RMC Sport

Comment le PSG veut dépasser les 500 M€ de budget

Nasser Al-Khleaïfi et Jean-Claude Blanc

Nasser Al-Khleaïfi et Jean-Claude Blanc - AFP

Les dirigeants du PSG ont présenté devant la DNCG la restructuration de leur budget, après la décote du contrat liant le club de la capitale à QTA, qui dépend du ministère du Tourisme qatari. Malgré cette contrainte, les dirigeants parisiens ont réussi à maintenir un budget d’environ 500 millions d’euros, qui pourrait même être revu à la hausse la saison prochaine. Comment ? Explications.

Un budget maintenu malgré le fair-play financier…

En juin dernier, le PSG avait présenté à la DNCG un budget prévisionnel de 485 millions d'euros, qui comprenait le contrat le liant à Qatar Tourism Authority (QTA), d’un montant de 200 millions d’euros. Entre-temps, le fair-play financier est passé par là et a décoté ce contrat de moitié pour se conformer aux valeurs du marché, selon l'UEFA. Mais malgré cette décote et grâce au travail du club pour augmenter ses revenus, le budget devrait être maintenu entre 480 et 500 millions d'euros. C’est en tout cas ce budget restructuré que Jean-Claude Blanc, le directeur général du club, et Philippe Boindrieux, son adjoint, ont présenté ce mardi au gendarme financier du football français.

… et revu à la hausse la saison prochaine

Si le fair-play financier a contrarié les plans des dirigeants parisiens pour le moment, cela ne les empêche pas de voir grand pour l’avenir. Selon nos informations, l'objectif du PSG est de franchir la barre des 500 millions d'euros de budget au début de la saison 2015-2016, voire d’atteindre les 530 millions, pour conforter sa place dans le cercle très fermé des clubs les plus forts financièrement de la planète, derrière le Real Madrid et Manchester United. Une façon d’atteindre encore plus rapidement son objectif de gagner la Ligue des champions ? « Le football a cela de passionnant que le résultat n’est jamais garanti, rappelle Vincent Chaudel, conseiller en sport et directeur de la communication du cabinet d’experts Kurt Salmon. Le budget est une condition sine qua non, c’est une obligation. Vous ne pouvez guère être performant sans budget, mais ça ne vous garantit pas de gagner. Si le budget garantissait la victoire, le Real Madrid serait champion d’Europe tous les ans, ou quasiment. Ça n’a pas été le cas. Il a fallu un certain temps pour aller chercher la dixième Ligue des champions. »

Des ressources encore plus diversifiées

Pour arriver à contourner les contraintes imposées par le fair-play financier, le PSG a dû trouver un moyen de diversifier ses ressources. Trente-sept partenaires sont désormais liés avec le champion de France en titre. Les contrats avec Nike et Fly Emirates ont augmenté. Nivea, Pure Essentiel, le champagne Mumm, Huawei, premier fournisseur de téléphone en Chine et Aspetar, le plus grand centre médical qatari, ont fait leur arrivée en tant que sponsors. « Désormais Paris, au niveau du football, est synonyme de performance, explique Vincent Chaudel. Vous avez de grands joueurs, reconnus comme tels. Ça permet à des acteurs comme les équipementiers ou les sponsors de revaloriser significativement leur attachement au club. Et puis Beckham a réellement internationalisé la marque en faisant changer le PSG, en l’amenant de leader national à acteur international. » « Le PSG a un projet sportif et marketing très intéressant, confirme Philippe Perrin, directeur-adjoint de Huawei. Il souhaite devenir une grande marque mondiale de sport, une grande franchise. Ce projet nous a beaucoup plu et a retenu notre attention. »

Le stade, seul point noir

Si les ressources du PSG peuvent lui permettre d’assouvir ses très hautes ambitions, le club de la capitale doit toutefois faire face à un écueil de taille : son stade. Si le Parc des Princes est en train d’être rénové, sa capacité est encore limitée à 47 000 places. Bien loin du Camp Nou (98 000 places), de Bernabeu (81 000), de l’Emirates Stadium (60 000) ou de l’Allianz Arena (75 000). Et qui dit moins de places à la vente, dit moins de recettes de billetterie. « Le vrai sujet pour le PSG par rapport à ses concurrents qui sont également dans les 500 millions d’euros et plus, c’est celui de la billetterie, confirme Vincent Chaudel. Le vrai talon d’Achille c’est que ses concurrents directs évoluent dans des stades de 60 000 à 80 000 places. Le PSG est dans un bel écrin, le Parc des Princes, mais ce bel écrin fait 47 000 places. » Un projet d’agrandissement à 60 000 places est toutefois à l’étude, preuve que les dirigeants parisiens ont plus d’un tour dans leur sac.

AA avec LB, M.Bo et JS