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Aulas : "Le PSG porte le football français au plus haut niveau"

Nasser Al-Khelaïfi et Jean-Michel Aulas

Nasser Al-Khelaïfi et Jean-Michel Aulas - AFP

Présent ce mercredi à Paris pour la publication des comptes de l’Olympique Lyonnais, dans le rouge pour la cinquième année consécutive, Jean-Michel Aulas a fait le point sur la situation économique de son club. Le président de l’OL est aussi revenu sur son soutien apporté à Nasser Al-Khelaïfi, son homologue du PSG, ce lundi lors d’une réunion de travail sur le fair-play financier.

Jean-Michel Aulas, pourquoi l’OL perd encore de l’argent cette année ?

Il y a deux raisons majeures. La première est externe : nous avons 6,5 millions d’euros de la taxe à 75% qui vient grever le budget, alors qu’elle n’était pas prévue au moment de l’élaboration de ce budget. Et puis, nous avons 20 millions d’euros qui sont plutôt du décalage. Nous avions prévu un certain nombre de ventes. En début d’année, Bafétimbi Gomis et Jimmy Briand devaient partir et ça n’a pas pu se faire, n’y revenons pas. Nous avions prévu à la fin de l’exercice le départ de deux joueurs qui étaient demandeurs, ça ne s’est pas fait non plus. L’un, Clément Grenier, a été blessé avec l’équipe de France. L’autre n’a pas trouvé de solution. Ce sont des pertes pour ce qui concerne la taxe à 75%. Pour le reste, si on est optimiste, on peut considérer que c’est un report. L’OL marche plutôt bien sur le plan sportif donc la valorisation de ses joueurs reste totale.

Allez-vous avoir recours au naming pour votre futur stade ?

C’est prévu depuis le début. Tous les stades en propriété des clubs ont un namer, que ce soit en Angleterre, au Danemark, en Suède et en Allemagne. Le namer fait partie du plan de financement d’un grand stade et évidemment qu’il y aura un namer à Lyon. On discute avec un certain nombre de grandes marques mais c’est prématuré d’en dire beaucoup plus.

Pourquoi avez-vous soutenu Nasser Al-Khelaïfi en début de semaine, lors d’une réunion de travail sur le fair-play financier ?

J’ai beaucoup d’admiration pour ce qui est fait, en tant qu’investisseurs, de la part des Qataris. Tout ce qui est fait au PSG porte le football français au plus haut niveau. Ce n’est pas une vue de l’esprit. Un certain nombre de clubs comme le PSG ou Monaco, peut-être de manière moins constante, font des efforts considérables pour donner une visibilité à la L1. J’ai développé un certain nombre d’arguments qui permettaient de montrer que ce qui était fait en France n’était pas toujours très facile à intégrer dans une régulation européenne. La taxe à 75%, il n’y a qu’en France qu’on a ça. Les charges patronales sont trois à quatre fois supérieures à celles de nos concurrents européens. On doit imaginer que s’il y a un retraitement pour éliminer un certain nombre de ressources, il doit y avoir aussi des retraitements pour éliminer un certain nombre de charges et donner aux clubs français la possibilité d’être compétitifs avec leurs concurrents européens. On a intérêt à avoir des clubs forts comme le PSG, à éviter un certain nombre d’injustices. C’est pour ça que j’ai pris la parole et que j’ai soutenu les efforts du PSG. Je ne l’ai pas fait à titre individuel mais en mon âme et conscience et parce que soutenir le PSG dans sa démarche au fair-play financier, c’est soutenir le football français et l’indice UEFA pour tous les clubs français.

« Je ne peux pas contredire Rummenigge »

Que peut faire l’UEFA pour permettre aux clubs français d’être sur un pied d’égalité avec ses concurrents européens ?

L’UEFA peut trouver un certain nombre de facteurs d’adaptation ou d’interprétation des charges et faire en sorte que, quand il y a une évolution favorable, on puisse imaginer que les clubs ne soient plus sanctionnés financièrement comme c’est le cas. La sanction financière est d’autant plus terrible que les clubs sont déjà souvent surendettés. Il y aussi la sanction de la performance, de ne pas avoir tous les joueurs que l’on souhaite avoir. Dans le cadre du PSG, qui a les moyens de les acquérir, c’est un peu frustrant de ne pas pouvoir, au sens du règlement européen économique, investir ce que l’on peut quand on en a les moyens.

Comprenez-vous aussi la position de Karl-Heinz Rummenigge, le président du Bayern Munich, qui s’oppose à ces clubs aux fonds indéfinis ?

Rummenigge est mon président à l’ECA (European Club Association, ndlr), qui regroupe une dizaine de présidents. Moi, je suis en charge du fair-play financier. Evidemment, je ne peux pas contredire ce qu’il dit. Maintenant, c’est vrai aussi qu’il bénéficie dans son infrastructure allemande qui est rôdée, d’une situation qui peut apparaître aux yeux de ceux qui veulent progresser et le rattraper, comme une position un peu difficile et exclusive et qui n’est pas étrangère à préserver un certain nombre d’intérêts qui existent aujourd’hui, avec un fair-play financier qui pénalise ceux qui veulent arriver.

la rédaction avec NJ