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Domenech à Nantes: une nomination qui ne passe vraiment pas pour les anciens du club

Raymond Domenech s'est engagé officiellement samedi avec le FC Nantes, pour un contrat de 6 mois. Le nouvel entraîneur des Canaris aura pour mission d'éviter une relégation en Ligue 2. Mais le choix de Waldemar Kita suscite surtout la défiance des anciens du club, qui regrettent de voir l'ancien sélectionneur des Bleus arriver dans un club à l'ADN fort et perdu, selon eux, depuis de nombreuses années.

Le choix de Waldemar Kita de confier le poste d'entraîneur du FC Nantes à Raymond Domenech agite les débats. L'ancien sélectionneur des Bleus sera déjà le 15e technicien à s'asseoir sur le banc nantais depuis août 2007, début de l'ère Kita. Officialisé ce samedi avec un contrat de six mois à la clé, le pari Domenech ne suscite pas l'enthousiasme des anciens du club.

A bientôt 69 ans, qu'il fêtera en janvier prochain, Raymond Domenech sera le doyen des entraîneurs français. "C’est irrationnel ce qui est en train de se passer, s'est insurgé vendredi soir Mickaël Landreau sur Infosport, lui l'ancien capitaine du FCN. C’est le président de l’Unecatef (syndicat des entraîneurs, NDLR). Il est normalement responsable des entraîneurs, il véhicule le fait de ne pas pouvoir exercer après 65 ans et le fait que six mois de contrat, il faut faire très attention à ça car sinon c’est la magouille des présidents. Ce sont des éléments factuels aujourd'hui."

"Ça correspond tellement au personnage d’aller chercher quelqu’un de presque plus clivant", tacle Savinaud

L'arrivée de Raymond Domenech a eu pour conséquence de faire remonter à la surface cet épisode de l'été 2017, où le président de l'Unecatef mettait en garde à l'époque Waldemar Kita. Le finaliste de la Coupe du monde 2006 pointait du doigt le choix de Claudio Ranieri, qui avait dépassé la date limite de 65 ans pour entraîner déjà le FC Nantes à l'époque. "Lui est encore président de l'Unecatef et il accepte le poste, certainement pour 6 mois. Pour moi, il n'y a aucune chance que ça aille plus loin que le mois de juin, a prédit ce samedi Sébastien Piocelle, consultant RMC Sport, lui aussi formé à Nantes et qui a passé cinq saisons avec les pros entre 1996 et 2001 au sein de la Maison Jaune. J'aurais pu être surpris si Kita avait fait un bon choix, là ce n'est pas le cas. Il les enchaîne depuis le début. Mais je ne veux pas taper sur Raymond Domenech. Le vrai fautif, c'est Kita. Il n'y a aucun coach qui est Kita-compatible. Si quelqu'un doit partir, c'est lui."

Les anciens de la Beaujoire s'accordent en tout cas sur le responsable de cette situation au club. Champion de France avec le FC Nantes en 2001, Nicolas Savinaud est lui aussi monté au créneau. "Quand on connait Waldemar Kita, on se dit que c’est possible. Que tout est possible. Il nous a habitué à tellement de choses, tellement de surprises. Ça correspond tellement au personnage d’aller chercher quelqu’un de presque plus clivant que lui, a taclé sur RMC l'homme qui a porté à 315 reprises le maillot nantais. Parce que Waldemar Kita est surement très détesté sur Nantes, mais Raymond Domenech n’a pas non plus une grosse cote de popularité au niveau national."

Savinaud et Landreau en 2000
Savinaud et Landreau en 2000 © ICON

"Domenech ne représente pas l'ADN du club" estime Quint

De son côté, Waldemar Kita a lui indiqué que le choix de Raymond Domenech était "mûrement réfléchi", visant l'objectif du maintien. "Le club est dirigé par quelqu’un qui ne sait pas faire confiance à ses entraîneurs, qui n’a pas de projet sportif particulier depuis plus d’une dizaine d’années, poursuit encore Savinaud. Il existe médiatiquement grâce au FC Nantes aujourd’hui, mais malheureusement il en renvoie une image désastreuse. Les coachs compétents à mon avis ne viendront jamais à Nantes tant que sera lui le président."

Actuellement 15e de Ligue 1 après 17 journées au moment de la trêve hivernale, Nantes ne dispose que de trois points d'avance sur la zone rouge. Loin de ses ambitions de ses glorieuses années avec le "jeu à la nantaise", les Canaris vont donc devoir s'en remettre à Raymond Domenech pour ne pas retourner en Ligue 2. "C'est une énorme surprise, je pensais que c'était un coup de bluff pour faire parler du club. Il va falloir attendre qu'il puisse démontrer qu'il a encore le niveau, mais ce n'est pas du tout dans l'ADN du club, c'est ça qui est étonnant, a lancé Olivier Quint samedi sur RMC, ancien milieu du FCN aux 151 matchs professionnels avec le club. Mais cet ADN a disparu le jour où Raynald Denoueix a été limogé, ça a été le début de la fin (en décembre 2001, quelques mois après le titre de champion de France NDLR)... Depuis, ça végète. Ce qui me gêne le plus aujourd'hui, c'est que personne ne souhaite venir à Nantes. C'est étonnant et énervant à la fois. C'était un club emblématique, mais ça ne l'est plus."

GL