RMC Sport

La boîte à souvenir de Vito Hilton, après sa 300e en Ligue 1 avec Montpellier

Son premier match, son premier but, son meilleur souvenir, Zlatan, Hatem Ben Arfa... Avec 300 matchs au compteur en Ligue 1 avec Montpellier, depuis son entrée en jeu ce samedi contre Lens, Vitorino Hilton a retracé sa carrière, en confiant ses souvenirs auprès de RMC Sport.

En entrant contre Lens ce samedi (3-2), Vitorino Hilton vient de fêter son 300e match de Ligue 1 avec Montpellier. 296 fois titulaire, pour 11 buts inscrits, un titre de champion de France, papi Hilton continue à 43 ans de défier le temps dans notre championnat. Prochain objectif: la barre des 500 matchs en Ligue 1 et faire son entrée dans le Top 20. En comptant son passage à Bastia, Lens, Marseille et Montpellier, l’étranger le plus capé de l’histoire du championnat totalise 492 matchs.

Pour RMC Sport, il a accepté d'ouvrir la boîte à souvenirs. Et malgré la longévité de la carrière, tous les souvenirs semblent récents dans la tête de Vito, qui se souvient exactement de chaque moment: "300 matchs avec Montpellier en Ligue 1, c’est exceptionnel, surtout pour un joueur qui est arrivé au club à un certain âge. C’est une grande fierté pour moi. 500 matchs en Ligue 1, je n’ai même pas réalisé. C’est énorme, surtout pour un joueur étranger."

Son 1er match en Ligue 1

07 février 2004, Bastia – Toulouse (1-0). "Premier match en territoire français. Je suis arrivé à Bastia au dernier moment. Mon agent m’appelle en me disant, 'il y a un club en France qui est intéressé à telles conditions mais seulement ces conditions'. Je dis, ok on y va. Je suis arrivé à Roissy et les dirigeants de Bastia m’attendaient à l’aéroport pour me faire signer. Il fallait envoyer les papiers avant minuit car on était le 31 janvier. Après je suis arrivé en Corse le mercredi. Je me suis entraîné le jeudi, le vendredi et Gérard Gili, le coach, m’a titularisé le samedi. Bastia, ça ne devait être qu’un petit passage. En fait, je voulais quitter la Suisse j’avais même envie de rentrer au pays. Je ne pensais pas rester aussi longtemps en France (rires)".

Son 1er match avec Montpellier

14 août 2011, Lille – Montpellier (0-1). "Je suis arrivé la semaine d’avant pour le premier match contre Auxerre. René Girard voulait me faire démarrer le match. J’avais dit non car je venais d’arriver et, en plus, j’avais eu quelques soucis extra-sportifs à Marseille. Il me fallait une semaine pour me préparer. Physiquement, le match à Lille était dur. Finalement, on rentre à Montpellier avec la victoire grâce à ce but de Giroud qui nous a permis d’écrire une belle page d’histoire avec le club."

Son 1er but en Ligue 1

21 août 2004, Istres – Lens (0-2). "Premier but, je m’en rappelle très bien. But de la tête, normal. Mais j’ai aussi marqué quelques buts avec le pied (rires). Si je me concentre, je peux me souvenir des choses très précises de ce match, des moments entiers même. J’ai beaucoup de souvenirs. Je me rappelle de certaines actions, même des buts encaissés."

Son 1er but avec Montpellier

01 octobre 2011, Bordeaux – Montpellier (2-2). "Un but de renard, tacle, double contact. But de l’égalisation, match très difficile. On jouait à dix, on était menés 2-0. Belhanda marque le penalty. Coup franc à la fin, Giroud remet le ballon dans la surface. Utaka est avec moi, je n’hésite pas je tacle et je marque ce très beau but!"

Son meilleur souvenir

07 mai 2012, Rennes – Montpellier (0-2). "On parle beaucoup du match de Lille mais pour moi, le match le plus important, c’est le match de Rennes avec le but de renard de Camara. Il vient de rater un penalty important contre Evian, il boude toute la semaine. Moi je l’aime beaucoup et je lui avais dit toute la semaine 'tu vas marquer, ne t’inquiète pas'. On gagne à Rennes 2-0 et Souley marque. Un double contact qu’il est le seul à savoir faire, pied droit pied gauche en même temps."

La plus grande ambiance

13 mai 2012, Montpellier – Lille (1-0). "L’ambiance en fin de match était énorme. Pendant le match, il y avait de la tension. Au retour de la mi-temps, il n’y avait plus d’éclairage, on ne savait pas si on allait reprendre le match. Il y avait un climat bizarre et à la fin c’était extraordinaire."

Son coéquipier le plus fort

Hatem Ben Arfa. "Le plus doué, le plus fort. Pour moi, il est passé à côté d’une immense carrière. Il a montré son talent sur les terrains de foot mais je pense qu’il méritait mieux. A Marseille, c’était impressionnant. Tous les jours à l’entraînement, c’était hallucinant ce talent. On voit encore qu’il a quelque chose, le talent, tu nais avec et tu meurs avec."

