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Aulas : « Pour le moment, Benzema est lyonnais »

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L’avenir de Karim Benzema, l’affaire John Mensah, le match à venir contre le FC Barcelone. Tour d’horizon avec Jean-Michel Aulas, président de l’OL.

Jean-Michel Aulas, dans le journal « Le Progrès », Karim Benzema affirme qu’il décidera de son avenir après le match contre Barcelone. Que pensez-vous de ces déclarations ?
L’année dernière, il a signé un formidable contrat jusqu’en 2014. Aujourd’hui, personne n’imagine qu’il restera à l’OL jusqu’à cette date. Mais tout est possible. Il peut évidemment y avoir des offres, mais il vaut mieux faire envie que pitié. On s’est toujours très bien entendu avec Karim, son père et son agent. Si vous lisez attentivement ce qu’il dit, vous verrez qu’il y a beaucoup d’ambitions. J’aime beaucoup cela et je trouve très sympathique que Karim ait fait de telles déclarations.

Suscite-t-il toujours les mêmes convoitises ?
En début de saison, nous avons eu des approches d’un club anglais, nouveau venu parmi les grands opérateurs du marché des transferts. L’offre était gigantesque, mais le conseil d’administration n’a pas bougé. Barcelone, Madrid et Manchester s’intéressent également à lui. Pour le moment, il est lyonnais. C’est un garçon très sympathique et le meilleur ambassadeur de l’OL dans le monde.

Comment appréhendez-vous le match contre Barcelone ?
Il s’agit a priori d’un match facile pour le Barça. Sur le papier, c’est probablement le meilleur club du monde. J’en confiance en Claude Puel et en son groupe. Il est parfois plus facile d’être challenger. Personne ne viendra nous reprocher une élimination. Mais si on se qualifie, ça donnera à Lyon et à la France une dimension formidable. Tout ce que nous construisons depuis 20 ans nous sert à gagner ce type de matches.

Convoitez-vous des joueurs de Barcelone ?
Eric Abidal rêve de revenir à Lyon. Il l’avait dit en début de saison. Samuel Eto’o aurait pu venir. On n’a pas pu conclure cette opération cet été, mais on était très proche d’un accord. Le statut du Barça est tel, qu’on n’a pas la capacité financière de faire venir ces joueurs. On peut rêver, mais c’est difficile dans la pratique.

Comment va John Mensah ?
Il est très perturbé par ce qui s’est passé. Il ne va pas bien, mais il est en progression. Tout le club l’entoure de l’affection et de la considération auxquelles il a droit. John est un grand joueur. J’espère que les choses vont s’améliorer. Sur le moment, on a fait ce qu’il fallait. De ce côté-là, John a pu sentir un soutien total.

Après le match, Claude Puel avait regretté que Mensah ne surmonte pas mieux cette épreuve. Partagez-vous ce point de vue ?
Je soutiens totalement Claude Puel. Il est là pour gérer le club. On s’est reproché de ne pas avoir été voir l’arbitre pour l’informer. Il nous a dit que si on l’avait fait, il aurait essayé de raisonner le joueur et qu’il n’aurait peut-être pas sorti le premier carton. C’est sans doute ce qu’a voulu dire Claude. Avec ce type d’incident, c’est très difficile de réagir. On ne sait pas ce qui se serait passé. On a agi en notre âme et conscience.

Michel Platini souhaite réguler le football européen et il évoque pour cela un « salary cap » sur le modèle américain. Qu’en pensez-vous ?
En NBA, on est dans un circuit fermé. Si Michel Platini veut faire en sorte que nous fonctionnions en circuit fermé en Europe, l’OL va franchir des étapes extraordinaires d’un seul coup. On est probablement le club le plus apte à en tirer profit de manière rapide. Il y a sûrement à discuter. Mais sur le principe, j’ai trouvé sa déclaration très intéressante.

La rédaction - Clément Zampa