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Ligue 1: comment les joueurs et les entraîneurs appréhendent la reprise

Alors qu'une possible reprise au mois de juin est évoquée, les joueurs et les entraîneurs de Ligue 1 sont partagés sur la question. Beaucoup souhaitent retrouver les terrains mais craignent les conditions sanitaires liées à la pandémie de coronavirus.

Quand reverra-t-on un match de Ligue 1? Difficile à dire pour le moment. Une reprise au mois de juin est à l'étude mais elle pose de nombreuses questions à l'heure où la pandémie de coronavirus obscurcit l'horizon. L'UNFP, le syndicat des joueurs professionnels, affirme qu'une majorité d'entre eux ne souhaite pas reprendre la compétition "dans les conditions sanitaires actuelles". Une position moins tranchée que celle de Sylvain Kastendeuch, le co-président de l'UNFP, qui appelle à renoncer à la saison en cours. 

"Reprendre sereinement et ne penser qu'au terrain"

Autant dire que la situation crée du doute et de l'interrogation dans les vestiaires de l'Hexagone. Même si l'idée commune est de pouvoir retrouver les terrains dès que possible. A Bordeaux, selon nos informations, aucun joueur n'a contacté la direction pour évoquer la crainte d'une éventuelle reprise en juin. 

Un joueur de L1 confie d'ailleurs: "Je suis pour reprendre, c’est sûr. Finir comme ça, ce serait dommage. Mais il faut que ce soit clair, net et précis dans nos têtes. Il faut reprendre sereinement et de ne penser qu’au terrain. Le but, ce n’est pas d’attraper le virus et de le transmettre ensuite à la maison. Ce serait catastrophique. Il faut que la protection soit assurée, même si c’est compliqué d’avoir des garanties à 100%."

"Sans bonnes conditions sanitaires, ça va être compliqué"

Même discours chez les entraîneurs de l'élite. "Notre credo, c'est reprendre mais pas à n'importe quelles conditions", glisse l'un d'entre eux, contacté par RMC Sport. Des propos appuyés par Michel Der Zakarian, le coach de Montpellier: "Sans bonnes conditions sanitaires, ça va être compliqué de reprendre. La priorité, c’est l’être humain. Il faut protéger les joueurs dans un premier temps. On ne peut pas reprendre s’il y a du danger pour qui que ce soit. On sera tous confronté au risque." 

Laurent Nicollin, le président du MHSC, partage ce constat. "On a attaqué une compétition et on veut la terminer. Malheureusement, il y a le coronavirus qui est là et qui nous empêche de faire beaucoup de choses. On ne reprendra pas juste pour reprendre", prévient le dirigeant héraultais. 

"L'UNFP ne représente pas l'avis des joueurs"

Une prudence largement répandue. "Je préfère que tout le monde reste à la maison tant que les conditions sanitaires ne sont pas réunies", confie un cadre d’un des clubs importants de Ligue 1. Il ne faut pas faire n’importe quoi à tout prix, uniquement pour des intérêts financiers. On est plusieurs à craindre une deuxième vague, à être inquiets pour nos familles. Cette pandémie fait peur." 

D’autres joueurs expliquent être dans l’incertitude et ne pas avoir assez d’éléments pour se prononcer concernant une reprise des entraînements, puis de la compétition. La position très ferme de l’UNFP n’a d’ailleurs pas été appréciée par tous. "L’UNFP ne représente pas l’avis des joueurs, tout ça est très politique. Les joueurs s’en moquent totalement de ce syndicat", assure un agent influent.

Bordeaux veut reprendre, "même à huis clos"

A Bordeaux, en revanche, la volonté est de reprendre quoi qu'il arrive. "Même si c'est à huis clos et bien qu'on soit désolés pour nos supporters", explique-t-on chez les Girondins. La Ligue de football professionnel a rappelé ce lundi qu'elle restait "dans l'attente des modalités de déconfinement que le gouvernement annoncera fin avril et notamment des conditions dans lesquelles les matchs pourraient se jouer à huis clos". 

En attendant, l'UNFP va continuer à sonder les joueurs dans les prochaines semaines, au fur et à mesure des annonces. Raymond Domenech, le président de l'UNECATEF (le syndicat des entraîneurs professionnels), enchaîne en ce moment des réunions de travail avec les techniciens de L1, L2, National et des divisions féminines. Un rendez-vous est calé ce mardi à 15h au siège de la Ligue. La question d'une éventuelle reprise y sera évidemment largement abordée. 

AJ avec AP, JL, NP, FGe et HL