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Losc: intervention trop longue, caméra allumée... Bielsa réprimandé lors de son audience

Marcelo Bielsa et le Losc se sont retrouvés ce vendredi au conseil des prud'hommes de Lille, en en visio-conférence, pour le licenciement du coach survenu en 2017. L'intervention de l'entraîneur argentin, qui réclame 19 millions d'euros, ne s'est pas déroulée sans accroc.

À 13h30 ce vendredi, Marcelo Bielsa était en visio-conférence depuis l’Angleterre pour prendre part à l’audience au conseil des Prud’hommes de Lille. L'entraîeur argentin, aujourd'hui aux manettes de Leeds, est en conflit avec le Losc pour son licenciement datant de fin 2017.

Avec un masque FFP2 et un sweat marine, Marcelo Bielsa a d'abord écouté la plaidoirie de son avocat, Me Benjamin Cabagno. Il a ensuite pris la parole. Cela aurait normalement dû durer 15 minutes avec la traduction. Mais l'intervention a débordé et duré 45 minutes avec l'accord de la présidente du tribunal, qui a finalement dû l'interrompre à cause de la longueur du propos. Cela a frustré le coach de Leeds, qui a alors lancé à la présidente: "Le problème n'est pas le temps qu'on me laisse, mais ce que j'ai à vous dire".

Bielsa réprimandé pour une caméra allumée

Avocat du Losc, Me Bertrand Wambeke a évoqué les sommes non payées par Marcelo Bielsa à la suite de ses condamnations (devant le tribunal de commerce et devant les prud'hommes) survenues après les premières procédures lancées. Il a notamment mis en évidence le fait que le technicien ne pouvait être saisi parce qu'il n'avait pas d'adresse en France, ni en Argentine.

L'audience a ensuite été interrompue, à cause d'une caméra allumée dans le bureau de Marcelo Bielsa. Celle-ci a été aperçue par la présidente du tribunal, alors que les enregistrements audio et vidéo sont interdits. Une fois l'appareil éteint, l'avocat du club nordiste a pu reprendre sa plaidoirie. Malgré cette interruption, l'entraîneur argentin l'a remerciée de lui avoir permis de s'exprimer.

Les mauvaises relations passées au crible

L'un des axes majeurs de l'audience a été la mésentente entre Marcelo Bielsa et Luis Campos. Il existait même une concurrence entre les deux hommes, selon la défense du Losc. Celle-ci a aussi évoqué des mauvaises relations de l'entraîneur avec les proches du directeur sportif, notamment João Sacramento et l'attaché de presse. Il est également question de rapports difficiles avec l'ex-directeur général Marc Ingla.

L’autre volet important est le pré-contrat de février 2016, qui n’a pas été retenu par la Ligue de football professionnel. Pour Me Wambeke, il ne s'agit pas un contrat de contrat de travail. Or, ce pré-contrat prévoyait cinq véhicules pour Marcelo Bielsa et ses adjoints (une Audi A8 et 4 DS4), des billets d’avions en première classe et une enveloppe de 4,5 millions d'euros pour tout le monde.

Bielsa parle de "harcèlement"

Resté connecté tout au long de l’audience, mais pas en permanence devant sa webcam, avec le son coupé comme demandé par le tribunal, Marcelo Bielsa réclame 19 millions d'euros au Losc. "J'aurais préféré ne pas parler publiquement, mais je crois qu'il y a certaines situations qu'il est intéressant que j'explique. Ce que je veux expliquer, c'est le harcèlement que j'ai subi lors des mois de septembre et octobre avant mon licenciement afin de me déstabiliser pour me pousser à la démission, saboter ma gestion et faire obstacle à mon travail, dégradant mon autorité. Luis Campos n'a jamais voulu m'aider. C'était impossible de parler de football avec Campos, il ne parlait que de la partie commerciale, les agents de joueurs, les prix, les pourcentages, les commissions... ça ne l'intéressait pas de parler de football", a fait valoir Bielsa.

Le contrat homologué par la LFP pourrait lui permettre de toucher environ 10 M€. La balle est désormais dans le camp du conseil des prud'hommes de Lille, qui va devoir étudier ce dossier hors norme. Il rendra sa décision le 2 juillet.

JA avec Jean Bommel et AFP