RMC Sport

Ligue 1: à Nîmes, les joueurs mettent l'ambiance avec un kop bouillant en tribune

Même sans supporters, les joueurs du Nîmes Olympique peuvent compter sur un précieux soutien à domicile. Un kop mené par les remplaçants et les blessés s'est organisé pour assurer l'ambiance aux Costières. Il devrait à nouveau répondre présent dimanche avec un match crucial pour le maintien face à Saint-Etienne (17h05).

Qui a dit qu’il n’y avait plus d’ambiance en Ligue 1 ? Que les stades étaient devenus aussi calmes qu’un volcan endormi ? Certainement pas les joueurs du Nîmes Olympique. Ces dernières semaines, un petit kop s’est monté pour les matchs à domicile. Non pas avec des supporters, huis clos oblige, mais avec les remplaçants, les blessés, les suspendus, bref tous ceux qui ne sont pas utilisés par Pascal Plancque. Avec Pablo Martinez en chef de meute. Pas du genre à rester sagement assis en tribunes, l’expérimenté défenseur central, touché au sacrum et éloigné des terrains depuis quatre mois, est l’un de ceux qui a eu l’idée de réveiller les Costières. Lucas Deaux, qui a manqué quelques matchs en février et mars, l’a évidemment suivi.

"Ça part d’une rigolade et d’une bonne intention", raconte l’ancien Nantais, convaincu que ce kop improvisé a son rôle à jouer dans la lutte pour le maintien. L’objectif est simple : donner de la voix encore et encore pour pousser les titulaires, ceux qui ont la chance d’être sur le terrain, à tout donner afin de sauver le club, actuel 18e et barragiste. Coïncidence ou non, les Crocos ont retrouvé une certaine solidité chez eux. Ils n’ont plus perdu en championnat sur leurs terres depuis le 4-3 subi face à Monaco le 7 février. Ils ont depuis dominé Bordeaux (2-0), Lorient (1-0), obtenu un nul contre Nantes (1-1) après avoir été menés, et partagé les points avec Montpellier (1-1), un candidat aux places européennes.

"Si on gueule comme des sagouins, ça peut avoir un impact !

"A la base, on s’est monté la tête tous seuls, comme des gosses. On s’est dit qu’on allait déconner un peu. Sans mettre la pression, mais même pour l’adversaire ça peut jouer. A chaque fois qu’il y a une décision arbitrale, une sortie en touche pourrie… Si on gueule comme des sagouins sur le côté, ça peut avoir un impact ! (sourire) On le voit, je pense que les décisions arbitrales sont vachement influencées par les cris. Il n’y a plus l’ambiance du public qui peut influencer ou non une décision. C’est à nous de le faire. Ça peut toujours aider. Le mec sur le terrain se dit que le mec en tribunes est derrière lui", poursuit Lucas Deaux, au club depuis 2019. Sur son banc de touche, Pascal Plancque ne peut qu’apprécier le spectacle qui se passe dans son dos. La preuve que l’expression "le groupe vit bien" peut véritablement avoir un sens.

"C’est important que les joueurs en tribunes apportent cette énergie à leurs potes qui sont sur le terrain. C’est impressionnant ! J’ai commencé à la ressentir sur les derniers matchs. On a vraiment un kop actif, engagé et déterminé. On voit que les mecs sont dans le projet, qu’ils jouent ou pas. C’est aussi une satisfaction pour le staff, on arrive à mobiliser tout le monde pour l’instant", savoure l’entraîneur gardois, promu numéro un après la mise à pied de Jérôme Arpinon début février.

Le nouveau kop nîmois va toutefois perdre l’un des membres fondateurs ce week-end : Anthony Briançon. Débarrassé de sa blessure aux ischio-jambiers, le capitaine est de retour pour la réception de Saint-Etienne, dimanche (17h05), à l’occasion de la 31e journée de Ligue 1. "Peut-être qu’il faut qu’il reste en tribunes. Je vais lui dire, je ne suis pas sûr qu’il sera content", s’amuse son entraîneur.

"On a vécu des bons moments ! Il y a eu le derby, un match important et un peu fou contre Lorient avec Renaud (Ripart) qui marque à la fin (à la 89e minute, ndlr). Je vois l’arbitre aller voir la VAR et nous en tribunes on criait comme des fous ! C’est important que les joueurs qui ne sont pas dans le groupe soient présents pour ceux qui le sont. Ça montre l’unité d’un groupe", confirme Anthony Briançon, invité ce samedi soir des "Infiltrés" sur RMC, à la veille d'un duel crucial pour le maintien. Les Verts sont prévenus, le stade des Costières est à nouveau prêt à entrer en fusion.

Rodolphe Ryo avec Julien Landry