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Maintenant qu’on connaît le partage des droits TV cette saison, combien gagneront les clubs en 2020?

Kylian Mbappé, tête de gondole de la Ligue 1

Kylian Mbappé, tête de gondole de la Ligue 1 - AFP

La saison 2018-19 s’est terminée sur le sacre du Paris Saint-Germain et les coéquipiers de Neymar ont pu profiter d’importants droits TV. Et les choses vont encore s’améliorer d’ici deux ans, à l’issue de la saison 2010-21, lorsque ces mêmes droits augmenteront de 54%.

Actuellement, les droits de diffusion de la Ligue 1 sont négociés à 748 millions par les chaînes de télévision, sur la période 2016-2020. Le partage suit, comme le championnat anglais, un modèle hybride, mêlant égalitarisme et équité.

Il y a une part fixe (27%), où quelle que soit la place, les 20 clubs du championnat touchent la même somme d’argent (8,1 millions d’euros), une part dépendante de l’obtention de la licence club (18%), où les clubs doivent respecter une série de critères fixés par la LFP (5,4 millions d’euros).

Et le reste est calculé en fonction de la notoriété (basée sur le nombre de passages média) et des performances sportives moyennes sur 5 ans. A ce petit jeu, c’est le Paris Saint-Germain qui s’en sort le mieux avec la modique somme de 59,8 millions d’euros contre 38,7 pour son dauphin Lille. Quant à Lyon, troisième, le club du Rhône va toucher 48,2 millions d’euros.

Marseille, malgré sa cinquième place, bénéficiera de 46,6 millions d’euros de droits, soit la 3e meilleure dotation, grâce à sa popularité importante. Aux derniers rangs, Dijon, Caen et Guingamp toucheront respectivement 19, 21, 3 et 21,8 millions d’euros.

Et dans deux ans?

Mais maintenant, ce qui va intéresser les clubs, dans la construction de leur politique sportive de long terme, c’est ce qu’ils vont gagner dans 2 ans, lors de la saison 2020-21, lorsque les droits exploseront et passeront à 1,153 milliards d’euros, soit une augmentation de 54%.

En effet, en anticipant la future valorisations des droits, les équipes du championnat de France pourront financer des projets de développement voire grossir les fonds consacrés aux transferts et aux salaires. Autrement dit, soutenir dès aujourd’hui la compétitivité de la ligue.

Ainsi, si la méthode de calcul ne change pas – certains clubs ont soutenu un renforcement de la solidarité en faveur des petits après la hausse des droits – c’est le PSG qui devrait encore en profiter, avec un chèque de 92 millions d’euros, soit plus que le club de la capitale devrait toucher en Ligue des Champions.

Lyon et Marseille devraient aussi sortir gagnant, avec 74,2 et 71,6 millions de droits, des sommes exceptionnelles pour des équipes qui n’assurent pas tous les ans une participation en C1. Globalement, l’ensemble des clubs devraient bénéficier de cette hausse. Même les relégués, avec plus de 30 millions d’euros pour une descente, soit autant que ce que touchent actuellement les 6e et les 7e de Ligue 1, Montpellier et Nice.

Un retard qui sera rattrapé?

L’ensemble des acteurs du foot français ne peut qu’applaudir et s’impatienter de cette future augmentation. Dès 2020, la France deviendra le 3e championnat le plus cher d’Europe, derrière l’Angleterre (1,9 milliard d’euros) toute puissante et l’Allemagne (1,4 milliard d’euros).

Néanmoins, elle a accumulé un retard depuis de trop longues années, restant à la cinquième place durant une décennie complète. Et surtout, elle a, pendant longtemps, mis de côté les droits internationaux, qui ne se négocient actuellement qu’à 80 millions d’euros par an, alors que la Premier League, encore elle, les revend à plus de 1,3 milliard d’euros.

Conséquence, alors que les clubs français se félicitent de la future hausse dès 2020 et que le Paris Saint-Germain pourra déjà anticiper toucher un chèque de 92 millions d’euros dans 2 ans, outre-Manche, les derniers, comme Huddersfield, empochent déjà plus de 108 millions d’euros et les premiers, comme Manchester City et Liverpool, repartent avec respectivement 171 et 175 millions d’euros.

C’est, encore une fois, le jour et la nuit …

Pierre Rondeau