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Dugarry : "Il y a trop de bricolage à Bordeaux"

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Invité de Luis Attaque ce mardi sur RMC, Christophe Dugarry, l’ancien attaquant de Bordeaux, a évoqué la situation délicate du club girondin. Sans mâcher ses mots.

Un projet trop flou

« Le spectacle proposé est assez moyen. Il est temps de se poser les bonnes questions et d’apporter les bonnes réponses. Ce club doit revenir avec un vrai projet, tout simplement. Aujourd’hui, quel est le projet de ce club, quelles sont ses envies ? La direction et les actionnaires doivent dire quelque chose. Qu’est-ce qu’ils ont envie de faire ? Soit ils ont les moyens d’avoir des ambitions élevées, soit ils ne les ont pas et là il faut partir sur de la formation, avec un projet de jeunes. Mais je crois que les partenaires, les supporters, les joueurs ont besoin de savoir quelle direction va prendre ce club. Et là-dessus, on n’a aucune visibilité ».

La vente du club ?

« C’est une question qu’il faut se poser. Soit l’actionnaire garde le club, avec l’ambition et les moyens de faire quelque chose de grand, avec de nouveaux joueurs et le nouveau stade. Soit il n’a plus envie, c’est son choix pour x raisons, et il le met en vente. A un moment, il faut que ce club avance. Je suis désolé mais j’ai l’impression que c’est un petit peu du bricolage. C’est le sentiment qu’on a de l’extérieur. Moi, je sais un petit peu plus de choses de l’intérieur. Mais il y a trop de bricolage. Ce club ne peut pas continuer comme ça ».

Le choix de Sagnol

« La première chose que veut un entraîneur pour travailler dans un club, c’est un projet. Aujourd’hui, qu’est-ce que tu vas proposer à ton entraîneur ? Je ne comprends pas pourquoi on a pris Willy Sagnol. J’ai l’impression qu’on l’a pris parce que l’Olympique Lyonnais voulait le prendre. Au départ, il devait signer là-bas. Et au dernier moment, on a réussi à le piquer à l’OL. Mais on a fait venir Willy Sagnol pour quel projet ? Pour avoir un rôle de manager ou un rôle d’entraîneur-formateur ? Pourquoi on a pris Willy Sagnol ? Willy, ce n’est pas lui faire offense que de reconnaître qu’il n’a jamais entraîné, que ce n’est pas un formateur. Je crois qu’il a fait sept matchs avec l’équipe de France Espoirs. On ne peut pas le poser dans un club en lui disant : ‘‘Tu vas faire avec les moyens du bord’’ ».

Recentrer vers la formation

« Si demain matin, on veut repartir avec la formation, qu’on prenne, je n’en sais rien moi, Jean-Marc Furlan par exemple. On n’a pas les moyens. Alors on prend un entraîneur qui est dans la formation et on repart sur un projet global. Qu’on ait 20, 40 ou 100 millions d’euros de budget, peu importe ! Mais il faut s’adapter en fonction du projet. En fonction de ça, on met des personnes en place. Comment c’est possible d’avoir gardé Jérôme Bonnissel pendant six ans ? Il était responsable de la cellule de recrutement et il ne parlait pas aux trois derniers entraîneurs. On n’entend jamais M. De Tavernost parler. A chaque fois qu’il parle, c’est pour nous expliquer que Bordeaux n’est pas le club qatari du sud-ouest, mais on le sait ! Et peu importe. On s’en fiche que Bordeaux n’ait pas 200 millions d’euros de budget. Les gens ont envie que le club nous explique quelque chose. Quelque chose qui a du sens. On a la chance d’avoir un club où les choses se passent calmement. Ce club peut travailler sur la durée. Ce n’est pas Marseille, Paris ou Lyon ».

L’intérim de Ramé

« S’il a les épaules ? Je n’en sais rien mais peu importe. Ulrich, c’est un mec extraordinaire. Il aime le club, c’est un Bordelais d’adoption. Il va se donner corps et âme pour réussir avec Mathieu Chalmé. Mais ce n’est pas ça le problème. Tu vas mettre Ulrich Ramé aujourd’hui mais pour quoi ? Pour sauver les meubles ? Ok. Mais après au mois de juin, il faudra nous expliquer où va le club. Bordeaux ne pourra jamais se permettre de batailler tous les ans en se demandant : ‘‘Mais qu’est-ce qu’on fait ?’’ ».