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Jeunechamp: "A Montpellier, il faut parfois avaler quelques couleuvres"

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Rolland Courbis a démissionné de son poste d’entraîneur de Montpellier mercredi soir, laissant entendre qu’il avait vécu des moments compliqués sous le commandement de Louis Nicollin. Champion de France avec le MHSC en 2012, Cyril Jeunechamp explique le fonctionnement particulier du club et de son emblématique président.

Cyril Jeunechamp, êtes-vous surpris de ce départ de Rolland Courbis ?

Avant Rolland, c’était Michel Mézy qui avait eu beaucoup de tensions avec le président. Et ça n’a pas empêché qu’il soit de retour. C’est comme un couple, il y a des hauts et des bas, des tensions, des clashes, des retrouvailles… Mais je ne pense pas qu’il y ait de la rancune ou de la rancœur chez l’un ou l’autre. Rolland dit qu’il est fatigué. C’est vrai que des saisons comme ça doivent être éprouvantes pour un entraîneur.

Comment décririez-vous Louis Nicollin ?

Je l’ai côtoyé pendant quatre ans (2009-2013). Il peut être attachant, agaçant... C’est quand même le patron de son club. C’est lui qui décide, même s’il a délégué pas mal de choses à son fils (Laurent). Mais quand on met l’argent comme il l’a fait, je pense que la moindre des choses, c’est de poser ses idées. Après, quand on arrive à Montpellier, on sait où on met les pieds. Il doit décider de tout : soit on l’accepte, soit on ne l’accepte pas.

Il faut donc mettre son caractère de côté…

Pas de côté mais parfois, il faut avaler quelques couleuvres qu’on n’avalerait pas ailleurs. Ça fait partie du métier et du club, c’est comme ça. Tout ce qu’on peut penser, parfois il ne faudra pas le dire parce que ça peut être mal pris. Quand on signe à Montpellier, on sait que le boss c’est le président, il faut faire avec. Qu’on soit content ou pas.

Diriez-vous que c’est un club à part ?

Oui parce que c’est l’un des seuls présidents aussi emblématiques avec Jean-Michel Aulas. Il (Louis Nicollin) a ses bons et mauvais côtés mais c’est avant tout un passionné de foot, de son club. Il est parti de tellement bas que dès qu’il y a des choses qui l’agacent, il ne peut pas passer à côté et il est obligé de le dire avec ses mots. Mais on sait à quoi s’attendre quand on signe à Montpellier et il ne faut pas s’en plaindre après.

« Je ne me fais pas de souci pour eux »

Avez-vous déjà eu des accrochages avec Louis Nicollin ?

Ça s’est plutôt bien passé, à part la dernière année avec mon problème avec le journaliste (il avait frappé un journaliste en zone mixte après un match face à Valenciennes le 17 novembre ndlr). Le geste était condamnable. J’étais allé chez lui et on s’était expliqué entre quatre yeux. Après, quand il s’adresse aux journalistes, il dit certaines choses qu’ils ne nous dit pas quand on est en face. Mais peut-être qu’il dit ça aux journalistes pour leur faire entendre ce qu’ils veulent bien entendre. Il est comme ça. Mais quand on met les pieds là-bas, on sait à qui on a affaire. Et il faut assumer ses responsabilités à 100%. Avec moi, il y a eu plus ou moins des tensions mais quand je le vois, c’est avec plaisir. Il n’y a pas eu de problème particulier.

Pascal Baills devrait remplacer Rolland Courbis. Est-ce une bonne idée selon vous ?

Je trouve que oui. C’est quelqu’un qui connait la maison, qui connait aussi très bien le football. Il a appris avec pas mal d’entraineurs qui sont passés à côté de lui comme René Girard, Jean Fernandez… Il a dû prendre le meilleur de chacun et il va rajouter sa touche personnelle. Au niveau de la communication avec les joueurs, ça va super bien se passer.

Il n’est pas du genre à se clasher avec Louis Nicollin…

Il le connait très bien, il n’y aura aucun souci. Il va rajouter ce côté ancien joueur, c’est important et ça va beaucoup aider le groupe. Je ne me fais pas de souci pour eux.