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Coronavirus: les supporters interdits de stade... obligés de pointer malgré les huis clos

Même si les matchs de Ligue 1 et de Ligue 2 se joueront à huis clos ces prochaines semaines, les personnes sanctionnées d'une interdiction administrative de stade devront tout de même pointer dans les commissariats durant les rencontres. Ce que dénonce vivement l'Association nationale des supporters (ANS).

Alors que tous les matchs de Ligue 1 et de Ligue 2, s'ils sont maintenus, se joueront à huis clos jusqu'au 15 avril prochain, l'Association nationale des supporters (ANS) est en colère. Pas contre cette mesure de prévention en pleine épidémie de coronavirus, non, mais contre le traitement infligé aux supporters interdits de stade.

Malgré les tribunes vides, malgré l'absence de fans dans les enceintes de football, les personnes sanctionnées d'une IAS devront en effet continuer de pointer au commissariat durant les rencontres. Une décision "grotesque", pour l'ANS.

"Sollicités par des supporters actuellement interdits de stade, nous avons contacté les autorités compétentes (ministères de l’Intérieur, des Sports, de la Justice) afin de savoir s’ils restaient contraints à pointer au commissariat ou à la gendarmerie alors même que les rencontres se déroulent à huis-clos, explique l'association dans un communiqué. Nous avons reçu une réponse du ministre de l'Intérieur maintenant l'obligation de pointage pour les Interdictions administratives de stade (IAS). Et ce au prix d'une pirouette intellectuelle ridicule: il faudrait aussi empêcher les supporters concernés de se rendre aux abords du stade. Cette réponse est grotesque. Et nous pesons nos mots..."

"On ne voit pas l'intérêt pour un supporter interdit de stade d'aller se rendre inutilement aux abords d'un stade fermé"

L'ANS dénonce ensuite de nombreuses incohérences. "C'est grotesque parce qu'on ne voit pas l'intérêt pour un supporter interdit de stade d'aller se rendre inutilement aux abords d'un stade fermé", estime l'association, en rappelant par ailleurs que "le pointage n'interdit pas d'aller aux abords du stade une fois qu'on a pointé. Donc la mesure n'a aucune portée concrète."

Après des huis clos décidés pour éviter la propagation du Covid-19, l'ANS s'interroge également sur le bien-fondé du pointage d'un point de vue sanitaire. "On annonce l'appareil public potentiellement saturé à court terme, note-t-elle. Mais on prend le risque de faire circuler des supporters dans des commissariats qui brassent du monde et donc des personnes contaminées (par dogmatisme), et on paralyse l'activité de certains commissariats qui vont passer une heure à faire pointer les supporters du club local."

Aussi, l'ANS menace "de saisir les juridictions compétentes contre cette décision qui révèle que même en pleine crise sanitaire et face à des situations d'une extrême gravité, l'aveuglément dogmatique condamne à piétiner les libertés fondamentales des supporters".

CC