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Cissé : "Je ne fais que mon métier, qui est le plus beau du monde"

Djibril Cissé, l'attaquant de Bastia

Djibril Cissé, l'attaquant de Bastia - AFP

EXCLU RMC SPORT. Après son but mardi lors de la victoire de Bastia contre en quarts de finale de la Coupe de la Ligue (3-1), Djibril Cissé était l’invité de Luis Attaque ce mercredi sur RMC. L’attaquant bastiais, qui souffre de la hanche, fait le maximum alors que sa fin de carrière approche.

Djibril Cissé, comment vous sentez-vous après votre but mardi contre Rennes en quarts de finale de la Coupe de la Ligue (3-1) ?

On se bat avec ce qu’on a. Pour l’instant, ça va. Ça fait du bien au groupe. Une qualif, c’est toujours bon à prendre.

Ghislain Printant, votre entraîneur, a souligné votre état d’esprit remarquable alors que vous souffrez…

Je souffre physiquement. Et aussi mentalement, de ne pas pouvoir être au top de ma forme, de ne pas pouvoir faire plus. Mais ce que je fais, je le fais à 200%. Le coach le voit au quotidien. Il me rend hommage, c’est bien. Mais en même temps, je ne fais que mon boulot. Et c’est le plus beau métier du monde.

Est-ce à cause de vos problèmes physiques que vous êtes souvent sur le banc ?

Un joueur qui ne peut pas participer à tous les entraînements, forcément, a un déficit sur les autres. Avec une grande honnêteté, le coach doit aligner une équipe compétitive. On n’est pas là pour lancer des fleurs. Le coach veut gagner donc il aligne ses joueurs. Moi, je le prends très bien. Je sais où j’en suis. Je donne ce que j’ai.

Vous êtes à la disposition du coach, au maximum…

Comme chaque joueur, chaque professionnel, devrait l’être. On est 11. Des fois, le coach a des hésitations, mais on ne peut pas jouer à 12 ou à 13. Il faut serrer les dents, donner ce qu’on a. Montrer au coach qu’on est à la hauteur et qu’on répond présent quand il fait appel à nous.

C’est un message pour les jeunes, également…

Pour moi, c’est être professionnel. On ne peut pas jouer tous les matchs. Quand on joue, il faut montrer au coach qu’il se trompe et qu’on mérite de jouer. Si on fait la gueule parce qu’on est remplaçant, forcément, on ne donnera pas son maximum. Il faut savoir faire douter son entraîneur, le mettre dans l’embarras. La meilleure réponse, c’est de tout donner et d’être le meilleur quand on rentre.

Allez-vous arrêter votre carrière en fin de saison ?

J’y pense. C’est embêtant de ne pas savoir si le lendemain, on pourra s’entraîner, être dans le groupe le week-end suivant… Ce n’est pas la vision du football que j’ai, de ma fin de carrière. Si ça continue comme ça, oui, je pense que ce sera le clap de fin. Pour l’instant, je tire un trait à la fin de la saison. Après, on ne sait jamais. Il y a des miracles, de temps en temps. On va essayer de finir sur une bonne note. (…) L’envie est là, mais des fois, le corps ne veut pas suivre. Il faut respecter ça.

Cette douleur à la hanche peut-elle être soignée ?

Non. A part les infiltrations, pour calmer un peu, on ne pourra pas soigner. C’est déjà très, très fort ce que je fais.

Quelle est la cause de cette douleur ?

C’est un peu de tout. Il y a sûrement, déjà, une petite malformation de naissance. Et après, de l’usure.

Savez-vous ce que vous ferez après votre carrière, si vous resterez dans le football ou pas ?

Non. Pour moi, je suis encore joueur. Ça me fait mal de penser à l’après. Ce serait bête de tout jeter à la poubelle. Ce serait bien de partager mon expérience avec les jeunes joueurs ou avec des coachs. Ce serait bête de fermer la porte, de mettre 15 ans de ma vie de côté.

Imaginez-vous finir votre carrière au Stade de France en remportant une Coupe ?

Si ça finit comme ça, il faut vraiment arrêter ! Si on ramène la Coupe, je serai forcé d’arrêter !