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Coronavirus: pourquoi on peut jouer dans un stade ouvert et pas dans toutes les salles

Après le report du match de Jeep Elite entre l'ASVEL et Monaco, mais le maintien du match de Ligue 1 entre l'OL et Saint-Etienne, à quelques kilomètres seulement, le médecin cardiologue Alain Ducardonnet explique à RMC Sport la différence entre une rencontre en salle ou en extérieur, en pleine épidémie de coronavirus.

Deux enceintes, deux mesures. Alors que l'OL recevra ce dimanche soir l'ASSE en Ligue 1, dans un Groupama Stadium garni par plus de 50.000 spectateurs, le match de Jeep Elite entre l'ASVEL et Monaco, qui devait se jouer à l'Astroballe - à sept kilomètres du Groupama - a lui été reporté après la décision gouvernementale interdisant tous les rassemblements de plus de 5.000 personnes dans des lieux confinés en raison du coronavirus.

Pourquoi une telle différence de traitement entre un match de foot et un match de basket, ou plutôt entre une rencontre en extérieur et une autre en salle? Alain Ducardonnet, médecin cardiologue et consultant santé, fait le point pour RMC Sport.

"Lorsqu’on est confiné, il est vrai que les virus peuvent rester un peu en suspension dans l’air"

"Le raisonnement du seuil des 5.000 personnes est relativement arbitraire, parce qu’on n’a pas d’étude épidémiologique qui dit: il faut procéder comme ça, explique le spécialiste en préambule. Simplement, plus il y a de monde, plus y a de brassage, et donc de personnes qui peuvent être infectées. Et lorsqu’on est confiné, il est vrai que les virus peuvent rester un peu en suspension dans l’air, même si les petites particules de postillons vont descendre assez rapidement. En revanche, dans un stade ouvert, le vent fait que ça s’en va beaucoup plus vite. En fin de compte, quand vous êtes confinés et que l’aération n’est pas extrêmement importante, vous avez plus de risques de rencontrer un virus que dans un stade ouvert. [...] Aujourd’hui, jouer à huis clos ne paraît pas légitime. Après on ne sait pas ce qu’il en sera demain, la situation évolue et le système sanitaire s'adapte."

Ducardonnet rappelle en outre que "les gestes barrières s'appliquent à tout le monde" et conseille donc aux joueurs d'éviter les poignées de main ou les "checks". Il comprend aussi les mesures de prévention prises pour les conférences de presse ou les zones mixtes d'après-match, avec une limitation du nombre de journalistes. Mais le médecin se veut rassurant quant au risque pour les athlètes.

"On observe que dans cette épidémie, 80% des personnes aujourd’hui ont des symptômes légers, voire pas de symptôme du tout, note-t-il. 15% des personnes ont des symptômes qui nécessitent une hospitalisation, et enfin il y a 4 à 5% des malades qui présentent des risques majeurs, notamment de détresse respiratoire aiguë. En médecine, quand on gère une épidémie, on essaye de cibler les personnes les plus à risques. Et les sportifs n’en font pas partie."

CC avec ML