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La mise en garde de Thiriez contre le projet de Super Ligue européenne

Dans une tribune publiée par le Parisien, l'ancien président de la LFP Frédéric Thiriez explique longuement en quoi le projet de Super Ligue européenne fermée, selon lui, pourrait nuire au football français.

Depuis son départ de la présidence de la Ligue de football professionnel (LFP) en 2016, Frédéric Thiriez se fait relativement discret. Mais la moustache la plus célèbre du foot français a décidé de s'exprimer ce dimanche, dans une longue tribune publiée par le Parisien. "Si je romps ce silence aujourd’hui, explique-t-il, c’est parce que les intérêts vitaux de nos championnats sont menacés par un projet de réforme de la Champions League qui, s’il est adopté, ruinera nos championnats nationaux."

Alors que les grosses écuries du continent ont proposé un projet de Super Ligue européenne, pour remplacer l'actuelle Ligue des champions en 2024, Thiriez estime que cette idée nuirait grandement au football hexagonal. Et ce pour plusieurs raisons.

Thiriez: "Qui s'intéressera alors à la Ligue 1?"

La première, selon lui, concerne le calendrier. "La réforme se traduira par une augmentation insensée du nombre de matchs: on passerait de 96 matchs aujourd’hui à 224 pour la phase de groupes, rappelle-t-il. […] Il est strictement impossible dans le calendrier actuel de trouver les huit dates supplémentaires qu’exige la réforme. Sauf à supprimer une des deux coupes nationales ou à réduire la Ligue 1 à 18..."

Pour Thiriez, l'autre danger est lié à l'aspect "fermé" de la Super Ligue, étant donné que 24 participants sur 32 seraient assurés d'être inscrits la saison suivante. "Avec un tel système, il est possible que le deuxième de Ligue 1, voire même le premier, soit exclu de la Champions League, observe-t-il. C’est dire que notre championnat perdra tout son intérêt. En début de saison, nos deux ou trois clubs européens n’auront qu’une priorité: finir dans les cinq premiers de leur groupe afin d’être qualifiés encore l’année suivante. Ils délaisseront le championnat, envoyant au besoin une équipe B. Qui s’intéressera alors à la Ligue 1? Les diffuseurs certainement pas. Un effondrement des droits télé en France est donc à redouter dès 2024."

Et c'est pourquoi l'ancien dirigeant appelle le foot français à se rebeller. "Les 32 ligues européennes n’ont d’autre choix que de se battre pour leur survie en tirant à boulets rouges. La Premier League anglaise et la Liga espagnole ont montré le chemin, écrit Thiriez. Souhaitons que la ligue française suive cet exemple."

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