigres m’ont offert un projet ambitieux, ils étaient à fond, ils voulaient absolument me recruter. Comme je l’ai dit, des fois il y a des maillots, je ne sais pas si tu as ressenti ça Jérôme, avec lequel tu ressens un truc. Et j’ai toujours eu ce truc là avec les Tigres et j’ai dit “feu, j’y vais”.

C’est vrai que tu as apporté beaucoup de choses à Marseille mais par contre au niveau européen, il y a eu des déceptions. J’en avais marre d’entendre “oui mais Flo Thauvin c’est un bon joueur de Ligue 1 mais en Coupe d’Europe, ce n’est pas la peine, il ne passera pas le cap.” Tu ne pourras pas leur faire fermer leur g***** à ces gens-là, et ça c’est le seul truc qui me peine. Merci de ta franchise d’avoir répondu sur ce choix.

Je ne t’en veux pas du tout. Chacun a le droit d’avoir son avis. Dans la vie, c’est hyper personnel, chacun fait ses choix en fonction de ce qu’il veut pour sa famille et moi c’est ce dont j’avais besoin à ce moment-là et c’est pour ça que j’ai fait ce choix. Concernant ces gens à qui, comme tu dis, je n’ai pas pu leur faire fermer leur bouche, moi je suis très fier de mon parcours et tu sais très bien que tu ne fais jamais l'unanimité, donc je ne vis pas pour les gens, moi je vis ma propre vie et cherche mon bonheur. C’est ce que j’ai trouvé ici.

Comment tu sais que les Tigres c’est un club familial, que tu vas t’y retrouver ? C’est André-Pierre Gignac qui te raconte tout ça ?

J’ai longuement échangé avec André-Pierre Gignac pendant trois semaines, un mois, tous les jours au téléphone ensemble. J’ai longuement échangé avec le club et j’ai regardé son documentaire Intérieur Sport où tu vois la scène du quotidien et je n’ai pas eu de surprise à ce niveau-là. Avant même que j’arrive, j’ai reçu je ne sais combien de messages de l’équipe qui attendait que j’arrive. Et je ne les connaissais pas les mecs, et Jérôme tu sais que quand tu arrives dans un club, les seuls qui t’envoient un message quand tu arrives, c’est les mecs que tu connais, avec qui tu as joué par le passé. Des mecs que tu ne connais pas, ça n’existe pas.

C’est un peu de la faute du président Eyraud la fin de ton aventure à Marseille?

Oui et non. C’est lui qui était président du club quand il me restait un an de contrat. J’ai longuement poussé pour une prolongation, le président il n'avançait pas sur ce sujet. Je pense que l’erreur qui a été commise quand je sortais de mes très bonnes saisons, quand je sortais de la Coupe du monde, le président demandait 80 millions d’euros pour moi et c’était beaucoup trop. Je ne lui en veux pas, il a essayé de gérer de la meilleure façon possible. Ce que je trouve dommage, c’est que je sois parti libre alors que cette année il y a la Roma qui était prête à mettre 40 millions d’euros et je pense qu’à l’époque c’était une belle somme d’argent pour moi.

Si le président Eyraud s’y était pris autrement, tu aurais pu prolonger ton contrat ou alors tu étais à la fin de l'histoire avec ce que tu nous as raconté, avec tes moments de doutes?

Les choses se sont mal déroulées parce que je fais une super saison, l’année d’après je me blesse, je suis blessé un an et quand je reviens il me reste un an de contrat et en fait j’attendais de la part du club du soutien à ce moment-là, avec ce que j’avais fait à l’OM, ils savaient ce que je pouvais apporter sur le terrain. Je pense que quand je me suis blessé, c’était le moment de s'asseoir et de repartir sur un nouveau contrat et qu’ils m’accordent leur confiance et qu’on reparte ensemble main dans la main. Là ils m’ont laissé seuls, ils m’ont laissé gamberger. Pour que les gens le sachent aussi, j’ai pris un kiné qui venait tous les jours pour que je travaille chez moi à ma charge. Le club n’a pas voulu me rembourser, tout ça, ça a été à mes frais. Je m’en fous mais je pense qu’un joueur si tu le considères dans ton club, il faut l'accompagner dans les bons mais aussi les mauvais moments. Et ce n’est pas ce qui a été fait à ce moment-là.

J’ai connu ça au PSG, ces vestiaires où il y a une grosse concurrence, une forte rivalité, ça créé des tensions à un moment. C’est sûr que ça devait être pénible à vivre pour toi.

Ça fait partie du jeu et du sport collectif de haut niveau mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps et moi à l’OM ça a duré trop longtemps.

Tu peux parler de cette adaptation particulière, du travail qu’il faut faire pour jouer au Mexique?

