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L'oeil de Riolo : Bielsa, Doria et les corbeaux

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Retour sur la conférence de presse ubuesque de Marcelo Bielsa.

Ça faisait quelques semaines qu’une conférence de presse de Bielsa n’avait pas fait la une de l’actu foot. C’est arrivé ce jeudi. Un petit coup de gueule et une petite leçon de foot, enfin de sa façon de voir le foot. Radical, un brin extrémiste.

L’OM a fait venir Doria l’été dernier. 5 ou 6 millions. Un transfert important pour un OM sans le sou. Depuis, on attend. Le montant du transfert, le CV (international espoir brésilien), ça excite. On veut voir. C’est le nouveau numéro de cirque qu’on nous cache. Le problème, c’est que « on » est souvent un con et on ne sait jamais qui c’est.

Avec autant d’absents en défense, beaucoup misaient sur la présence de Doria à Nice. Les journalistes étaient prêts. Avaient-ils déjà rédigé les articles au point d’être autant déçus hier ? La présence de Doria, c’était la nouveauté, un objet de débat, d’analyses ? On nous a privés de ça. Bonne perf’, on aurait parlé du nouveau Carlos Mozer ? Mauvaise, on aurait parlé de l’arnaque du siècle ? J’exagère ? Pas sûr.

D’après un journaliste présent lors de la conférence de presse, Doria devrait jouer car il a coûté cher. Cette question peut avoir un aspect intéressant. Elle peut conduire à parler de la politique sportive d’un club, à la liberté d’un coach… ça pourrait faire un bon sujet. Mais non, on va rester sur la polémique. On va parler de Bielsa qui s’énerve et s’entête !

Pourtant, il s’est expliqué. D’abord techniquement, tactiquement. Il a son idée, sa hiérarchie. Il se trompe ? Comment savoir. On a tous un ami qui a vu jouer Doria, mais personne ne l’a jamais vu en vrai. C’est confus. Et objectivement, on est bien obligé de s’en tenir à ce que l’on voit : l’OM est toujours en haut du classement et s’il y a des « soucis » en ce moment, ils sont plus dans le secteur offensif que derrière. 

Un coach hors du temps

A travers cette conf’, on a encore pu constater à quel point Bielsa est un coach hors du temps. Il se soustrait aux considérations économiques. Il écarte tout ce qui n’est pas de l’ordre du sportif. C’est ce qu’aimerait faire beaucoup d’entraîneurs dans un football qui ne le permet quasiment plus. Cette attitude, Bielsa l’assume. Il assume son enfermement dogmatique. Il a dit hier que certains ne comprenaient rien à son travail. C’est pourtant très simple, très clair. Le jeu, le terrain et rien que ça. Jusqu’à l’entêtement. 

Depuis que Bielsa est arrivé à Marseille, une grande partie des médias attend. Le duo L’Equipe-Canal+, la pensée unique du foot, attend la fin, le dérapage, le terme de cette insupportable leçon permanente. J’ai lu que l’état de grâce de Bielsa était terminé. Qui a décidé de ça ?

Il reste une deuxième partie de saison à disputer. Pour l’instant l’OM marche bien. C’est même le jour et la nuit par rapport à la saison dernière. Si ça devait ne pas tenir, il sera temps d’analyser les raisons d’une seconde partie moins réussie.

Avant son déplacement à Nice, il paraît que l’OM est sur un fil. Etonnante prise de position. Pendant ce temps-là, le PSG (le 5e budget mondial) n’a pas encore livré un match plein en L1 cette année. Sa politique sportive n’a pas suscité beaucoup d’analyse. La gestion du groupe ? Rien ou presque. C’est très étonnant. Ou pas. On a peur. Si le PSG termine fort et qu’on a critiqué, on fait quoi ? Horreur, reculons. Il y a des proies plus faciles pour les corbeaux..