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Laurent Nicollin: "J’espère que Courbis ne me mettra pas un coup dans le dos"

Laurent Nicollin et Rolland Courbis

Laurent Nicollin et Rolland Courbis - AFP

Invité de Luis Attaque sur RMC ce mardi, Laurent Nicollin, président-délégué de Montpellier, a évoqué l’avenir de Rolland Courbis, qui pourrait annoncer son départ du club dimanche lors de la reprise. Nicollin assure n’être au courant de rien et règle quelques comptes.

Laurent, comment évolue la situation entre Rolland Courbis et Louis Nicollin, votre père ?

Rolland Courbis et Louis Nicollin se débrouillent entre eux. Je ne suis pas à leur place. Pour le moment, tout va bien. On verra dimanche si ça va mieux.

Êtes-vous préparé au départ de Rolland Courbis ?

Je suis prêt à une reprise dimanche avec mon staff, mon coach et mes joueurs. On anticipera et on s’adaptera dimanche si… Pour l’instant, mon coach a un contrat. Je pense que c’est quelqu’un d’honnête et de droit. Quand les gens sont honnêtes et droits, ils vont au bout de leur contrat.

Avez-vous des garanties que Rolland Courbis soit là dimanche ?

Je n’ai aucune garantie. On verra dimanche. J’ai échangé avec lui après le match de Nice où il m’a dit qu’il avait besoin de quelques jours du repos. Il m’a aussi dit d’autres choses que je garde pour moi. Il est toujours en repos.

Avez-vous prévu de vous entretenir avec lui et Louis Nicollin mercredi ?

Je n’ai rien prévu du tout. Vous écrivez des choses que vous ne savez pas. Je ne suis à la disposition de personne. S’il veut m’appeler ce soir, demain ou jeudi, il le fait. Il n’y a rien de fixé comme s’il fallait aller voire la Sainte-Vierge.

Avez-vous tout de même conscience du malaise qui entoure sa situation ?

Je ne suis pas débile. Il y a toujours des malaises. Quand on n’a pas de résultats, c’est qu’il y a des problèmes quelque part, que les choses ne sont pas bien faites et qu’il faut y remédier. Ça fait deux ou trois mois qu’on essaie d’arranger la situation. On avait un point au mois de septembre et on avait fixé la barre à 20 points avant la trêve. Le coach avait fait les gros yeux en disant que ça allait être compliqué. Et on en a 22. Ce n’est pas la panacée. Vendredi soir, il m’a dit qu’il était fatigué et qu’il avait besoin de se reposer. La reprise est prévue dimanche. On verra s’il est là ou non.

Existe-t-il des problèmes en interne et notamment entre Rolland Courbis et le staff médical ?

Il y a des problèmes internes dans tous les clubs quand il y a des mauvais résultats. On cherche toujours à se justifier en disant que Pierre, Paul ou Jacques n’est pas bon. Je ne fonctionne pas comme ça. Avec les joueurs et le staff, on est tous ensemble dans le même bateau et je ne dirais surtout pas en dehors ce qui va ou non. Les problèmes, on les règle d’abord entre nous. Je sais qu’il n’est pas content du staff médical depuis deux ans.

« D’énormes problèmes auprès du staff et des joueurs »

Pouvez-vous changer le staff ?

J’ai des gens compétents. Mais c’est toujours la faute des autres, dans la vie c’est toujours comme ça. Moi, je suis quelqu’un de droit et d’honnête et j’aime bien assumer. Il y a certainement des erreurs mais on est tous dans le même bateau. On a fait un très mauvais début de saison, je suis certainement l’un des premiers responsables. A nous de trouver des solutions pour sauver le club et que fin mai, nous soyons toujours en L1.

Estimez-vous que Rolland Courbis n’assume pas ses erreurs ?

Beaucoup de gens parlent. Je ne suis qu’un petit président de club de L1, je dis ce que je ressens. Ça fait deux ou trois mois que je suis auprès des joueurs et de mon staff pour régler les énormes problèmes que j’ai auprès d’eux. Mais vous me permettrez de parler de ces problèmes au mois de mai et pas maintenant.

Comprenez-vous tout de même le malaise de Courbis, qui n’a pas été épargné par Louis Nicollin ?

Les phrases et les petits mots, ça vous plait à vous, les journalistes. C’est le cadet de mes soucis que Rolland Courbis dise quelque chose et mon père autre chose. Je veux que mon club gagne des matches et se maintienne. Je suis à sa disposition 24 heures sur 24 pour faire tout ce qu’il souhaite depuis deux ou trois mois. Humblement, j’ai un peu mis les mains dans le cambouis et il y a de meilleurs résultats. (Cynique) Mais certainement que ce n’est pas grâce à moi.

« Der Zakarian, Laurey, Gasset »

Avez-vous déjà pensé à un remplaçant à Rolland Courbis pour la saison prochaine ?

Dans la mesure où ton entraîneur, quand il sort d’un match, dit qu’il veut peut-être arrêté, c’est compliqué de se projeter sur l’avenir avec cette personne. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément et que je soutiendrai toujours. On fera un point fin décembre-début janvier pour voir s’il est toujours l’homme de la situation. S’il veut arrêter de lui-même, c’est compliqué de le prolonger.

Avez-vous un accord verbal avec Michel Der Zakarian ?

Si Rolland ne reste pas, on a le souhait de récupérer quelqu’un qui connait la maison. Michel connait la maison, Thierry Laurey (actuel entraîneur du Gazélec Ajaccio, ndlr) aussi, tout comme Jean-Louis Gasset (entraîneur-adjoint de Laurent Blanc au PSG) que j’apprécie beaucoup. Si on devait changer d’entraîneur, ce serait quelqu’un qui a joué ou entrainé chez nous. Moi, je ne dis les choses que lorsqu’elles sont signées.

Avez-vous déjà pensé à un plan B ?

Je ne pense à rien. Rolland, c’est quelqu’un que j’apprécie et que j’ai énormément soutenu. J’ai mis la tête sous l’eau pour lui. Dans la vie, il ne faut rien attendre de personne. Mais humainement, je souhaite et j’espère que Rolland sera là dimanche et finira la saison avec nous.

Vous attendez-vous à ce que Rolland s’en aille dimanche ?

A force que vous me preniez tous la tête avec ça, oui. Il devait arrêter le soir de Monaco après notre défaite. On a discuté ensemble, je l’ai reboosté, on a échangé. J’étais certainement le seul à le soutenir au niveau des joueurs. Si je n’avais pas validé Rolland au niveau des joueurs, ils n’auraient plus voulu du coach. Je suis proche des joueurs et je discute beaucoup avec eux. J’espère qu’il ne me mettra pas un coup dans le dos et qu’il sera là dimanche. Il a dit lui-même qu’il voulait gagner la Coupe de France. Si on pouvait faire une belle fête en mai, ce serait super.