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Aulas : "Les supporters de Saint-Etienne se tirent une balle dans le pied"

Jean-Michel Aulas

Jean-Michel Aulas - AFP

EXCLU RMC SPORT. Très présent sur les réseaux sociaux, où il n’hésite pas à répondre librement aux twittos qui l’interpellent, Jean-Michel Aulas s’est fendu de plusieurs piques envers le rival stéphanois ces derniers temps. Mais le président de l’OL le jure, ses commentaires ne sont jamais destinés à offenser, même lorsqu’il qualifie Geoffroy-Guichard de poubelle, comme mardi soir.

Jean-Michel Aulas, pourquoi avoir comparé le stade Geoffroy-Guichard à une poubelle dans un tweet mardi soir ?

Ce n’était pas pour chambrer les Stéphanois. Mais je suis attentif à tout ce qu’il se passe et je commente l’actualité. Hier (mardi), quand on voit ce qu’il s’est passé sur le plan des jets de projectiles sur l’arbitre (lors du quart de finale de Coupe de la Ligue perdu 1-0 par Saint-Etienne contre le PSG, ndlr), on se pose des questions. On disait que Geoffroy-Guichard était un chaudron doré et j’ai trouvé que ce qu’il s’était passé était un peu dommage.

Vous dites commenter l’actualité mais vous adressez surtout des piques à Saint-Etienne...

Non, je joue simplement mon rôle, qui est celui de dirigeant d’un grand club européen depuis 28 ans. Quand je vois un certain nombre de choses contraires à l’esprit du football, je le dis. Dimanche après-midi (lors de Lyon-Toulouse), j’ai accueilli dans la tribune officielle Christophe Galtier, qui venait superviser notre équipe. C’est un homme du football, qui réussit et fait tout ce qu’il faut pour amener Saint-Etienne au plus haut niveau. Je trouve qu’il a beaucoup mérite parce qu’il a une très bonne équipe mais les supporters de Saint-Etienne, en ce moment, se tirent une balle dans le pied en aspergeant l’arbitre de projectiles. Et Monsieur Ennjimi a eu beaucoup de mérite à revenir sur le terrain.

Comment expliquez-vous que, dans le monde du foot, on n’accepte pas les commentaires des acteurs ?

Quand RMC ou Le Parisien me demandent d’intervenir, j’interviens. Je n’ai jamais fermé aucune participation aux gens qui veulent parler du football. J’accepte qu’on puisse m’insulter sur Twitter sans venir me plaindre. Ceci étant, je réponds parfois des choses pertinentes et ça fait rire tout le monde.

« Je suis malheureux pour Cohade »

Regrettez-vous d’avoir utilisé le terme poubelle ?

J’ai utilisé ce terme à son sens premier et non au second degré. La pelouse était couverte de briquets, de projectiles : il y avait tout ce qu’on trouve habituellement dans une poubelle.

Réagissez-vous par rapport à Saint-Etienne parce que vous n’avez pas digéré votre défaite 3-0 là-bas en novembre dernier ?

Vous parlez comme un supporter de base. Les gens qui aiment le football comprennent ce que j’évoque. Je le fais toujours avec un sourire qui permet à tout le monde de s’exprimer. Twitter a l’avantage de permettre à chacun d’être en ligne directe avec des gens qui ont des responsabilités comme moi. Les supporters auxquels je renvoie un tweet sont tout à fait valorisés, même s’ils râlent après. Twitter est un élément d’échange et pas de frustration.

Pourquoi avoir retweeté ce mercredi un message sur la blessure de Renaud Cohade ?

C’est un ancien Lyonnais et je suis malheureux pour Cohade parce qu’il fait une très bonne saison. Maintenant, ça ne vous aura pas échappé que Yoann Gourcuff a été blessé quatre mois par un tacle un peu identique à celui qu’a subi Cohade. Tout joueur, qu’il soit de Saint-Etienne, de Lyon ou de l’OM, me fait de la peine quand il se blesse. Je l’ai retweeté parce que c’est un handicap formidable (sic) pour sa fin de saison.

« Le parcours de Saint-Etienne est magnifique »

Il y a deux jours, dans Le Parisien, vous disiez que vous regrettiez que le président de l’OM n’aille pas dans le vestiaire de son équipe. Il vous a répondu qu’il y a allait, même quand il y a avait des penaltys non sifflés lors de matches contre l’OL. Avez-vous encore une réponse à lui faire ?

Je ne vais pas répondre. J’aime beaucoup Vincent et j’ai été le premier à m’offusquer du traitement qui lui avait été imposé par les services de police judiciaire (un placement en garde à vue dans le cadre de transferts à l’OM, ndlr). C’est déjà très difficile d’être président de club, si en plus on vous accuse à tort… Je l’ai soutenu publiquement et de manière personnelle parce que j’apprécie Vincent Labrune. On m’a demandé ce que je pensais des défaites de Paris et Marseille et, contrairement à ce qu’on me reproche parfois, je leur ai trouvé des excuses. Et j’ai ajouté que je regrettais que Vincent ne vienne plus dans les vestiaires à Lyon. Voilà, je suis peut-être un peu romantique mais il faut me connaître. Il n’y avait pas du tout de chambrage mais une simple analyse factuelle.

Pour revenir au sportif, allez-vous tenter de garder tous vos joueurs pour l’entrée dans le nouveau stade la saison prochaine, notamment Lacazette et Fekir ?

Je vais tout faire pour y arriver. Et quand j’essaie de faire quelque chose, j’y arrive assez souvent. Parfois, la réalité nous rattrape plus vite qu’on ne le souhaiterait. Mais là, ça vaut vraiment le coup. Ça fait dix ans que j’ai lancé cette construction de stade magnifique. C’est du lourd, comme l’académie. Dimanche, il y avait huit joueurs formés à Lyon sur la pelouse et un état d’esprit magnifique. Il faut essayer d’amener cette équipe le plus haut possible.

Pensez-vous au titre dès cette saison ?

Ça dépend des autres. On va faire notre bonhomme de chemin. On ne peut pas faire mieux que ce qu’on a fait ces derniers temps puisqu’on est revenu de la 17e place à la première, même s’il y a eu des petits accidents de parcours. Mais le parcours de Saint-Etienne (3e à 3 points de l’OL) est aussi magnifique. Et là, je ne suis pas en train de chambrer.

la rédaction avec Luis Attaque