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Les trois défis de l'Allemagne durant la trêve internationale

Il y a quelques mois encore, elle était gonflée de certitudes, voire d’arrogance, et avait l’image d’une machine à victoires. Mais ça, c’était avant. Au sortir d’une année 2018 catastrophique, l’Allemagne aborde dès mercredi, face à la Serbie (amical, 20h45), la trêve internationale avec une énorme pression. Et des défis à relever.

Se rassurer après le cuisant échec du Mondial

Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et à la fin, ce n’est plus l’Allemagne qui gagne. Habitués à tutoyer les sommets, les aigles sont tombés de très haut, l’été dernier en Russie, quand ils ont pris la porte du Mondial dès le premier tour, en finissant derniers d’une poule où se trouvaient la Suède, le Mexique, et la Corée du Sud. Un échec historique – les Allemands étaient toujours sortis de leur groupe et avaient vu au moins les demi-finales des quatre dernières éditions – qui a logiquement déclenché une pluie de critiques sur les joueurs et le sélectionneur Joachim Löw.

Mais alors que beaucoup s’attendaient à le voir prendre la porte, le technicien a assuré vouloir aller au bout de son contrat (2022) et être en mesure de redresser la barre. S’il a été conforté dans ses fonctions par la fédération, cela ne l’empêche pas d’être attendu au tournant par les observateurs et les supporters, qui ne lui pardonneront pas un nouvel échec en éliminatoires. Ni à lui, ni à certains cadres comme le portier Manuel Neuer, bien loin du niveau qu’il pouvait afficher lors du sacre de 2014.

Se venger des Pays-Bas

Depuis la Coupe du monde, l’Allemagne a déjà eu une occasion de se ressaisir, avec la première édition de la Ligue des nations de l’UEFA à l’automne dernier. Problème: là encore, Toni Kroos et ses copains ont fini derniers de leur groupe avec deux petits points en quatre matchs, surpassés par les champions du monde français… et par les Pays-Bas. Des Pays-Bas qui ne s’étaient même pas qualifiés pour le dernier Euro ni le dernier Mondial, et qui ont tout de même infligé un lourd 3-0 à la Nationalmannschaft à domicile avant de venir arracher le nul (2-2) à Gelsenkirchen lors de la dernière journée.

Hasard du calendrier, le tirage au sort des éliminatoires de l’Euro 2020 a encore placé les deux voisins dans la même poule (avec l’Irlande du Nord, l’Estonie et la Biélorussie). Après un match amical contre la Serbie, mercredi soir (20h45), les Allemands se déplaceront en Hollande dès dimanche (20h45) pour une rencontre qui pourrait décider de la première place. Cette fois, il ne faudra pas trembler.

Montrer qu’elle peut réussir sans Müller, Boateng et les trentenaires

Après la crise de résultats, la crise de nerfs. Début mars, Joachim Löw a frappé un grand coup en annonçant qu’il ne ferait plus appel à Thomas Müller (29 ans), Mats Hummels (30 ans) et Jérôme Boateng (30 ans), afin de "donner un nouveau visage à l’équipe" et de l’espace aux plus jeunes "pour s’épanouir complètement". Un coup de balai surprenant, qui a valu au patron de la sélection des attaques de la part des trois joueurs du Bayern – Müller, 100 sélections, a évoqué un manque de considération – mais aussi du président de la fédération. "Je pense qu’il aurait été sage d’exprimer personnellement sa reconnaissance aux joueurs lors d’une conférence de presse", a ainsi déclaré Reinhard Grindel, pointant plus la forme que le fond.

Dans la foulée, Löw a convoqué un groupe rajeuni, avec trois petits nouveaux: le milieu de terrain Maximilian Eggestein (22 ans, Werder Brême), et les défenseurs Niklas Stark (23 ans, Hertha) et Lukas Klostermann (22 ans, Leipzig). Ces derniers, comme Julian Brandt (22 ans, Bayer Leverkusen) ou Timo Werner (23 ans, Leipzig) devront montrer assez rapidement que la nouvelle génération est capable de reprendre le flambeau. Sous peine de voir planer, encore et encore, l'ombre des anciens…

Clément Chaillou