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Ligue 1: avec Genesio, le Stade rennais en voie de "lyonisation"?

Après Florian Maurice à la direction technique, après Martin Terrier dans l'effectif, le Stade rennais pourrait accueillir dans les prochains jours Bruno Genesio au poste d'entraîneur. Un autre homme au passé lyonnais. Et ce n'est pas un hasard.

Imaginez la scène: une séance matinale, un Bruno Genesio donnant des conseils à Martin Terrier sur la pelouse, le tout sous les yeux de Florian Maurice, venu observer l’état des troupes. Un souvenir d’une visite au centre d’entraînement de l’OL en 2018? Non, juste un aperçu du Stade rennais en 2021.

Quelques jours après la démission de Julian Stéphan, le club rouge et noir devrait nommer l’ancien entraîneur de l’OL (2015-2019) pour le remplacer sur le banc. Et bâtir ainsi un petit état rhodanien en Bretagne. Une coïncidence? Une stratégie, plutôt.

Le "transfert" de Florian Maurice, une première pierre

Tout a commencé il y a environ un an. En avril 2020, alors que la Ligue 1 est à l’arrêt, le président de l’OL Jean-Michel Aulas déplore le départ de Florian Maurice, membre puis responsable de sa cellule de recrutement depuis 2009, vers le Roazhon Park.

"Ça m’a beaucoup peiné, lâche alors le dirigeant. Je l’ai eu comme joueur, je l’ai fait revenir par OLTV, je l’ai mis dans le grand bain au jour le jour. Il a travaillé pour le recrutement, il était au plus profond du club, au cœur de l’institution, un endroit intime. Je l’ai élevé, aimé, et il nous tourne le dos le deuxième jour du confinement, alors que quinze jours avant, il avait démenti l’information. Ça ne peut pas ne pas blesser… Pour lui, j’avais imaginé Paris, Barcelone, ou autre. C’est Rennes."

Un club sur le papier moins prestigieux, mais un club où la gouvernance vient de changer, avec la récente arrivée de Nicolas Holveck au poste de président. Et où le directeur technique, poste qui lui est promis, peut avoir un réel pouvoir.

Un mercato estival à la sauce lyonnaise

Fin mai, l’officialisation tombe: Maurice parcourt les 700km séparant le Rhône de l’Ille-et-Vilaine, franchissant ainsi un nouveau cap dans sa carrière.

Dès son premier mercato, la "patte" lyonnaise est reconnaissable: si Jérémy Doku, Serhou Guirassy ou Nayef Aguerd sont des recrues "originales", Florian Maurice fait aussi venir Martin Terrier en provenance de l’OL pour 12 millions d’euros, il tente Jeff Reine-Adélaïde, obtient le prêt du défenseur italien Daniele Rugani – cité du côté de Lyon quelques mois plus tôt lorsqu’il était en poste – et travaille aussi sur le dossier Axel Disasi, une autre ancienne cible à Lyon, qui optera finalement pour Monaco.

Sept mois plus tard, force est de constater que le marché estival rennais n’a pas été une grande réussite: malgré les grosses sommes investies, l’apport de Doku et Terrier est pour le moins discutable, Gomis déçoit, Rugani est déjà reparti, tandis que Dalbert peut être rangé dans la colonne des flops.

Genesio, un homme de confiance

C’est au moment où Maurice commençait à se voir reprocher ce bilan que Stéphan a claqué la porte. Un coup dur, mais aussi l’occasion de marquer son territoire. "Depuis ce matin, j’ai reçu 70 textos et 70 propositions d’entraîneurs, disait-il lundi, lors d’une conférence de presse exceptionnelle. Il faut qu’on soit calmes, il ne faut pas prendre de décision hâtive." 48 heures plus tard, le choix semble déjà s’être porté sur Genesio.

Correspond-il au profil d’un "entraîneur capable de développer du jeu et des joueurs, de faire confiance à des jeunes du centre de formation" décrit par le directeur technique? "Oui, il a été capable de faire ça", répond Maurice.

Mais au-delà de ses compétences, qui n’ont pas toujours été saluées de la sorte à l’OL, Bruno Genesio est surtout un technicien qu’il apprécie, et qui l’apprécie: si la nouvelle est confirmée, les deux hommes pourront travailler main dans la main, ou du moins ne pas se savonner la planche, comme à la belle époque du Groupama Training Center. Avec le risque de passer tous les deux à la trappe si le Stade rennais ne redresse pas la barre.

Taquin, le calendrier a d’ailleurs offert un match particulier au club breton ce mercredi soir: un déplacement à Lyon. Avec Philippe Bizeul comme entraîneur intérimaire. Bizeul, qui l'an passé, s'occupait de la réserve... de l'Olympique lyonnais. Evidemment.

C.C.