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Ligue 1: Kastendeuch explique pourquoi c'est l'alerte rouge sur les salaires des joueurs

Sylvain Kastendeuch, co-président de l'UNFP, explique à RMC Sport pourquoi le syndicat appelle les footballeurs en France à discuter avec les clubs pour baisser les salaires. Le dirigeant assure que la situation économique est très grave.

Le constat est "douloureux". Après un échange avec la Ligue de football professionnel et une délégation de présidents de clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) a appelé les joueurs à discuter avec leurs dirigeants pour négocier une baisse de rémunération. "On a eu la confirmation que la situation s'est dégradée fortement", confie le co-président du syndicat Sylvain Kastendeuch, contacté par RMC Sport. "On est tous dans le même bateau. L'idée, c'est que tous les clubs puissent finir la saison. Parce que l'enjeu est à ce niveau-là", s'alarme-t-il.

Sylvain Kastendeuch fait savoir que la pire estimation du manque à gagner estimé pour le football français professionnel s'élève à "1,3 milliard d'euros". Cela prend en compte l'épineux problème des droits TV, le manque de recettes causé par l'épidémie de coronavirus et un éventuel marché des transferts atone (aggravé par le Brexit).

"Jusqu'en mars, ça devrait encore passer"

Contrairement à ce qu'il s'était passé au printemps dernier sur le report des salaires, il n'est cette fois pas question d'un accord-cadre pour l'ensemble du football professionnel français. "Idéalement, les dirigeants attendaient un accord-cadre. Ils espéraient trouver une ligne de conduite un peu collective et qui aurait été incitative. Mais c'est plus productif et efficace de partir sur des solutions club par club. (...) On sent qu'il y a des situations et des pressions différentes", souligne Sylvain Kastendeuch.

Pour lui, le dialogue social ne doit pas traîner. "On parle de semaines. Jusqu'en mars, ça devrait encore passer. Mais mars, c'est demain. On va accompagner très rapidement les joueurs et les présidents qui le souhaitent", poursuit le responsable syndical.

"Des efforts sur la part variable"

Mais les joueurs seront-ils réceptifs à cet appel du syndicat? Sylvain Kastendeuch part avec un esprit optimiste: "On a été agréablement surpris de leur degré de conscience, leur exigence d'avoir les vrais chiffres et leur connaissance est assez fine et précise de la situation de leur propre club. Ça nous va bien, parce qu'on pourra trouver des solutions à la carte. À l'heure où on dit qu'ils ne sont pas intéressés par la vie autour d'eux, ne serait-ce que celle de leur club, on a eu des témoignages contraires".

Il admet néanmoins que certains joueurs, sans que ce soit une majorité, sont hermétiques à l'idée de baisser leur rémunération: "Il y en a, il faut le dire". Difficile cependant de généraliser le profil de ces footballeurs réticents: "Ce n'est pas en fonction de leur statut, ni de leur club. Il y a de tout".

Ceux-ci devront en tout cas savoir que l'appel de l'UNFP ne vise pas la part fixe des salaires, d'une manière générale: "Il peut y avoir des efforts sur la part variable, avec les primes d'objectifs et de résultats. (...) Cette part n'est pas négligeable. Ça peut parfois aller jusqu'à 30% de la rémunération d'un joueur. C'est déjà sur ce domaine que les discussions et les efforts peuvent être faits, avant de s'attaquer à la part fixe où c'est beaucoup plus délicat".

Julien Absalon avec Loïc Briley