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Crise des droits TV: et maintenant, quelle suite pour ce feuilleton angoissant ?

L’appel d’offres pour les droits TV du foot français a échoué, ce lundi, laissant craindre un scénario catastrophe à l’entame d’une semaine qui pourrait être décisive pour le futur des clubs durement touchés par cette crise. Aucun diffuseur n'a formulé d'offre suffisante, même si des acteurs inattendus frappent à la porte. Un espoir demeure, donc. On fait le point.

Pas d’accord après l’appel d’offres

Après une journée interminable de délibérations au siège de la Ligue de football professionnel (LFP), le verdict cruel mais attendu est tombé. Implacable. La journée d’attribution des droits TV n’a pas abouti au résultat escompté, les offres reçues par la Ligue de football professionnel n’ayant pas atteint le prix de réserve fixé par la Ligue dans le cadre d’un processus encadré par la loi. La procédure engagée en urgence pour répondre aux craintes légitimes exprimées par les clubs qui ne perçoivent plus le montant énorme qui leur est dû, a été déclarée "infructueuse" par la LFP.

Trois candidats confirmés 

Aucun diffuseur n’a formulé d’offre suffisante aux yeux de la Ligue de football, mais l’instance a entre ses mains trois offres à partir desquelles elle entend poursuivre son travail dans la construction d’une éventuelle future relation avec l’un de ses trois acquéreurs potentiels, dont aucun n’a jamais mis les pieds en Ligue 1. Le géant du commerce en ligne Amazon, la plateforme de streaming DAZN et le groupe Discovery, maison mère d’Eurosport, qui a déjà diffusé la Ligue 2 par le passé, se sont portés acquéreurs pour la réattribution de l’essentiel des droits TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2. 

48 heures de réflexion pour la LFP 

Alors qu’un mince espoir subsistait de voir apparaître un candidat inattendu en possession d’une offre à la hauteur des attentes nourries par plusieurs mois d’angoisse, le football français a replongé dans l’incertitude. Mais tout n’est pas perdu à en croire les participants au conseil d’administration qui s’est tenu après l’étude des différentes offres. Celle d’Amazon en particulier a retenu l’attention des participants. "L’offre d’Amazon est vraiment intéressante via leur plateforme Prime vidéo. C’est la bonne surprise de la soirée", a commenté l’un d’entre eux. La LFP s’est donnée 48h "pour définir les prochaines étapes de la commercialisation de ses droits". 

L’espoir d’une discussion de gré à gré 

La consultation de marché lancée le 19 janvier par la LFP n’ayant pas convaincu le comité de pilotage, on s’achemine désormais vers des discussions de gré à gré potentiellement prometteuses avec les potentiels repreneurs de ces droits TV abandonnés par Mediapro. C’est ce qu’a laissé entendre le président de l’OL Jean-Michel Aulas, en évoquant une "situation intéressante". Tout en déclarant la fin du match pour l’appel d’offres, le coprésident de l’UNFP Philippe Piat a été plus direct: "Un nouvel appel d’offres ? Non. Ça va être probablement du gré à gré".

Canal+ et BeIN à l’écart

C’est l’un de motifs d’inquiétude persistant à l’issue de cet appel d’offres. Tandis que la LFP entend mener à bien les négociations avec les nouveaux acteurs qui ont souhaité faire irruption sur ce marché des droits TV de la Ligue 1, Canal+, le diffuseur historique, menace l’instance de poursuites judiciaires. La chaîne cryptée, qui diffuse deux matchs de Ligue 1 contre un chèque de 330 millions d’euros par an, conteste les modalités de la procédure lancée par la LFP auprès du tribunal de commerce de Paris et de l’Autorité de la concurrence. Elle estime que le lot 3 (racheté à beIN Sports via un accord de sous-licence), aurait dû être intégré à la procédure engagée en urgence.

OM-PSG sur Téléfoot ?

C’est la grande inconnue. Sur quelle chaîne sera diffusé le Classique OM-PSG, dimanche soir ? Dans le cadre d’une procédure d’attribution qui serait allée au bout, les droits auraient été rétrocédés à l’acquéreur à la date du 5 février, mais ce n’est pas le cas. Téléfoot s’est engagé à diffuser tant que cela serait nécessaire, il est donc possible que le match soit retransmis sur la chaîne du groupe Mediapro. A moins que beIN Sports, qui possède le lot 3 comprenant le match de 21h le dimanche, paye ce qu’il doit à la LFP pour diffuser le match, comme le contrat qui le lie à la LFP l’y engage. Un paiement est justement attendu vendredi de la part de... Canal+. On verra alors, si la chaîne cryptée, qui souhaitait restituer ses affiches, ira au bout de son intention en mettant son ultime menace à exécution.

QM