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La Ligue 1 est-elle un championnat de "bourrins"?

Cette 14e journée de Ligue 1 a été marquée par six cartons rouges, un record depuis le début de la saison. Le dernier, écopé par le Toulousain Steven Moreira après une faute grossière sur le Marseillais Bouna Sarr, a suscité de nombreux commentaires. Ces fautes conjuguées au faible niveau technique des joueurs feraient-elles de la Ligue 1 un championnat de bourrins? La question a fait débat dimanche soir dans l’After.

La Ligue 1 toujours dans l’œil du cyclone. A l’image de l’affiche du dimanche soir entre Toulouse et l’OM (0-2) au Stadium, le spectacle fut une nouvelle fois aux abonnés absents. Critiqué pour son faible niveau technique, son important déchet et le manque d’audace de ses équipes, le championnat de France n’est pas non plus un modèle de discipline (3,6 cartons jaunes par match, 0,25 carton rouge). Ce week-end, le record de la saison en nombre d'expulsions a même été battu (6). Comme le coup de Kung Fu du Lyonnais Marçal face à Nice, le carton rouge écopé par le Toulousain Steven Moreira après un tacle appuyé sur le Marseillais Bouna Sarr apporte l’eau moulin aux détracteurs de la Ligue 1.

Riolo: "Franchement, c’est 80% de bourrins en Ligue 1!"

"Il y a des cartons, aucune maîtrise... On a l’impression que le cerveau ne parle pas aux pieds, déplorait après le match Daniel Riolo dans l’After sur RMC. Je veux bien concevoir que celui qui fait la faute sur Sarr ne le fait pas exprès mais le mec n’a aucune maitrise physique. Franchement, c’est 80% de bourrins en Ligue 1!"

Pierre Ducrocq ne partage pas cet avis. "Quand tu regardes Sheffield-Manchester United (3-3), tu as des duels où les mecs se rentrent encore plus dedans, rappelle le membre de la Dream Team. Lors des cinq premières minutes, il y a trois duels de suite avec un joueur qui sort et arrache tout."

Gourcuff : "C'est plus difficile de gestes techniques quand il y a cette intensité"

Outre les fautes, les mauvais contrôles, passes ratées et autres centres au 3e poteau sont aussi de plus en plus fréquents. "C’est pas possible de faire des passes comme ça", soupire Daniel Riolo. Si on acte le fait que les meilleurs joueurs jouent à l'étranger, pour Christian Gourcuff, ce déchet technique qui s’explique aussi par le faible écart de niveau entre toutes les équipes.

"C'est sûr que regarder la Liga est plus spectaculaire, remarque l’entraîneur du FC Nantes. Mais cette intensité (entre clubs de L1) nuit au spectacle, à la fluidité du jeu car il y a une telle pression sur le porteur de balle que ça engendre du déchet technique. Hormis pour le PSG, les autres équipes se livrent une bagarre permanente, ce qui crée une insécurité technique et donc ça nuit peut être forcément à la qualité du spectacle. C’est plus difficile de réaliser des choses, des gestes techniques, des enchaînements, quand il y a cette intensité. En Liga, il y a quand même beaucoup plus de latitude pour le joueur d’utiliser le ballon, on voit davantage d’enchaînements, de gestes techniques et c’est peut-être plus spectaculaire."

Puel regrette la prime au physique

Claude Puel regrette quant à lui que l’aspect physique prime toujours sur d’autres qualités. "Je m'interroge par rapport aux types de recrutement, confiait récemment à L’Equipe le nouveau coach de Saint-Etienne. C'est dommage que certains joueurs puissent passer entre les mailles des filets parce qu'ils ont une dominante qui n'est pas celle du physique. Qu'il en faille de plus en plus, d'accord. Mais si Kylian Mbappé n'était qu'un coureur à pied, il n'aurait pas cette envergure. La technique, c'est la première donnée. Avec l'intelligence de jeu, elle fait la différence." Autant de qualités qui font cruellement défaut en Ligue 1.

ABr