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Courbis : "Ma non-prolongation a été le début de la fin"

EXCLU RMC SPORT – Invité de Luis Attaque ce mercredi, Rolland Courbis a expliqué les raisons qui l’ont poussé à démissionner de son poste d’entraîneur de Montpellier. Le membre de la Dream Team RMC est fatigué après deux ans à la tête du club héraultais.

Rolland, comment avez-vous mûri votre décision de démissionner ?

Je me suis reposé trois ou quatre jours. Par correction, j’ai fait savoir à Laurent (Nicollin, le président-délégué, ndlr) que, dans l’intérêt du club, c’était mieux comme ça. J’ai besoin de me reposer. J’ai passé 24 mois pénibles et pas six mois. Il y a eu une descente aux enfers stoppée, une intersaison compliquée, les inondations et malgré tout, on a terminé 7e. Il y a aussi eu des départs importants comme Cabella ou Stambouli. Il y a eu des choses compliquées qui font que c’est devenu fatigant et quand ça devient fatigant, c’est plus lassant. Pour l’intérêt du club, c’est mieux que les cinq derniers mois se fassent sans moi.

En voulez-vous à Louis Nicollin et ses déclarations dures à votre égard ?

On a passé l’âge d’être à la maternelle. J’ai été dans un club extraordinaire qui a été monté de façon familiale. J’étais très content d’y être, j’ai eu l’affection de tous les supporters. J’ai fait de mon mieux sans que tout soit parfait. Le bilan est positif. J’espère de tout cœur ne pas y retourner une troisième fois parce que j’arrive souvent dans les clubs pour réparer. Et ça voudrait dire que ça ne marche pas. Excusez-moi d’être fatigué, je suis un être humain.

Comment s’est passée la séparation avec la famille Nicollin ?

Ça s’est passé on ne peut plus amicalement. Je serai dimanche à la reprise de l’entrainement pour embrasser tout le monde, leur dire bonjour, leur souhaiter les vœux et leur dire au-revoir. Ça fait plusieurs bises mais ils en font déjà trois là-bas !

Quel est votre programme pour la suite ?

La suite, ce sera du côté du Merano. Il y a un centre où tu peux bien te reposer. D’habitude, j’y vais huit jours et là, je vais y aller 15.

Reconnaissez-vous avoir eu un différend avec votre staff médical ?

Je pense avoir une conscience professionnelle qui existe. Après pas mal d’années de réflexion, je sais ce que je sais faire et ce que je ne sais pas faire. La pire des choses, c’est quand tu es au-dessus de tes possibilités. Je n’ai pas ce défaut. Je signale à mes employeurs qu’il y a des secteurs où on pourrait faire mieux. Je ne suis pas là pour faire le professeur. Si je critique quelqu’un dans un staff médical, je ne critique pas la bonne volonté ou le bénévole, je critique celui qui se prendrait pour un chirurgien alors que c’est un infirmier ou un brancardier. Si le boss me répond, « ailleurs c’est pire », alors tant pis pour ailleurs, je passe à autre chose, c’est tout.

Quel problème pointez-vous du doigt ?

C’est quand même indispensable pour un entraîneur d’avoir des bons diagnostics. Quand tu fais tes compositions d’équipe, tu es critiqué. Si en plus, tu as des difficultés dans les choix en te demandant si les adducteurs vont tenir... Il y a eu une accumulation de choses comme des rechutes qui font que j’ai trouvé le métier d’entraîneur de plus en plus compliqué.

Regrettez-vous de ne pas avoir été prolongé ?

Attaquer une saison en étant en fin de contrat, c’est compliqué. Un an avant, j’ai éprouvé l’envie de terminer ma carrière à Montpellier. Le début de la fin a été dans cette non-prolongation. J’ai le sourire parce qu’il y a des choses beaucoup plus graves mais je n’ai vraiment pas envie de rire. Je pars avec beaucoup de tristesse. Je vais voir qui manque plus à l’autre dans les prochains mois. (…) Pour un club comme Montpellier, m’avoir comme entraîneur avec ce que j’apporte comme notoriété, publicité et notoriété, je pense que c’est très bien. Moi, je suis très heureux et fier d’avoir un président comme Louis Niollin. J’ai fait le maximum pour qu’il soit content de son équipe. Et on ne me prolonge pas. Alors, qu’on ne soit pas surpris que je veuille partir. Si Nicollin m’avait prolongé il y a trois journées ? Ça m’aurait peut-être enlevé la fatigue.

Que penseriez-vous de Pascal Baills pour vous succéder ?

C’est une très bonne idée. Il connait les joueurs de A à Z. il aura le soutien de Michel Mézy qui m’a très bien soutenu ces dernières semaines. Je pense que ça pourrait marcher. Pascal Baills est dans une position très compliquée psychologiquement, c’est qu’il est systématiquement l’adjoint de tous les entraîneurs qui passent. A un moment, le n°2 de tous les entraîneurs peut passer n°1. On l’a vu à Saint-Etienne avec Galtier. C’est aussi une superbe opération financière.