RMC Sport

Fournier : "Être à la hauteur de cette première place"

Hubert Fournier

Hubert Fournier - AFP

L’OL est le nouveau leader du championnat après son succès face à Toulouse (3-0) ce dimanche. Une nouvelle accueillie avec fierté et modestie par son entraîneur Hubert Fournier, qui maintient son groupe sous pression pour faire perdurer l’état de grâce.

Hubert Fournier, quel sentiments vous animent après ce succès face à Toulouse ?

De la satisfaction du résultat et de la manière. C’est une belle journée qui a été difficile à préparer parce que le contexte national était pesant. On a senti les joueurs particulièrement touchés parce ce qu’il se passait. Le meilleur moyen de participer à l’hommage de notre côté, c’était de faire un bon match et de faire plaisir aux supporters. De ce côté-là, on a été au rendez-vous.

Vous étiez 17es le 31 août dernier. Comment expliquez-vous cette incroyable remontée ?

On mesure bien le chemin parcouru. Ça donne d’autant plus de satisfaction d’avoir traversé ces moments difficiles et d’arriver ce soir à la première place. Le club est resté uni dans les moments difficiles. Ça nous a permis de les passer. Il y a aussi eu une véritable force collective qui se travaille au quotidien. On a passé ce cap et il fallait peut-être passer par ces moments pour se retrouver premiers.

Quel regard portez-vous sur votre place de leader ?

On ne va pas en faire une affaire d’Etat. On a la chance d’être dans un club qui a déjà du vécu à la première place, même si ça fait deux ans que ce n’est plus arrivé. Il va falloir qu’on soit à la hauteur de ce classement.

Pensez-vous un peu au titre ?

C’est trop éloigné pour se projeter. On verra où on se trouve à cinq ou six matches de la fin. A l’heure actuelle, c’est trop éloigné et quand on se retourne et qu’on voit des équipes qui ont mis des investissements colossaux ces dernières années, ça nous ramène à beaucoup d’humilité. On suit notre bonhomme de chemin. On est axé sur ce qu’on doit faire et sur ce qui est demandé aux joueurs. Il faut essayer de leur donner les bonnes clés à chaque match. Comme on a la chance d’avoir un groupe réceptif, c’est plus simple.

Craignez-vous une rechute de votre équipe ?

On n’a pas de recul pour avoir ce sentiment. On est vigilants et on a rappelé à la mi-temps que le PSG menait 2-0 à Bastia (avant de perdre 4-2) et qu’on menait aussi 3-0 à Lens (victoire 3-2 en 32e de finale de la Coupe de France). Il y avait des prémices en fin de première mi-temps avec une équipe toulousaine qui profitait des moindres erreurs qu’on faisait. On l’a plutôt bien fait en deuxième mi-temps même si on peut se reprocher aux joueurs d’avoir fait preuve d’une certaine suffisance dans les dix dernières minutes.

« Le meilleur arrive »

Quel regard portez-vous sur l’association qui fonctionne parfaitement entre Alexandre Lacazette et Nabil Fekir ?

Ce n’était pas prévu comme ça. C’est la beauté du foot : des fois, on a le bonheur de trouver la bonne alchimie et une complémentarité entre certains joueurs. Pour le moment, ça marche plutôt bien.

Le plus dur commence-t-il pour conserver cette place de leader ?

Le plus dur ne commence pas. On a déjà traversé des périodes très dures. Le meilleur arrive. Il faudra être à la hauteur de cette première place. A nous de faire abstraction de ça et ne pas perdre de vue que si on est premier ce soir, c’est sur le travail qu’on a accompli jusqu’à maintenant. Si on s’en échappe un peu, on redescendra logiquement.

Est-ce interdit d’évoquer le mot « titre » ?

On n’a pas interdit de le prononcer mais il faut être lucide. Ce soir, on a 42 points, on est sauvés comme disait un illustre ancien entraîneur de L1 pour lequel j’ai beaucoup d’affection (Guy Roux, ndlr). Certains me disent que ça ne compte pas d’être premiers avec 42 points. On va attendre d’être premiers avec 69.

Propos recueillis par Edward Jay