Son adversaire le plus fort

Zlatan Ibrahimovitch. "On parle beaucoup de Neymar, de M’Bappé. Mais pour moi le plus fort, le plus malin, le plus vicieux, le plus dur à jouer, c’était Zlatan. Lui, il sait provoquer un défenseur, le faire sortir de son match. Il est grand, il est costaud, il a le talent. Il m’a cassé le nez lors d’un match. C’était un match de coupe de France à l’Altrad Stadium. Je prenais quasiment tous les ballons de la tête et cela a dû l’énerver qu’un petit lui prenne les ballons. A un moment, il ne joue pas le ballon et il met le coude, voilà! Il a dit qu’il n’avait pas fait exprès!"

Son plus grand match

11 avril 2012, Marseille – Montpellier (1-3). "Il y a en a beaucoup, c’est dur de choisir. Notre victoire à Marseille, avec le but exceptionnel de Belhanda. Je choisis ce match, juste pour le geste."

Sa plus grande fête

"C’était après le match à Auxerre (victoire 0-2). Mais on n’a pas fêté autant qu’il fallait à Auxerre, car on n’avait pas réalisé que l’on venait de faire quelque chose d’exceptionnel. Par contre le lendemain, chez Loulou au Mas Saint Gabriel, on a fêté comme il fallait. C’était fantastique cette journée, on a bien profité et je pense qu’il le méritait. Jamais il ne pensait que son club serait champion de France. On était très fiers de fêter cela avec lui. C’est quelque chose qui va rester gravé à vie."

Son pire souvenir

"Avec Lens, lors de la saison 2007-2008, je suis blessé pendant trois mois et le club est relégable. C’est un moment dur pour le club, et pour moi, car je n’ai pas pu aider Lens à se maintenir. Avec Montpellier, on a joué le maintien pendant quelques saisons, c’est compliqué. Et sinon, l’année du titre, c’est le match contre Dijon. On gagne 5-3 mais ce jour-là, on a souffert comme jamais. Avec El Kaoutari, il n’y avait rien pour nous. On est passés complètement au travers."

Sa pire gueulante

"Personne ne le sait. Un jour je m’embrouille à l’entraînement avec Souley Camara, et pourtant on est proches. Rolland Courbis nous regarde et nous dit 'Vito, Souley, allez dehors, dans le vestiaire'. Du coup, on était partis. On n’était pas des jeunes mais Rolland nous avait crié dessus comme il fallait ce jour-là. On avait servi d’exemples."

Le coéquipier le plus fou

"Il y en a beaucoup. Actuellement, il y a Ambroise Oyongo qui n’est pas normal. Et quand j’étais à Lens, c’était Olivier Monterrubio. Il rigolait beaucoup, il faisait que des blagues. Lui, c’était quelqu’un complètement fou mais dans le bon sens."

Son plus grand regret

"Peut-être de ne pas avoir porté le maillot du Brésil. Mais si je regarde le nombre de joueurs brésiliens qui ont porté le maillot une fois et dont on ne parle plus aujourd’hui... Je préfère mon parcours aujourd’hui, même si je n’ai pas fait une carrière exceptionnelle comme d’autres Brésiliens qui n'ont joué que dans des très grands clubs. Mais moi je suis très bien, je suis très fier de ce que j’ai réalisé jusqu’à présent. Déjà d’arriver en Ligue 1 en tant que Brésilien et être aujourd’hui l’étranger qui a joué le plus grand nombre de matchs de Ligue 1, pour moi c’est énorme."

Son souvenir de Lens

28 janvier 2007, Lens – Saint-Etienne (3-3). "A la mi-temps on perd 3-0. On était nul. Et quand on revient, le public chante, encourage. D’habitude à 0-3, le public siffle ou il est déjà parti. On s’est regardé et on s’est dit maintenant on joue pour eux. On revient à 3-3 et on a même failli gagner. Et là quand on a regardé le kop, c’était exceptionnel."

Son souvenir de Marseille

"J’ai vécu des moments extraordinaires. La première année (2008-2009), on est à deux doigts d’être champion de France. La dernière journée, on bat Rennes (4-1) mais Bordeaux gagne à Caen (1-0). J’ai gagné la coupe de la Ligue en 2010, le premier titre du club depuis 17 ans. Je faisais partie de cette équipe-là, c’était exceptionnel. Quand on arrive au Vieux Port, je me suis dit mais c’est quoi ça. J’ai compris ce jour-là, que les supporters marseillais sont les plus chaleureux, les plus passionnés de France. Je suis resté trois ans, c’était fantastique. J’ai vécu que des bons moments même si à la fin il y a petite tâche pour gâcher cela. Mais je garde que des bons souvenirs de Marseille."

Julien Landry