RMC Sport

Incidents Nice-OM: six mois de prison ferme requis contre l'auteur du coup de pied sur Payet

Jugé ce mercredi pour être entré sur l'aire de jeu et avoir donné un coup à l'attaquant marseillais Dimitri Payet lors des incidents de Nice-OM le 22 août dernier, le supporter niçois Tony C. a reconnu les faits, et vu le procureur demander une lourde peine le concernant. La décision du tribunal sera rendue le 30 septembre.

Très vite, il avait admis devant les enquêteurs une "connerie". La "plus grosse de (sa) vie", même. Et pour cela, il devrait selon toute vraisemblance être puni. Tony C., le supporter niçois qui était entré sur la pelouse de l'Allianz Riviera le 22 août dernier lors des incidents de Nice-OM pour mettre un coup au joueur marseillais Dimitri Payet, était jugé ce mercredi pour ces faits.

Si la décision du tribunal ne sera rendue que le 30 septembre, l'homme de 28 ans a vu le procureur de la République demander le concernant un an d'emprisonnement dont six mois avec sursis, et une interdiction de stade de cinq ans. Accusé de "violences volontaires en réunion", il risque théoriquement jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

"Je pensais avoir touché Gerson"

Lors de l'audience, ce préparateur de commandes, fan de l'OGC Nice depuis vingt ans, a reconnu les faits lui étant reprochés. "Je suis bien rentré sur le terrain, j’ai mis un coup de pied, puis un joueur de Nice m’a repoussé, je suis revenu en tribune", a-t-il expliqué, après avoir été de toute manière clairement identifié sur des vidéos.

"Je pensais avoir touché Gerson, mais après coup en voyant les images, je touche apparemment Dimitri Payet", a-t-il poursuivi, avant de tenter une défense hasardeuse en assurant que "depuis plusieurs années, Dimitri Payet est provocateur par ses gestes et ses paroles".

"Ce geste n'a rien à faire sur un terrain de football"

Au sujet du Réunionnais, Tony C. a toutefois dit "parfaitement" comprendre sa réaction après avoir été touché par de multiples projectiles sur le terrain. "Je ne cautionne pas les jets de bouteilles", a-t-il glissé, en faisant son propre mea culpa: "J'ai réalisé en tribune, quand j’y suis retourné, que j’ai fait n’importe quoi. (...) J’aimerais m’excuser auprès des enfants, des familles qui étaient au stade ou devant la TV. Ce geste n’a rien à faire sur un terrain de football."

Le supporter, qui avait été condamné en 2019 à une amende de 450 euros à Montpellier pour outrage et rébellion envers des gendarmes à l'entrée du stade, a en outre raconté avoir vécu des heures difficiles suivant la rencontre Nice-OM et son identification par des fans olympiens. "Mon nom a fuité sur les réseaux sociaux, a glissé Tony C. J’avais plus de 1000 notifications sur Instagram le soir même. Il y avait de nombreuses menaces. Et des gens ont aussi utilisé mon nom pour faire des faux comptes."

Un euro symbolique demandé par Payet et l'OM

Egalement présent lors de l'audience, l'avocat de l'OM et de Dimitri Payet a réclamé un euro symbolique pour le préjudice moral, et 2000 euros pour les faits. Même son de cloche chez l'avocat de la LFP, qui a réclamé un euro pour préjudice moral et 800 euros pour les faits, mais surtout "d'éloigner ce type de supporters des terrains pour une longue durée."

Le défenseur de Tony C., indiquant que son client avait "vu rouge" après que Dimitri Payet a renvoyé une bouteille en tribune, a en revanche demandé un peu de clémence: "L’opinion publique demande l’interdiction de stade à vie, et la peine maximale encourue est de cinq ans. Je ne suis pas sûr qu’il mérite la peine maximale, ce n’est pas une récidive."

A noter que le fidèle de la Populaire Sud avait été placé sous contrôle judiciaire depuis son interpellation au lendemain des débordements de l'Allianz Riviera. Interdit de stade, il a dû pointer deux fois par semaine au commissariat de Mandelieu-la-Napoule, commune où il réside.

C.C. avec J.R.