Ce sont des championnats compliqués parce que les sud-américains, ils jouent avec la grinta, ils ne lâchent rien et en plus de ça tu as à côté du sportif l’adaptation qui est compliquée. Comme l’a expliqué la dernière fois Dédé, et je le remercie pour ses compliments et ce qu’il fait au quotidien pour moi parce qu'heureusement qu’il est là, tu as des choses qui sont compliquées. La première chose c’est quand tu vas jouer un match en altitude. Tu peux te retrouver à jouer des matchs à l'extérieur à 1.500, 2.000 ou 2.500 mètres d’altitude. Pour les gens qui ne s'en rendent pas compte, c'est quelque chose qui est énorme. Tu arrives vite à un moment où tu ne peux plus respirer. Répéter les efforts en altitude c’est très compliqué, donc c’est quelque chose à prendre en compte qui demande une adaptation. Ensuite tu ajoutes à ça les déplacements où tu vas jouer avec un taux d'humidité de 80 à 90%, c’est énorme. Donc quand tu ajoutes ça plus la chaleur... Par exemple, hier on est allés jouer un match amical à San Antonio, on a joué contre Doria, qui était à l’OM, on a joué à 19h30, il faisait encore 38 degrés. Toute ces choses-là sont à prendre en considération et toutes ces choses pas simples font que le championnat n’est pas simple comme les gens peuvent le penser.

Est-ce qu'avec ce choix tu as fait une croix sur l’équipe de France?

Non je ne pense pas avoir fait une croix sur l’équipe de France. La preuve en est que ça n’a pas empêché Dédé de participer à l’Euro en 2016 tout en étant aux Tigres. Après je sais que c’est un peu plus compliqué quand tu ne joues pas en Europe mais Didier Deschamps me connaît, j’ai été pendant trois années en équipe de France à faire tous les rassemblements, le coach sait de quoi je suis capable. À partir du moment où moi je suis performant dans mon club, le coach sait ce que je suis capable ou non d'apporter au groupe donc je ne pense pas que sur ce point-là j’ai fait une croix sur l’équipe de France.

On ne t’as pas eu sur RMC depuis ton titre de champion du monde même s’il faut se replonger il y a quatre ans, je pense que tu ne l'oublies pas en ce moment. Tu peux expliquer l'intensité, les émotions, l'adrénaline…

Ça été quelque chose d’extraordinaire, pour moi le plus beau moment de ma carrière parce que je fais une super saison cette année-là avec l’OM, ce qui me permet de conforter ma place avec le groupe France même si j’ai eu très peu de temps de jeu mais ça a été une aventure extraordinaire tant sur le plan sportif, parce que c’était l’aboutissement de toute une carrière, que humain parce que c’est vivre deux mois ensemble au quotidien et on avait un groupe qui s’entendait à merveille, c’était une vraie famille. Je ne sais pas comment expliquer mais quand tu joues une compétition, tu es dans ta bulle et tu ne te rends pas compte de l'engouement en France parce que premièrement t’es à l’étranger et deuxièmement tu vas à l’entrainement et tu vas à l’hôtel donc t’es vraiment dans ta bulle. Je pense qu’on a réalisé quand on a soulevé la Coupe parce qu’on a tous eu les larmes mais quand on a vraiment réalisé l’impact que ça avait eu et ce qu’on avait fait, c’est le moment où on a mis le pied sur le territoire français. Les gens étaient partout pour nous accueillir et je pense que ce qui nous a vraiment touchés, au-delà du fait d’avoir personnellement soulevé le plus beau trophée d’une carrière, c’est donner du bonheur aux gens. Les gens étaient heureux, les gens étaient ensemble, étaient soudés faisait la fête et ça c'est une fierté d’avoir pu donner autant de bonheur aux supporters français.

Quand tu touches le Graal à 26 ans, le début de ta dépression à l’OM, est-ce que ça a facilité ton choix d’aller au Tigres pour aller kiffer?

En grande partie parce qu’à partir du moment où j’ai eu l’occasion de réaliser mon rêve de jouer à l’OM et le second de devenir champion du monde, tu te dis oui c’est le moment d’aller kiffer, d’aller prendre du plaisir et profiter de sa passion parce que les années passent vite. Je ne sais pas si tu te rends compte Jérôme, aujourd’hui j’ai 29 ans, on a joué ensemble à Bastia il y a 11 ans. J’ai l’impression que c’était hier mais ça fait 11 ans. Je vais te dire une chose. On parle souvent de nous les sportifs, de notre carrière, de nos objectifs mais on l’oublie souvent : derrière chaque homme il y a une famille. Entre-temps, il y a eu l'arrivée de mon fils et pour moi il y a une chose qui est importante c’est faire une belle carrière, être heureux sportivement mais ma vie de famille est tout aussi importante donc c’est un choix qu’on a fait tous ensemble. Ce que les gens oublient, c'est qu'une carrière ça dure 15 ans. Quinze ans de sa vie mais après il reste combien de temps à vivre ? Cette décision familiale fait aussi partie de la réflexion.

