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Dans les coulisses de la victoire du PSG à Marseille

Marquinhos et Cavani

Marquinhos et Cavani - AFP

Il y a eu la démonstration sur le terrain, cinglante. Et toutes les petites histoires qui amènent à ce résultat. Ce 1-5 fera date dans l’histoire des relations entre les deux clubs. RMC Sport vous raconte les dessous d’une « fessée ».

« Ils étaient surmotivés, à l’hôtel, le midi, on sentait qu’ils n’avaient qu’une envie : gagner et éteindre les Marseillais ! » Les Parisiens n’ont pas pris ce Classique à la légère et ces mots d’un membre du staff parisien résument l'état d'esprit des Parisiens à l'approche du match. Toute la journée, Unai Emery a martelé son message dans des échanges collectifs et individuels avec ses joueurs. Lors de sa causerie, l’entraîneur parisien a avancé deux enjeux. Il a mis en avant la victoire de Monaco et la nécessité de ne pas perdre de vue l’ASM afin de gagner le titre. L’ancien entraîneur de Séville a ensuite insisté sur l’enjeu d’image en expliquant que le PSG se devait de gagner contre son rival historique. Il a confié à certains connaitre l’expérience des derbys, comme ceux de Séville.

Emery a aussi donné des consignes individuelles, particulièrement sur les coups de pied arrêtés. Cas d’école, la séquence du premier but parisien où Thiago Silva se démarque de Payet et où Marquinhos se défait d’Evra a été travaillée à l’entrainement et à l’aide d’exercices vidéo. Consigne particulièrement visible pendant le match et signe de l’intensité que voulaient mettre les Parisiens, Emery a aussi demandé à Verratti et Matuidi d’aller au pressing haut sur William Vainqueur et Maxime Lopez pour éviter la relance marseillaise. Consigne appliquée à la lettre.

« Anguissa met des coups, il faut y aller, hein ! »

A l’arrivée au stade, alors qu’ils auraient pu rester au vestiaire, plusieurs Parisiens ont souhaité faire un tour sur la pelouse pour montrer qu’ils n’étaient pas inquiets ou tendus face à l’ambiance du Vélodrome. Avant l’échauffement, chacun y va de sa petite motivation, même les plus jeunes ont des conseils pour les cadres. Presnel Kimpembe glisse à Matuidi : « Leur milieu à l’OM, Anguissa, met des coups, il faut y aller, hein ! »

Dans le vestiaire, on pense à tous les détails. Les bouteilles d’eau sont posées en forme de Tour Eiffel : tout doit rappeler que les Parisiens sont comme chez eux à Marseille. Juste avant le coup d’envoi, deux joueurs prennent la parole : Thiago Silva et Blaise Matuidi. Objectif mobilisation générale. Le président Nasser Al Khelaïfi était dans le vestiaire pour saluer tous les joueurs avant leur entrée sur le terrain.

« Edinson n’arrêtait pas de montrer sa main pour faire le geste de la Manita »

L’ambiance est tout autre après le match. La folie s’empare du vestiaire parisien. La musique est à fond. Serge Aurier, Presnel Kimpembe et Layvin Kurzawa mettent l’ambiance. Toutes les stars parisiennes enchainent les Dab sur « Comme Dab » de Section Pull Up. Lucas et Marquinhos enchainent les pas de danses avec Adrien Rabiot et Blaise Matuidi. « Des joueurs si introvertis d’habitude étaient en folie. Edinson n’arrêtait pas de montrer sa main pour faire le geste de la Manita » confie un proche du PSG.

Plusieurs membres du staff sont allés féliciter Javier Pastore. Auteur d’un retour étincelant, l’Argentin, qui a subi une cascade de blessures, est félicité par tout le groupe.

Nasser Al Khelaïfi entre ensuite dans le vestiaire. Il a un petit mot pour chacun et prend dans ses bras le titi parisien Adrien Rabiot avant de passer quelques secondes à toucher le crâne de Marco Verratti pour rigoler. Le président prend la parole : « Gagner contre Marseille, c’est magnifique. Gagner avec 5 buts, c’est exceptionnel. Vous allez gagner le titre. La saison est longue. Vous pouvez être fiers de vous et les supporters sont heureux grâce à vous ! »

« On est chez nous, on est chez nous ! »

Patrick Kluivert prend dans ses bras Unai Emery et lui glisse en substance « C’est ta victoire Unai, je suis impressionné ».

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Dans le vestiaire, personne n’arrête Lucas. Le Brésilien est en transe, il saute dans les bras de Draxler. On entend même certains Parisiens lâcher quelques « On est chez nous, on est chez nous ! ».

Dans l’avion du retour, tout le monde chante. Les Parisiens enchaînent les chants à la gloire du club de la capitale. Un vol qui sera très court pour tous les joueurs. A leur arrivée à Paris, les joueurs sont surpris. Ils font face à 300 supporters parisiens. Des membres du Collectif Ultras Paris, qui ont attendu jusqu’à 3h du matin. Certains joueurs sont sous le choc. C’est la première fois qu’ils assistent à ça à Paris. Les fumigènes sont de sortie. Plusieurs Parisiens décident de se rapprocher des ultras.

Blaise Matuidi entre dans la foule. Certains supporters l’embrassent. Le milieu de terrain entonne un « Ici c’est Paris ». Tous les joueurs sortent les smartphones pour filmer la scène. Lucas, Marquinhos, Trapp, Cavani, Aurier et Verratti sont aux premières loges.

« On ne s’attendait pas à ça. C’était magnifique ! »

« On a été mis au courant de la présence des supporters juste avant de prendre l’avion à Marignane. On ne s’attendait pas à cela. C’était magnifique, c’est ce que l’on voit à l’étranger dans les grands clubs. On ne voulait pas repartir du Bourget, on voulait continuer de passer du temps avec les supporters. On a senti que cette victoire tenait à cœur aux supporters. Sur le visage de certains joueurs, on a compris que c’était un moment à garder dans leur mémoire », confie un membre du PSG.

Nasser Al Khelaïfi, rentré un peu plus tôt, est lui aussi allé parler avec les supporters. Ce lundi matin, il a repris un avion direction Madrid pour défendre les intérêts du foot français à l'ECA (European club association).

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La nuit a été courte pour les joueurs, qui avaient rendez-vous à 11 heures ce lundi matin pour un léger décrassage. Sur les tables de massage, les joueurs débriefaient encore la rencontre face à l’OM. Certains avouant avoir été surpris par la faiblesse du niveau de l’OM et par le manque de répondant.

En quelques jours, les joueurs du Paris Saint Germain viennent déjà de se créer deux souvenirs mémorables, après la victoire contre le Barça. Ils ont aussi conscience qu’il ne tient qu’à eux de créer d’autres moments historiques d’ici à la fin de saison.

Mohamed Bouhafsi