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Lille : Antonetti vit mal son retour à Bastia… sur le banc des visiteurs

Frédéric Antonetti

Frédéric Antonetti - AFP

Pour la première fois depuis qu’il a quitté Bastia, son club de toujours, en 2001, Frédéric Antonetti s’assiéra sur le banc des visiteurs samedi (20h) dans le costume d’entraîneur de Lille. Une situation qu’appréhende énormément le technicien corse, viscéralement attaché au Sporting.

On moque souvent Frédéric Antonetti pour ses grosses colères qui font le bonheur des bêtisiers de sport. S’il s’est largement détaché de cette image de sanguin depuis son arrivée à Lille en novembre dernier, l’entraîneur corse s’est présenté sous un visage touchant qu’on lui connaissait peu, ce jeudi en conférence de presse. Avec beaucoup d’émotion, il a évoqué le déplacement de son équipe sur le terrain de Bastia, samedi.

Car pour la première fois de sa carrière, Antonetti va s’asseoir sur le banc des visiteurs de Furiani. Malgré ses passages à Saint-Etienne (2001-2004), Nice (2009-2013) et Rennes (2009-2013), il n’est jamais revenu sur les terres de son club de toujours dans la peau d’un adversaire. Et cette première le crispe.

« Si je suis entraîneur, c’est grâce à ce club »

« J’ai passé 19 ans dans ce club, rappelle-t-il. Ça va être difficile à vivre. Ça représente une grande partie de ma vie. Si je suis entraîneur, c’est grâce à ce club. Si je suis dans le football aussi. Je dois beaucoup de choses à club. J’allais régulièrement au stade pour voir les matches. »

L’histoire entre Antonetti et le SCB a commencé en 1972. C’est donc à 11 ans qu’il a commencé à écrire une longue page de sa vie qui l’a fait traverser toutes les catégories de jeunes jusqu’au monde professionnel avant de se muer en formateur, puis entraîneur de l’équipe 3 jusqu’à l’équipe première.

« Un crève-cœur de jouer contre Bastia »

S’il suit moins les résultats de son SCB depuis qu’il a repris les rênes de Lille, Antonetti assure qu’il peut citer « toutes les compositions d’équipe de Bastia de 1972 à aujourd’hui ». Alors revenir dans la peau d’un concurrent l’effraie un peu.

« C’est très particulier, il ne faut pas se laisser submerger par les émotions et se concentrer sur le jeu, tente-t-il de balayer. C’est vraiment chez moi, c’est inexplicable. C’est mon club. C’est un crève-cœur de jouer contre Bastia. Je vais arriver à faire la part des choses mais c’est très compliqué. »

Aucune crainte du fameux « contexte corse »

Dans un stade qu’il connait sur le bout des ongles et où il a notamment vécu en première ligne la tragédie de Furiani (« je n’ai pas envie de me remémorer ça »), Antonetti aura l’avantage de ne pas craindre le fameux « contexte corse » dénoncé par les adversaires. « Il ne faut pas s’en faire une montagne, tempère l’entraîneur de 54 ans. J’ai vécu de l’autre côté et j’entendais les entraîneurs adverses dire : « on ne peut pas gagner ici ». Je ne tomberai pas dans le panneau du « contexte ». C’est un contexte de passion qui a franchi un peu les limites parfois. » Et qui l’a marqué au fer rouge.

NC avec JBo