Lionel Charbonnier estime qu’il n’est pas champion du monde parce qu’il n’a pas joué un match. Est-ce que toi tu te sens champion du monde pleinement? Je dis ça parce que tu as eu peu de temps de jeu mais tout le monde vit les choses différemment.

Je me sens champion du monde à 100% pour la simple et bonne raison qu'être champion du monde, faire partie d’un groupe, ce n’est pas seulement faire partie de la compétition c’est un travail de plusieurs années. Avant d’être champion du monde, j’ai intégré le groupe France un an avant et j’ai pris part à tous les rassemblements et il faut savoir que l’année où on est champion du monde, c’est l’année la plus aboutie à l’OM, je fais 26 buts et 18 passes décisives donc je faisais partie des joueurs les plus décisifs en Europe. Après quand tu arrives en EDF, il y a des joueurs qui sont plus ou moins forts, à ce moment-là ce n’était pas possible d’avoir plus de temps de jeu parce que je n’ai pas honte de le dire : il y avait plus fort que moi à ce moment-là. Mais je n’ai pas volé ma place dans le groupe France et je pense que je l’ai amplement mérité. Au-delà d’avoir fait tout ce qui était possible pour moi pour être dans le groupe, il y a ce quotidien auquel j’ai pris part. On parle souvent des 11 joueurs, ou des 13 ou 14 joueurs. C’est bien mais il y a aussi ceux qui font partie du groupe, qui participent aux entrainements, qui se donnent à 100% et qui sont toujours là dans le bon état d’esprit pour pousser les autres et ça ne faut pas l’oublier parce qu’une Coupe du monde ça se gagne à 23, pas à 11.

Ça dépend aussi de qui jouait à ton poste. Moi c’était Kylian (Mbappé) qui jouait à droite. J’ai eu des conversations avec Kylian parce qu’on a toujours été super potes, d’ailleurs ça m’a souvent fait défaut à l’OM avec les supporters, mais nous on jouait au même poste mais on était super potes, je lui disais je serai toujours là pour toi, j’irai toujours dans ton sens pour la simple et bonne raison que je sais que tu peux apporter plus que moi sur le terrain. C’est ça aussi un bon coéquipier.

Est-ce que tu arrives à suivre les matchs de Marseille cette saison?

Je regarde tous les matchs de Marseille et les belles affiches de Ligue 1. J’ai trouvé que c'était une belle saison, un beau championnat. J’ai adoré la saison de l’OM. Il y a eu des périodes plus compliquées mais je salue le travail de Sampaoli, des joueurs et de Longoria parce que même si je n’avais pas de doute à l’époque, ils ont réalisé une grande saison, ils ont été deuxièmes tout au long de la saison et je suis très content pour le club.

Est-ce que tu suis l’actualité du club, le départ des joueurs pour anticiper l’année prochaine parce que tu l’as vécu aussi. A Marseille, quand il y a la Ligue des champions, il y a une ambiance particulière, les gens ont envie de rêver et là ils se sont affaiblis. Qu’est-ce que tu en penses?

Ça a souvent été le problème de ces dernières années, notamment de l’OM. Les clubs mettent tout en place pour se qualifier en Ligue des champions pour essayer de rentrer dans le budget, la saison d’après c’est souvent compliqué pour se renforcer. Je ne sais pas trop comment le club va gérer les choses.

Est-ce que ça passe par le recrutement de joueurs d’expérience?

Bien évidemment, après le problème d’un club de l’OM c’est qu’une année il est en Ligue des champions, deux ans après il l’est plus. Ce sont des projets qui se font sur le long terme donc bien évidemment qu’il faut des joueurs d’expérience parce qu’il y a peu de joueurs qui ont des matchs en Ligue des champions dans l’effectif de l’OM. Bien évidemment ils ont besoin d’expérience pour aller chercher les points, sinon ils reproduiront ce que nous on a fait les années précédentes. Ça passe par l’expérience.

Après le Mexique, c’est possible de revenir en France et peut-être à l’OM?

Honnêtement, je n’ai pas de plan de carrière. Là j’ai un contrat qui m’emmène jusqu’à mes 33 ans mais je pense que je ferai au feeling année après année selon comment je me sens. Pour le moment, je suis super heureux ici au Mexique. Dans ma tête, l’idée c’est de rester le plus longtemps possible ici et de reproduire ce qu’a fait André-Pierre. Après bien évidemment, un retour en France, s’il y a une belle opportunité, que ça m'intéresse, que je vois les choses bien, pourquoi pas. Mais pour le moment, ce n’est pas ce que j’ai en tête.

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