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Blanc : "Un manque de respect envers Bastia"

Laurent Blanc

Laurent Blanc - AFP

Suffisance, manque d’humilité, oubli des fondamentaux : voilà ce qu’a mis en avant Laurent Blanc pour expliquer la défaite surprenante du PSG, ce samedi à Bastia (4-2), alors que le club de la capitale avait rapidement mené 2-0.

Laurent, comment votre équipe a pu perdre ce match face à Bastia, alors qu’elle menait 2-0 après 20 minutes de jeu ?

Parce qu’elle a abandonné certaines choses, notamment dans les cinq dernières minutes de la première période, plus quelques faits de jeu qui ont donné du moral et de l’oxygène à cette équipe bastiaise. Elle n’en demandait pas tant puisqu’elle était vraiment en difficulté dans cette première période. On a oublié certaines choses fondamentales dans un match de football. Quand on tient un adversaire, il ne faut pas le lâcher, il faut vouloir lui faire très mal. Et quand vous lui avez fait très mal, il ne faut pas lui permettre de revenir. Et c’est ce qu’on a fait. On a fait une très, très grosse erreur, au niveau du jeu et de la considération de l’adversaire.

Diriez-vous que vos joueurs ont fait preuve de suffisance sur ce match ?

Je pense que dans les cinq dernières minutes de la première période, vu la facilité dans laquelle nous étions dans ce match et vu comment nous avions mis Bastia en grandes difficulté, on a à certains moments, et pour quelques joueurs, fait preuve de suffisance. On se dit que le match va être facile, qu’on va marquer encore d’autres buts et puis on ne fait pas ce qu’il faut, on perd de la concentration, on fait une erreur défensive, on remet Bastia dans le coup avec ce penalty. Après, le public se réveille et vous connaissez la suite.

Le PSG a encaissé quatre buts face à une équipe qui peine cette saison à faire trembler les filets...

Oui, on a pris quatre buts contre une équipe qui n’en marquait pas beaucoup, qui n’avait pas beaucoup d’attaquants. Si vous voyez le nombre d’occasions qu’elle se procure aujourd’hui, il n’y en a pas beaucoup non plus. Toujours est-il qu’on perd trois points, qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait. A mon avis, les trois points nous tendaient les bras.

Ce n’est pas la première fois que votre équipe se retrouve en difficulté cette saison après avoir mené au score.

Le football dure 90, 93 minutes. Ça nous est arrivé quelques fois. On mène 2-0 à Metz, on a le match en main… avec le même arbitre. Ce qui ne doit pas être un hasard non plus. On a tout en main. Et puis l’adversaire se procure une occasion ou une demi-occasion, marque un but et puis à 2-1, tout le monde se dit qu’il peut revenir. Quand on a la chance de faire le début de match qu’on a fait et ça faisait bien longtemps qu’on ne l’avait pas fait, à 2-0 avec les difficultés qu’avait Bastia, en professionnel, tu dois rentrer à la mi-temps à 2-0 et en remettre une couche de rappel en seconde période pour tuer le match. C’est là qu’on a commis une erreur. Autant notre défaite est difficile à expliquer, autant leur victoire n’est pas simple non plus à expliquer. Toujours est-il qu’ils ont pris trois points. Bravo à eux et à Ghislain (Printant, ndlr, le coach bastiais).

« Il faut arrêter avec l’état d’esprit »

Vous qui prôniez un changement d’état d’esprit de la part de votre groupe…

Il faut arrêter avec l’état d’esprit. En première partie de saison, on a eu l’état d’esprit qu’on a eu. On a pris des points et on a gagné des matches. Arrêtons de se focaliser là-dessus aussi. Il faut avoir un bon état d’esprit dans le football mais est-ce que c’est l’état d’esprit qui donne le résultat ou l’inverse ? Il y a des choses en seconde période qui ne m’ont pas plu. Quand on est dans la difficulté, il faut faire preuve d’efficacité. On l’avait fait pendant 35 minutes. On a oublié de le faire après. C’est une bonne leçon de vie. Quand on ne fait pas les choses comme on doit les faire, on est toujours puni.

On vous sent très irrité.

Ce n’est pas facile de venir gagner à Bastia. A Guingamp, ce n’est pas facile aussi. A Montpellier non plus, on l’a vu hier (référence à la défaite 2-1 de l’OM, ndlr). Il faut respecter les équipes. Je pense qu’on les a respectés 35 minutes, on a fait le match qu’il fallait faire, puis après il y a eu manque de respect envers cette équipe de Bastia.

Le PSG a de nouveau encaissé des buts sur coups de pied arrêtés, alors que cela a longtemps été un des points forts du club.

Prendre des buts, c’est déjà un souci. Prendre des buts sur coups de pied arrêtés, c’est toujours un souci. Moi, ce qui m’inquiète, c’est que nous, on n’est pas en réussite sur coups de pied arrêtés. L’année dernière, on marquait énormément sur ces phases-là. Là, il y a toujours un poteau, un gardien… il va falloir s’appliquer et j’espère qu’un jour la réussite sera au rendez-vous.

la rédaction