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Pascal Dupraz : "Je n’ai pas d’appréhension"

Sorti de l’hôpital, et de retour à l’entraînement du TFC ce jeudi matin malgré 30 minutes de retard, Pascal Dupraz a pris le temps de revenir sur son malaise en conférence de presse, tout en évoquant le derby de la Garonne qui l’attend, samedi soir, face à Bordeaux, pour son premier match sur le banc de Toulouse.

Pascal, pouvez-vous nous faire un point sur l’infirmerie ?

Vous êtes plein d’humour aujourd’hui, vous avez mangé un clown ! (rires) J’ai fait un malaise samedi, suffisamment préoccupant pour que je sois hospitalisé. Je tiens d’ailleurs à remercier la direction du club qui m’a soutenu. Il faut quand même se mettre à la place du président (Olivier Sadran, NDLR) qui choisit un entraîneur, et cet entraîneur tombe au bout de quatre jours, il y a de quoi se faire un peu de soucis !

Avez-vous une appréhension au moment de reprendre ?

J’ai le feu vert de tous les docteurs que j’ai vu et c’était le plus important pour moi. Le foot a une importance non négligeable dans ma vie, mais j’ai aussi des enfants, une famille, une femme. Après, à partir du moment où les doutes sont levés, je n’ai pas d’appréhension. J’ai juste l’appréhension d’arriver en retard, face à des joueurs à qui on demande tout le temps d’être à l’heure. Mais j’avais prévenu mes adjoints. Après il y a beaucoup de monde à l’hôpital donc ça prend du temps, et d’ailleurs ça fait relativiser de passer quatre jours là-bas.

Allez-vous être plus prudent maintenant ?

Je ne sais pas ce que veut dire la prudence. Sur la route, il me reste 12 points, ça veut dire que je conduis bien, je fais attention. Qu’est-ce que ça veut dire la prudence ? Fatalement, le jeu, l’enjeu, la passion vont l’emporter. Je vais me laisser aller. Je suis rassuré, on me permet de faire mon métier. Apparemment il ne faut pas de stress. Mais y’ a-t-il que les entraineurs qui subissent le stress ? Que dire des 3 millions et demi de chômeurs ? Ils ne stressent pas ? Il parait que le football est un football de stress pour les entraineurs, alors je stresse.

Du soutien, vous en aurez besoin également contre Bordeaux…

C’est ce qui m’importe aussi, c’est que le club retrouve l’aide de ses supporters. C’est à nous, aux joueurs de faire en sorte que nous suscitions des applaudissements nourris de la part du public. Leur attitude va faire que le public va les aider. C’est une mission à laquelle je tiens beaucoup ici. Chaque fois que je regardais un match du TFC à domicile, j’ai souvent entendu les joueurs regagner le vestiaire en étant sifflé. Il faut se mettre à leur place, ce sont de jeunes gens, ils ne font pas exprès d’être moins bons qu’ils ne l’ont été. Si on pouvait inverser la tendance ce serait beaucoup mieux, ce serait une chance supplémentaire de rêver encore un peu.

Quelle sera la préparation de ce derby de la Garonne ?

Ce qu’il faut, c’est bien appréhender ce match, bien le préparer, l’aborder avec beaucoup de confiance. Mais c’est difficile pour les joueurs du TFC parce qu’ils sont meurtris dans leur chair. À chaque fois qu’ils sortent du terrain, ils se font siffler. Je n’ai pas vécu les matchs de l’intérieur. Je ne suis pas en train de les absoudre, je n’ai pas vécu les matchs de l’intérieur. Il a souvent manqué peu de choses pour qu’ils l’emportent. Tout ce que j’ai envie de leur dire, de faire, c’est de leur transmettre ma foi. C’est important de se comporter dignement, d’avoir du caractère, de faire en sorte que le public soit derrière nous. Il y a des recettes pour cela, des comportements que je veux voir les joueurs observer.

Propos recueillis par Wilfried Templier