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Ligue 1: les failles de la goal-line technology expliquées par une ancienne opératrice

Mise en place depuis deux ans en Ligue 1, l’assistance vidéo aux arbitres est confrontée à quelques bugs cette saison. Des dysfonctionnements que les salariés de Goal Control, la société allemande qui gère le système, ont la possibilité de rectifier à la main. Jusqu’à changer la position du ballon sur le terrain, comme l’explique une ancienne opératrice.

La goal-line technology est-elle infaillible? C’est la grande question du moment en Ligue 1. Introduite en France depuis l’été 2015, l’assistance vidéo aux arbitres est confrontée à de nombreux problèmes ces derniers temps. Des bugs qui n’étonnent pas du tout Suzana Castaignede. Cette ancienne salariée de Goal Control, la société allemande qui gère le système, connaît bien les failles de la GLT. Invitée de l’After sur RMC, elle a détaillé la mission qui lui était confiée lorsqu’elle travaillait seule dans son van à l’extérieur des stades de L1. "On a accès aux quatorze caméras qui nous permettent de voir, via le système, s’il y a but ou non. Normalement, c’est censé fonctionner automatiquement. Dès que le ballon franchit la ligne, les montres des arbitres vibrent. Et à la suite de ça, on a un replay, une animation en 3D, qui est généré automatiquement."

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Voilà pour la théorie. Mais en pratique, les opérateurs ont régulièrement recours au "trigger manuel" qui leur permet d’activer à la main les montres des arbitres ou de changer l’animation 3D, en modifiant carrément la position du ballon sur le terrain. "Oui, on peut faire vibrer les montres nous-mêmes, à l’aide de deux touches du clavier. Moi, j’ai appris ça dès mon premier jour de formation. On l’utilise lorsque le système perd le suivi automatique du ballon. Le technicien peut aussi modifier l’animation 3D qui est envoyé à la suite du ralenti via un logiciel qui a été mis en place." Conclusion: "C’est impossible que ça soit à 100% infaillible."

Goal Control, une société reconnue par la Fifa

Et d’après Suzana Castaignede, qui s’est fait licencier, les employés ont pour consigner de rester très discrets sur ces méthodes. "Personne n’a jamais osé parler pour dire qu’on fait des buts à la main, dénonce-t-elle. On menait limite une double vie. Même s’il faisait 40 degrés, on avait l’obligation formelle de laisser la porte fermée lors des tests effectués avec les arbitres avant les matchs et pendant les matchs. J’en parle aujourd’hui parce que ce n’est pas normal. Il y a trop de mensonges et d’argent en jeu. Et moi, j’ai envie de me regarder dans une glace en me disant que je suis quelqu’un d’honnête."

Des révélations gênantes pour la LFP, qui dépense 2 à 3 millions d’euros par an pour bénéficier de cette technologie. Contactée par RMC Sport, la Ligue a fait savoir que la société Goal Control était jugée compétente par la Fifa et qu’elle l’avait choisie afin d’éviter d’offrir le monopole du marché à Hawk-Eye, qui travaille déjà avec la Premier League, la Bundesliga et la Serie A.

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https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Journaliste RMC Sport