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"Le foot vit à crédit", l'avertissement de Gourcuff sur l'après-coronavirus

Christian Gourcuff n'est pas surpris de voir des clubs souffrir des conséquences économiques de l'épidémie de coronavirus. Dans un entretien à Ouest-France, l'entraîneur du FC Nantes explique que le monde du football doit tirer des leçons de la situation actuelle pour corriger sa "fuite en avant".

Baisses de salaires, plans de chômage partiel voire salariés poussés vers la sortie. Comme de nombreux secteurs, le monde du football est directement confronté aux conséquences économiques de l'épidémie de coronavirus. Même pour les clubs en théorie les plus solides financièrement, les pertes liées à l'arrêt des compétitions et l'absence de revenus (billetterie, entre autres) pourraient être conséquentes. Une mise en danger qui ne surprend pas Christian Gourcuff.

Il regrette "une surenchère permanente des droits télé"

"La crise du coronavirus ne touche pas que le football, mais plus globalement la mondialisation, la recherche généralisée du profit, l’économie capitaliste qui nous conduit dans le mur. Le foot est partie prenante de cette fuite en avant, avec, entre autres, une surenchère permanente des droits télé. Depuis des années, il vit à crédit", explique l'entraîneur du FC Nantes dans un entretien accordé ce dimanche à Ouest-France.

Selon lui, "les clubs qui vivent au-dessus de leurs moyens, sur l’endettement et l’argent virtuel, ceux qui spéculent, avec parfois des investisseurs étrangers sans de vraies garanties bancaires, sont fragilisés". "Ceux qui s’en sortiront seront ceux qui ont une gestion réaliste et non spéculative", insiste-t-il, se montrant favorable à une diminution temporaire des salaires pour les joueurs. "Je trouve cela assez logique. Après, on va peut-être se retrouver face à des aspects juridiques, avec des recours éventuels. Mais il faut considérer que la période est exceptionnelle. Ce n’est pas un souci pour moi", assure le technicien de 65 ans.

Il ne veut pas de huis clos

Concernant la suite à donner à la saison de Ligue 1, suspendue après 28 journées, il estime que "sportivement, pour des raisons d’équité, c’est une évidence que le championnat doit aller à son terme", tout en précisant que "le foot est très accessoire" dans la période actuelle. "Economiquement, la plupart des dirigeants le souhaitent aussi, sinon les clubs seront en danger à cause des droits télé non versés. Si le foot reprend, j’espère simplement que les matches ne se joueront pas à huis clos, car pour moi, le huis clos est une aberration", appuie-t-il.

Si le président du Stade Brestois, Denis Le Saint, milite lui pour un arrêt définitif de la saison en cours, le bureau de la Ligue de football professionnel ne veut pas entendre parler de cette hypothèse.

RR