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Les présidents des gros clubs de ligue 1 créent un cabinet de crise pour sauver le foot français

INFO RMC Sport - Alors que le conseil d'administration de la LFP s'est réuni ce vendredi, une cellule de crise composée de huit présidents importants de Ligue 1 a été créée. Son but? Sauver le football français de la crise.

Le conseil d’administration de la Ligue de football professionnel s’est réuni pendant trois heures ce vendredi après-midi et a pris des décisions fortes pour le football français. Les dirigeants ont réaffirmé leur envie de finir le championnat cette saison.

Depuis plusieurs jours, la Ligue avait défini trois groupes gérant plusieurs aspects de la crise économique (trésorerie, social et calendrier) et nommé quatre présidents (Nasser Al-Khelaïfi, Jacques-Henri Eyraud, Olivier Sadran, Jean-Pierre Rivère) pour négocier avec les détenteurs de droits TV.

Un comité extérieur à la Ligue s’est créé ces derniers jours, selon nos informations. Les dirigeants les plus importants du football français de clubs ont décidé de créer un "cabinet de crise" pour sauver le foot hexagonal. Huit présidents (Nasser Al-Khelaifi, Jacques-Henri Eyraud, Olivier Sadran, Jean-Pierre Rivère, Nicolas Holveck, Gérard Lopez, Bernard Caiazzo et Jean-Michel Aulas) vont ainsi se réunir tous les jours pour discuter des sujets les plus chauds actuellement. Ce cabinet a pour but de réunir les compétences des clubs représentants 85% du chiffre d’affaire du football français, pour tenter de sauver économiquement l’ensemble des écuries professionnelles. Mais aussi réunir les réseaux de ces huit dirigeants ayant une expérience du milieu des affaires.

Une défaite pour Nathalie Boy de la Tour

Aucun membre de la LFP ne sera représenté dans ce groupe de travail. Une défaite pour Nathalie Boy de la Tour, sa présidente. Depuis la nomination de Nasser Al-Khelaifi parmi les quatre présidents chargés de négocier avec Canal+ sur le dernier versement des droits TV pour la saison, Nathalie Boy de la Tour s’était émue, en privé, du "conflit d’intérêts" que représente la présence du président du PSG et de BeIn Group.

A tel point d’avoir demandé un "Legal opinion" - qui correspond à une validité juridique - à un cabinet d’avocat. Cabinet qui a statué sur l’absence de conflits d’intérêts. "Elle s’est trompée de cible, assure un président de Ligue 1. Nasser Al-Khelaifi vient pour participer au football français et surtout l’aider. Il a plus à perdre qu’à gagner dans cette histoire."

Une défaite lourde pour la présidente de la Ligue. Un autre président de Ligue 1 ajoute: "on ne s’abstient pas à un vote sous prétexte qu’il existe un conflit d’intérêt sans avoir obtenu au préalable de validation juridique sur l’existence d’un tel conflit."

Un prêt pour sauver le football français?

Mais la réunion de ce vendredi a surtout permis d’avancer sur un point. Plusieurs présidents, dont Bertrand Desplat, ont pris la parole pour demander de ne pas négliger l’importance des premiers versements de MediaPro, lors de la reprise du championnat, pour la saison prochaine. Versements qui seraient automatiquement décalés et qui pourraient être supérieurs aux derniers de Canal+ et BeIN Sport.

Dans ce contexte, la LFP réfléchit depuis plusieurs jours à l’idée d’effectuer un prêt auprès de fonds privés, pour combler le manque à gagner de la Ligue 1 (entre 200 et 250 millions d’euros). Selon nos informations, plusieurs fonds d’investissement privés américains ont soumis des offres à la Ligue. Cette dernière va les transmettre aux clubs dans les prochains jours.

Dans le même temps, plusieurs présidents de L1 et L2 ont soumis l’idée de voir Gérard Lopez mener ces négociations. Le président lillois est un homme d’affaires reconnu aux Etats-Unis et en Angleterre. Il sera désormais chargé de trouver la meilleure offre de prêt pour le football français. Prêt qui ne sera acté qu’en cas de besoin urgent lié à un possible échec des négociations avec Canal+ et BeIN Sport.

La majorité des présidents souhaitent donc pouvoir aller au bout des championnats pour sauver le football français, contrairement à l’idée de Denis Le Saint et de Jean Michel Aulas ces dernières semaines de vouloir stopper le championnat. Idée qualifiée "d’égoïste" par un président de L1. Un autre assure que cette lettre est "opportuniste car Brest n’est pas encore maintenu et a touché 91% des droits TV alors que l’OM et le PSG n’ont même pas touché 50% de leurs droits".

M.Bo avec L.T et A.T